| ABAISSEMENT |
Il appartient
à une âme sensible et amie de Dieu de chercher sans cesse
la gloire de Dieu par l'observance de tous ses commandements, et de
se complaire dans son propre abaissement, parce qu'à Dieu revient
la gloire, du fait de sa grandeur, et à l'homme l'abaissement
qui ouvre à la familiarité avec Dieu. Diadoque
de Photicé (« La Perfection Spirituelle ») |
| ABANDON [A DIEU] |
[…] maintenant c’est
l’abandon seul qui me guide, je n’ai point d’autre
boussole !…Je ne puis plus rien demander avec ardeur, excepté
l’accomplissement parfait de la volonté du Bon Dieu sur
mon âme sans que les créatures puissent y mettre obstacle
[…]
Jésus se plaît à me montrer l’unique
chemin qui me conduit à cette fournaise Divine, ce chemin
c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans
crainte dans les bras de son Père…
Thérèse de Lisieux
(« Manuscrits Autobiographiques ») |
| ABATTEMENT |
Ne désespère
pas aux moments d’échec et d’abattement. La grâce
de Dieu est sur toi. Cherche son aide. Il est Tout-puissant.
Swâmi
Râmdâs (« Présence de Râm »)
|
| ABNÉGATION |
Lorsque
l’humilité délivre l’homme de l’attachement
qu’il porte à ce qu’il fait et à ce qu’on
dit de lui, il découvre que la joie parfaite n’est possible
que dans une abnégation complète. C’est seulement
lorsque nous ne prêtons plus la moindre attention à nos
actions, à notre réputation et à nos mérites,
que nous sommes enfin entièrement libres de servir Dieu, et
Lui seul.
Thomas
Merton (« Semences de Contemplation »)
|
| ABRAHAM |
Dieu a pris Abraham pour
ami.
Le Coran (Sourate IV, v. 124)
|
| ABRAHAM |
Quand Dieu promit à Abraham une postérité
aussi nombreuse que les étoiles du ciel, il prévit en
lui la race qui devait rallier la foule de la communauté céleste.
Or, parce qu’Abraham crut à tout, dans une pleine confiance
en Dieu, Dieu le nomme également père de tous les héritiers
du royaume des cieux. Hildegarde de Bingen
(« Le Livre des Œuvres Divines »)
|
| ABSENCE |
Il faudrait aimer les
êtres dans la mesure même où nous les voyons incomplets.
Les manques que nous déplorons chez les autres ne sont le plus
souvent que la trace de notre absence. C’est ce dont nous sommes
pourvus qui leur fait défaut. Et c’est pour eux que nous
en sommes pourvus.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
|
| ABSOLU |
Il semble que
lorsque les hommes contemplent l’Absolu, ils en tirent des idées
et des expériences très semblables. L’illumination,
l’extase ou la crainte en présence d’une Réalité
ineffable – nommée nirvana, « l’Un »,
« Dieu » ou brahman – paraissent relever d’un
état d’esprit naturel, que l’humanité recherche
indéfiniment.
Karen Armstrong (« Histoire de Dieu
»)
|
| ABSOLU |
L’Absolu est caché, couvert, recouvert
par les conceptions, les opinions, les fausses certitudes.
Arnaud Desjardins (« Les Chemins de la Sagesse »)
|
| ABSOLU |
Or, l’homme, qu’il le veuille ou
non, n’existe que dans sa relation à l’absolu.
S’il n’accepte pas le transcendant, il absolutise l’immanent
ou se pose lui-même en absolu. Paul
Evdokimov (« La Femme et le Salut du Monde »)
|
| ABSOLU |
En un lieu de la terre, en un jour de l’histoire,
l’Absolu a pris visage humain.
L’Absolu, l’éternel, l’infini, l’au-delà
de tout, pour la recherche duquel des millions d’hommes, en
Inde, ont tout sacrifié… La source de toute vie, le foyer
d’énergie qui propulse des millions de galaxies dans
un univers sans limites… « Cela » par quoi tout
a été créé, a pris visage d’homme…
Autant dire : « Cent milliards de soleils se sont introduits
dans un coquillage. »
Sont-ils fous ceux qui y croient ? Peuvent-ils en parler sans trembler
? Il est venu incognito comme un roi qui deviendrait berger pour
apprivoiser le cœur d’une bergère.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
|
| ACCEPTATION |
L’acceptation
est le contraire de la résignation, car ce qui est pleinement
accepté perd son pouvoir et disparaît. Ce qui est dénié
est refoulé et subsiste à l’état potentiel.
Plus on refuse, plus ce qui est refusé ou repoussé prend
de force […] Le disciple accepte tout ce qui est en lui pour
pouvoir accepter un jour tout ce qui est hors de lui.
Arnaud Desjardins (« Les
Chemins de la Sagesse »)
|
| ACCOMPLISSEMENT DU TEMPS (voir « engendrer
») |
« Le
temps d’Elisabeth fut accompli, et elle enfanta un fils. Jean
est son nom. Alors les gens dirent : Qu’adviendra-t-il d’étonnant
de cet enfant, car la main de Dieu est avec lui ? » [Lc 1/57;63
;66] […] Lorsque le temps fut accompli, alors la grâce
se trouva engendrée . Quand y a-t-il accomplissement du temps
? Lorsqu’il n’y a plus de temps. Qui dans le temps a
établi sa demeure dans l’éternité, et
pour qui toutes choses temporelles sont mortes, c’est là
l’accomplissement du temps […] Saint Augustin dit :
Seigneur, lorsque je m’incline vers toi, alors m’est
ôtée toute pesanteur, souffrance et travail. Dès
lors que nous avons dépassé temps et choses temporelles,
nous sommes libres et joyeux en tout temps, et alors le Fils de
Dieu se trouve engendré en toi.
Maître Eckhart (Sermon XI en allemand
)
|
| ACQUISE (SITUATION ~) |
Chaque fois qu'une
situation acquise satisfaisante rassure l'homme, son devenir par
l'Être essentiel est en péril.
Jean-Yves Leloup (« L'Enracinement
et l'Ouverture »)
|
| ACTE |
[…] aussi importantes
que soient les conséquences de nos actes, d’autres facteurs
interviennent, notamment la question de leur intention et de celle
de leur nature. Nous pouvons tous penser à des choses que nous
avons faites et qui ont causé de la peine sans que nous l’ayons
voulu. De même, nous ne pouvons nier que des actes plus ou moins
violents, agressifs et susceptibles de blesser, puissent à
long terme contribuer au bonheur d’autrui.
Tenzin Gyatso (XIVe
dalaï-lama), « Sagesse ancienne, monde moderne »
|
| ADAM |
Adam est l'humanité
toute entière.
Eugraph Kovalevsky (« La Quête
de l’Esprit »)
|
| ADAM/ADAMAH |
Au lieu d’être composé de
la même substance divine que son Dieu, l’homme (adam)
appartient à la terre (adamah), ce que souligne le jeu de mots.
Karen Armstrong (« Histoire de Dieu
»)
|
| ADOLESCENCE |
L'adolescence, c'est
justement le temps de l'éveil de l'Être essentiel et
de la conscience de l'homme.
Karlfried Graf Dürckheim (« L’Esprit Guide »)
|
| ADORATION |
Dans l’engouement
d’une certaine jeunesse vers les religions orientales, j’ai
lu la soif de vie intérieure.
Cela fait des générations que
les jeunes sont frustrés, dépossédés
de vie mystique, de vie intérieure. Aujourd’hui dans
les lamaseries du Népal, dans les ashrams de l’Inde,
dans les groupes charismatiques, à Taizé, ce besoin
d’adoration inassouvi explose.
Un jour, l’homme sera fatigué des idéologies
stériles dans lesquelles il défoule son immense besoin
d’adorer […] L’heure vient et elle est déjà
venue où le Dieu « qui se tient à la porte et
qui frappe » sera entendu. Trop d’hommes n’en
peuvent plus de tourner en rond dans ce zoo humain.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
|
| ADULTES |
Dans l’univers
des adultes réalistes auquel les jeunes suicidaires, fugueurs
et anorexiques refusent de prendre part, il n’est guère
de place pour l’amour, la passion, la grandeur d’âme,
et il n’y a trop souvent que des ogres, des marâtres,
des traîtres, des profiteurs et des sorcières. Et l’on
voudrait qu’ils acceptent ce monde-là, qu’ils s’y
plaisent et qu’ils participent à ce cauchemar ?
Jacqueline
Kelen (« La Faim de l’Âme »)
|
| ADULTE |
Et l’adulte serait peut-être plus
résigné à sa propre descente vers la mort s’il
n’y avait pas ses filles et ses fils derrière lui, qui
vont continuer « la longue marche ». L’adulte
que je suis aime se souvenir de tout ce qu’il doit au jeune
que je fus.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
|
| ADULTÈRE |
Les hommes
friands d’adultère recherchent les femmes de leurs amis,
mais ils méprisent la leur.
Plutarque (« La Sérénité Intérieure
»)
|
| ADVERSITÉ |
Ayant
perdu mon pays à l’âge de seize ans, étant
devenu réfugié à vingt-quatre ans, j’ai
rencontré de très nombreuses difficultés durant
ma vie. Lorsque j’y réfléchis, je m’aperçois
que nombre d’entre elles étaient insurmontables. Non
seulement elles étaient inévitables, mais on ne pouvait
leur trouver de solution favorable. En ce qui concerne ma paix d’esprit
et ma santé physique, je puis pourtant prétendre m’en
être raisonnablement bien tiré, ce qui m’a permis
d’affronter l’adversité avec toutes mes ressources,
mentales, physiques et spirituelles. Si j’avais été
submergé par l’inquiétude et le désespoir,
ma santé en aurait souffert, et je me serais trouvé
entravé dans mes actes.
Tenzin Gyatso
(XIVe dalaï-lama), « Sagesse ancienne, monde moderne
»
|
| ADVERSITÉ |
C’est la moindre partie de l’homme
que celle qui est caduque et périssable, que celle par où
il prête le flanc aux coups de l’adversité. La
meilleure partie de nous-mêmes, nous en sommes les maîtres.
C’est celle en qui résident les biens les plus précieux,
à savoir les croyances honnêtes, les sciences et les
études qui ont pour fin la vertu.
Plutarque (« La Sérénité Intérieure
»)
|
| AFFAMÉ |
Que dire d’un
monde où les budgets de course à la lune et aux armements
sont cent fois supérieurs au budget de survie des affamés
?
Stan Rougier (« L’avenir est à la tendresse »)
|
| AFFECT |
Toute la difficulté
consiste à sentir la montée de l’affect et à
le dissoudre promptement dans le jugement.
Pierre Maréchaux
(Introduction à « La Sérénité
Intérieure », Plutarque)
|
| AFFECTION |
Et même si nous
ne rencontrons pas l’affection attentive des autres, il y a
en nous une faculté d’amour qui nous permet de nous aimer
nous-mêmes et d’être proches de nous.
Dom Anselm Grün,
o.s.b., « Chacun cherche son ange »
|
| AFFECTION |
Celui qui ne s’aime pas lui-même
est d’une fragilité inouïe. Il va vivre, suspendu
à l’affection des autres comme le plongeur sous-marin
à 50 m de fond ne vit que par sa bouteille d’oxygène.
Un signe d’abandon, une parole de méchanceté
et c’est comme un coup de couteau dans le tube du plongeur.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse ») |
| AFFLICTION |
L’affliction
selon Dieu est une tristesse de l’âme, une disposition
d’un cœur pénétré de douleur qui lui
fait rechercher avec transport ce dont il a soif ; et s’il échoue
dans sa recherche, il le poursuit laborieusement et s’attache
à ses traces en gémissant douloureusement.
Jean Climaque (« L’Echelle
Sainte »)
|
AFFLICTION |
C’est une grande œuvre devant Dieu
que de prier pour ceux qui nous offensent et qui nous font souffrir.
En retour, le Seigneur te donnera sa grâce, tu connaîtras
le Seigneur par le Saint-Esprit et tu supporteras avec joie toutes
les afflictions à cause de Lui. Le Seigneur te donnera d’aimer
le monde entier ; tu désireras ardemment le bien pour tous
les hommes et tu prieras pour tous comme pour toi-même.
Starets Silouane (« Ecrits Spirituels
») |
| ÂGE (D’OR , D’ARGENT, DE BRONZE
, DE FER) |
L’âge d’or
fut le premier âge de la création. En l’absence
de tout justicier, spontanément, sans loi, la bonne foi et
l’honnêteté y étaient pratiquées.
Le châtiment et la crainte y étaient ignorés
[…] Le printemps était éternel, les tranquilles
zéphyrs caressaient de leur souffle tiède les fleurs
nées sans semence. Bientôt même la terre, sans
l’intervention de la charrue, se couvrait de moissons, et
le champ, sans aucun entretien, blanchissait de lourds épis
; c’était l’âge où coulaient des
fleuves de lait, des fleuves de nectar, où le miel blond,
goutte à goutte, tombait de la verte yeuse […]
Ensuite, lorsque Saturne eut été précipité
dans les ténèbres du Tartare et que Jupiter fut le
maître du monde, ce fut le tour d’une génération
d’argent, d’un prix moindre que l’or, mais plus
grand que le bronze aux reflets fauves. Jupiter réduisit
la durée du printemps d’autrefois, et, avec l’hiver,
l’été, le capricieux automne, et le printemps
écourté, régla en quatre saisons le cours de
l’année […] C’est alors que, pour la première
fois, les hommes se réfugièrent dans des demeures
; et ces demeurent furent des grottes, des buissons touffus, des
abris de branchages reliés par de l’écorce ;
pour la première fois, les semences, dons de Cérès,
furent enfouies dans les longs sillons, et le poids du joug fit
gémir les jeunes taureaux.
A cette génération en succéda une troisième,
de bronze, de tempérament plus rude, plus prompte à
recourir à l’horreur des armes, ignorant cependant
le crime. La dernière fut de fer, dont elle a la dureté.
Du coup, ce fut l’invasion, dans un âge d’un pire
métal, de tout ce que réprouvent les dieux, la déroute
de l’honneur, de la franchise, de la loyauté ; à
leur place s’installèrent la tromperie, la ruse, le
piège insidieux, la violence, le criminel appétit
de la possession […] Et ce n’est pas seulement des moissons
et une nourriture légitime que l’on exigea de la richesse
de la terre, mais on pénétra jusque dans ses entrailles
[…] On vit de rapt ; l’hôte n’est pas en
sécurité auprès de son hôte, ni le gendre
auprès de son beau-père ; entre frères même,
la bonne entente est rare. L’époux est une menace pour
la vie de son épouse, l’épouse pour celle de
son mari […] La piété gît vaincue, et,
la dernière des hôtes célestes, la vierge Astrée
a abandonné la terre ruisselante de sang.
Ovide (« Les Métamorphoses
»)
|
| ÂGE TECHNIQUE |
Héritiers d’un
âge technique, nous avons pu « vérifier »
que le silence absolu et la beauté parfaite réveillent
« quelque chose » en nous, qui est indispensable au bonheur,
à la paix, à l’équilibre, à la rencontre
des autres.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse ») |
| AGRESSION |
A partir d’un
certain degré de puissance, en effet, l’homme n’est
plus une des « parties prenantes » de la chaîne
écologique […], la prédation est devenue destruction,
la Raubwirtschaft, l’ « économie de proie »,
peut enfin se donner libre cours, le divorce entre l’homme et
sa biocénose est acquis, celui qui obéissait désormais
commande ; la nature pour lui est une proie à saccager plus
qu’un capital à ménager.
L’agression se développera dans tous
les domaines, quadruplement favorisée dans le domaine technologique
par un accroissement vertigineux de puissance ; dans celui de la
pensée, par l’avènement de l’esprit scientifique
; dans celui des religions monothéistes, par un extraordinaire
épanouissement des aspects les plus discutables de l’anthropocentrisme,
l’orgueil, l’absence de sympathie pour les autres êtres
vivants, la mystique de l’homme « roi de la création
», etc. ; enfin, dans celui des structures socio-économiques,
par le passage d’une économie de subsistance largement
compatible avec le caractère communautaire des civilisations
traditionnelles, à un système individualiste fondé
sur le profit et prêt à écarter de son horizon
limité tout ce qui ne se révélera pas immédiatement
« rentable ».
Théodore Monod (« Et si l’Aventure
Humaine Devait Échouer »)
|
| AGRESSIVITÉ |
Si
les lois ont pour moi plus d’importance que la vie, je retourne
mon agressivité contre moi-même.
Dom Anselm Grün, o.s.b., « Chacun
cherche son ange »
|
| AGRESSIVITÉ |
Il se peut que la cruauté augmente dans
la mesure même où la douceur serait rationnée.
L’agressivité mauvaise n’est rien d’autre
que la soif d’amour, frustrée. « Aime-moi ou je
te hais » nous disent les « durs » au regard de
nourrisson abandonné. Stan Rougier
(« L’avenir est à la tendresse »)
|
| AIMER |
Sans être aimé
par vous, Je vous ai aimés ineffablement.
Catherine
de Sienne (« Le Dialogue »)
|
| AIMER |
Celui qui aime a besoin de savoir se perdre
et se trouver […] Aimer, c’est perdre le contrôle.
Paulo Coelho (« Sur le Bord de la
Rivière Piedra… »)
|
| AIMER |
Dès l’enfance, elle [Thérèse
de Lisieux] présente cette « étoffe » dans
laquelle se taillent les grandes destinées. Émotive
et volontaire, caressante et capable de fortes colères, ne
refusant à Dieu aucun sacrifice à travers les remous
d’une sensibilité parfois exacerbée, éprise
de savoir, et passionnée de vérité, elle nous
apparaît surtout comme exceptionnellement douée pour
aimer, si bien que la grâce a eu beau jeu de mettre en œuvre
les richesses latentes de cette nature généreuse.
Fr. François de Sainte-Marie, introduction aux « Manuscrits
Autobiographiques » de sainte Thérèse de Lisieux
|
| AIMER |
Nombreux sont les humains qui ne savent pas
aimer : c’est pourquoi ils possèdent, ils étouffent,
ils gavent, ils flattent, ils enchaînent. D’une mère
qui ne lâche pas son petit d’une semelle, ou d’un
père complaisant qui passe tout à son enfant on ne peut
dire qu’ils « aiment trop » : non, ils ont une peur
immense d’être abandonnés […] Sans amour,
la vie ne vaut pas d’être vécue. L’avions-nous
oublié, nous les adultes sérieux, réalistes,
endurcis ? Avons-nous à ce point barricadé portes
et fenêtres que nous refusions d’entendre ce cri ? Certes,
que des enfants, des adolescents nous rappellent cette vérité
première et qu’ils soient prêts à en mourir,
cela nous remue étrangement. Mais cette constatation s’accompagne
de douleur, elle rouvre une blessure que chacun avait colmatée
afin de vivre bien tranquillement. Car chacun le sait au fond de
lui : plus il développera ses capacités d’attention
et d’amour, et plus il sera bouleversé, déchiré,
crucifié. Alors, mieux vaut rester dans son bunker solide,
dans son pavillon coquet. Sans folie, sans grandeur, mais à
l’abri.
Jacqueline Kelen (« La Faim de l’Âme
»)
|
| AIMER |
Si l’homme ne sait pas que Dieu l’aime
d’un amour fou, l’amour des autres sera-t-il assez fort
pour compenser ce manque ? Stan Rougier
(« L’avenir est à la tendresse »)
|
| AIMER SON PROCHAIN |
Aimer son prochain
sans aimer Dieu est un amour vrai, mais orphelin.
Daniel Bourguet (« Vers un Chemin
de Spiritualité »)
|
| ALEXANDRE LE GRAND |
Deux siècles
seulement après Cyrus, en 330, Alexandre le Grand, une fois
jetée à bas la monumentale construction achéménide,
a mis la main, à son tour, sur le pays entier, incorporé,
après sa mort, à un nouvel organisme étranger,
le royaume des Séleucides, duquel Babylone n’était
même plus la capitale.
Jean Bottéro (« La plus vieille
religion – En Mésopotamie »)
|
| ALIÉNÉ |
Tout homme
est un aliéné dans la mesure où il est devenu
un autre que lui-même.
Arnaud Desjardins (« Les Chemins de la Sagesse »)
|
| ALLÉGRESSE |
Maintenant
Je vais t’expliquer ce que tu m’as demandé au sujet
du signe, dont Je t’ai dit que Je le donnais dans l’âme,
pour connaître la visite que reçoit l’âme,
par vision ou autre consolation qu’il lui semble recevoir. Et
je t’ai dit par quel signe elle pouvait reconnaître que
c’était de moi ou non. Le signe était l’allégresse
qui reste dans l’âme après la visite, et la faim
des vertus, et spécialement ointe de la vertu de la vraie humilité,
ardente dans le feu de la divine charité […] Maintenant
Je te dis que parfois l’âme pourra avoir cette allégresse
et avec cette allégresse elle s’éloignera de l’oraison
; si cette allégresse se trouve sans l’ardent désir
de la vertu, ointe d’humilité et brûlante dans
la fournaise de ma divine charité, cette visite ou consolation
ou vision qu’elle a reçue est du démon et non
de moi, bien qu’elle sente le signe de l’allégresse.
Mais parce que l’allégresse n’est pas unie au désir
de la vertu, comme Je t’ai dit, tu peux voir que manifestement
c’est une allégresse tirée de l’attachement
qu’elle avait à sa propre consolation mentale […]
Vraiment ce signe est démonstratif qui te démontre ce
qui est tromperie et ce qui n’est pas tromperie ; c’est-à-dire,
entre l’allégresse que tu reçois de moi en vérité
dans ton esprit, et l’allégresse que tu recevrais par
amour-propre spirituel, c’est-à-dire de l’amour
et du désir que tu aurais placés dans ta propre consolation.
Catherine de Sienne (« Le Dialogue
»)
|
| AMASSER |
N’ayons pas l’air,
ô moine, d’avoir moins de foi que les oiseaux ; en effet,
ils n’ont, eux, aucun souci, et ils n’amassent rien (cf.
Mt 6, 26).
Jean Climaque (« L’Echelle Sainte »)
|
| ÂME |
De nos jours, certains scientifiques
cherchent encore mais vainement l’âme dans un coin du
cerveau, à la façon dont un cosmonaute américain
avait déclaré, de retour d’un voyage spatial,
n’avoir pas trouvé Dieu dans le ciel…
Jacqueline Kelen
(« La Faim de l’Âme »)
|
| ÂME |
L'âme peut s'élever si elle est
entraînée par le noûs , elle peut alors participer
à la connaissance, mais c'est le noûs qui s'élève
à la connaissance divine, au-delà du rationnel, de la
déduction, du sentiment, de la logique.
Eugraph Kovalevsky (« La Quête de l'Esprit »)
|
| ÂME |
L’âme, Je l’ai créée
à mon image et similitude en lui donnant l’intelligence,
la mémoire, la volonté. L’intelligence est la
plus noble partie de l’âme ; cette intelligence est mue
par le désir, et l’intelligence nourrit le désir
; et la main de l’amour, c’est-à-dire le désir,
remplit la mémoire de mon souvenir et de celui des bienfaits
qu’elle a reçus. Ce souvenir la fait active et non négligente,
la fait reconnaissante et non ingrate. C’est ainsi que l’une
des puissances aide l’autre, et ainsi se nourrit l’âme
dans la vie de la grâce. Catherine
de Sienne (« Le Dialogue »)
|
| ÂME (FOND DE L’~) |
Un maître [Saint Augustin] dit, celui
qui le mieux a parlé de l’âme, que tout le savoir
humain ne pénètre jamais là où l’âme
est dans son fond. Ce qu’est l’âme, cela relève
d’un savoir surnaturel […] L’âme prend son
être de Dieu sans intermédiaire ; c’est pourquoi
Dieu est plus proche de l’âme qu’elle ne l’est
d’elle-même ; c’est pourquoi Dieu est dans le
fond de l’âme avec toute sa déité.
Maître Eckhart (Sermons VII et X
en allemand )
|
| ÂME/CORPS |
Comme l’âme
est faite immortelle, immobile et stabilisée en moi, de même
le corps en cette union devient immortel : ayant perdu sa lourdeur
il est fait subtil et léger. Sache donc que le corps glorifié
passerait par le milieu du mur, ni le feu ni l’eau ne l’offenserait,
non par leur vertu mais par la vertu de l’âme, vertu qui
est mienne, donnée à elle par grâce, et par l’amour
ineffable je l’ai créée à mon image et
ressemblance.
Catherine de Sienne («
Le Dialogue »)
|
| ÂME/CORPS |
Ne violons pas notre unité naturelle en
mettant en opposition le corps et l’âme, comme si l’âme
était bonne et le corps mauvais. Corps et âme subsistent
ensemble dans la réalité de la personne intérieure
cachée. Lorsqu’ils se séparent, il n’y a
plus de personne humaine, plus de réalité vivante faite
à l’image de Dieu. Cette « union » du corps
et de l’âme en une personne est l’une des choses
qui font de l’homme l’image de Dieu ; et aucun homme ne
doit séparer ce que Dieu a uni sans courir le danger de perdre
la raison. Thomas Merton (« Semences
de Contemplation »)
|
| ÂME/ESPRIT |
Ce qui est appelé
« âme » dans une vision ternaire de l’homme,
c’est le monde mouvant, intermédiaire entre le corps
terrestre et l’esprit de nature divine : il est fait d’émotions,
de sentiments, d’images et de pensées, et il est appelé
aux métamorphoses et aux transformations. Mais lorsque Socrate,
les néo-platoniciens, les mystiques parlent de l’ «
âme », c’est de l’âme-esprit qu’il
s’agit : le principe lumineux, transcendant, immortel de l’être
humain.
Jacqueline Kelen (« La Faim de l’Âme »)
|
| AMERTUME |
L’amertume est
un mouvement plein d’aigreur qui s’installe dans l’âme.
Jean Climaque (« L’Echelle Sainte »)
|
| AMI |
Celui qui désire être
l’ami de Dieu doit rester seul ou avoir le monde entier pour
ami.
Mahatma Gandhi (« Tous les hommes sont frères »)
|
| AMITIÉ |
Et qu’il
n’y ait d’autre but à l’amitié que
l’approfondissement de l’être. Car l’amour
qui recherche autre chose que la révélation de son mystère
n’est pas de l’amour mais un filet que l’on jette
: seul l’inutile s’y
trouve attrapé. Khalil Gibran («
Le Prophète »)
|
| AMOUR |
C’est seulement lorsque
l’âme reçoit en elle l’ « effluve »
qui vient du Bien, qu’elle s’émeut : elle est alors
saisie d’un transport bachique et remplie de désirs qui
l’aiguillonnent. C’est alors que naît l’amour.
Plotin (« Ennéades »)
|
| AMOUR |
Mais mon amour vous a créés, mon
amour vous conserve. Catherine de Sienne
(« Le Dialogue »)
|
| AMOUR |
Peut-être l’amour nous fait-il vieillir
avant l’heure et redevenir jeunes quand la jeunesse s’en
est allée […] L’amour peut nous mener en enfer
ou au paradis, mais il nous mène toujours quelque part. Il
faut l’accepter, parce qu’il est ce qui nourrit notre
existence. Si nous nous dérobons, nous mourrons de faim en
ayant sous les yeux les branches chargées de fruits de l’arbre
de la vie, sans oser tendre la main pour les cueillir. Il faut aller
chercher l’amour où qu’il soit, quand bien même
cela peut signifier des heures, des jours, des semaines de déception
et de tristesse. Parce que, dès le moment où nous
partirons en quête de l’amour, lui aussi partira à
notre rencontre.
Et nous sauvera.
Paulo Coelho (« Sur le Bord de la
Rivière Piedra… »)
|
| AMOUR |
Qui a reconnu l'amour de Dieu aime tout le monde.
Il ne murmure pas sur son destin car les souffrances, portées
en Dieu, nous conduisent à la joie éternelle.
Starets Silouane (« Ecrits Spirituels »)
|
| AMOUR |
L'amour du Christ, en tant que force divine,
comme don du Saint-Esprit, de l'unique Esprit qui agit en tous, établit
ontologiquement les liens de l'unité ; l'amour s'assimile la
vie de l'être aimé. Archimandrite
Sophrony (« Starets Silouane »)
|
| AMOUR |
De même que l’amour peut vous couronner,
de même il peut vous crucifier. Car il est fait pour vous aider
à croître comme pour vous élaguer.
Khalil Gibran (« Le Prophète »)
|
| AMOUR |
Le spectacle de la vie divine qui se meut dans
le monde des Formes nous enflamme d’amour. Mais pourquoi sommes-nous
épris d’amour ? Qu’est-ce que l’amour ? Un
objet quelconque, si beau soit-il, peut-il suffire à expliquer
l’amour ? En fait, dans le moindre amour, il y a le pressentiment
de l’infini, de ce qui dépasse toute forme, c’est-à-dire
du Bien absolu. Pierre Hadot (« Plotin ou la Simplicité
du Regard »)
AMOUR L’amour existe-t-il au sens de l’absolu, enraciné
dans un fondement éternel, et non comme simple inclination
ou passion humaine, comme habitude et fidélité contractuelle
?
Karl Jaspers (« Introduction à
la Philosophie »)
|
| AMOUR |
La Charité me donna la clé de
ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps,
composé de différents membres, le plus nécessaire,
le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église
avait un cœur, et que ce Cœur était BRULANT d’AMOUR.
Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église,
que si l’Amour venait à s’éteindre, les
Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile,
les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que
l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ETAIT
TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX…EN
UN MOT, QU’IL EST ETERNEL !… Alors, dans l’excès
de ma joie délirante, je me suis écriée : O
Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai
trouvée, MA VOCATION, c’est l’AMOUR !
Thérèse de Lisieux («
Manuscrits Autobiographiques »)
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| AMOUR |
[…] l’amour vrai est toujours le
fruit de la maturité spirituelle.
Paul Evdokimov (« La Femme et le Salut du Monde »)
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| AMOUR |
Ensuite, il y eut le contact avec les malades
de l’hôpital de Bobo Dioulasso en Haute-Volta… Visages
humains défigurés par la souffrance ou transfigurés
par l’imminence de la mort. J’aimais chacun de ces êtres
à la folie. Je me demandais parfois d’où pouvait
bien me venir cet élan, ce désir d’écouter,
de soulager, de délivrer… Aujourd’hui, je crois
savoir. Dieu nous a faits à Son Image… à l’état
d’ébauche, de germe, de projet. Il est l’Amour…
la Tendresse absolue. Nous vivons en Dieu sans le savoir, car
tout amour véritable a quelque chose de religieux, d’éternel.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
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| AMOUR (SOIF D’~) |
Les anorexiques, eux,
se sentent étrangers à cette terre et déjà
en partance. Ils veulent s’alléger, se démarquer
du monde temporel, se dégager de tout ce qui leur paraît
pesant et contingent. Même si leur soif d’amour est immense,
ils cherchent ailleurs, du côté du ciel et de l’esprit,
réponse à leur attente – ce qui les rend inaccessibles
à leurs proches.
Jacqueline Kelen («
La Faim de l’Âme »)
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| AMOUR DE DIEU |
Mais l’amour d’une
mère est peu de chose en comparaison de l’amour de Dieu,
tant celui-ci est grand et insatiable.
Starets Silouane (« Ecrits Spirituels
»)
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| AMOUR DES HOMMES |
Je suis un vieillard
et je me prépare à mourir, et j’écris
la vérité par amour des hommes.
Starets Silouane (« Ecrits Spirituels
»)
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| AMOUR DE SOI |
Tu sais que tout mal est
fondé dans l’amour de soi, cet amour étant un
nuage qui enlève les lumières de la raison, raison qui
tient en elle la lumière de la foi, et l’on ne perd pas
l’une sans perdre l’autre.
Catherine de Sienne (« Le Dialogue
»)
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| AMOUR DU PÈRE |
La magnifique
figure que tu aperçois au midi des espaces aériens et
dans le secret de Dieu, et dont l’apparence est humaine, symbolise
en effet cet amour du Père des cieux. Elle est l’amour
: au sein de l’énergie de la déité pérenne,
dans le mystère de ses dons, elle est une merveille d’une
insigne beauté. Si elle a l’apparence humaine, c’est
que le Fils de Dieu s’est revêtu de chair, pour arracher
l’homme à la perdition dans le service de l’amour.
Voilà pourquoi ce visage est d’une telle beauté,
d’une telle clarté. Voilà pourquoi il te serait
plus facile de contempler le soleil que de contempler ce visage. La
profusion de l’amour en effet rayonne, étincelle d’une
brillance si sublime, si fulgurante qu’elle dépasse,
d’une manière inconcevable pour nos sens, tout acte de
compréhension humaine qui assure d’habitude dans l’âme
la connaissance des sujets les plus divers. Nous le montrons ici par
un symbole, qui te permet de reconnaître dans la foi ce que
les yeux extérieurs ne peuvent réellement contempler.
[…] il est impossible de séparer l’amour de
Dieu et celui du prochain, lorsqu’ils s’expriment dans
l’unité de la foi dans un suprême désir.
Quand, dépouillées en même temps qu’Adam
du vêtement céleste, ces deux amours séjournent
dans les ombres de la mort, la sainte déité dérobe
aux hommes l’éclat incommensurable de leur gloire.
Hildegarde de Bingen (« Le Livre
des Œuvres Divines ») |
| AMOUR-PROPRE |
Tout l’amour
de ce monde est bâti sur l’amour-propre. Si tu l’avais
laissé, tu aurais laissé le monde entier.
Maître
Eckhart (Sermon VI en allemand )
|
| AMOUR-PROPRE |
L’amour-propre se préoccupe de
lui-même. Moins hautain que l’orgueil qui toise et s’enfle
de son importance, il redoute le jugement qui le confronte aux autres
hommes, et qui tantôt l’élève et tantôt
l’humilie. Car au plaisir qu’il tire de l’éloge,
il unit souvent le soupçon de n’être point loué
à sa mesure. Et c’est ainsi que mortifié par les
tiédeurs ou les oublis, parfois il se sépare et nourrit
son dépit dans un silence blessé.
Louis Sahuc (« La Grâce d’Ecouter »)
|
| AMOUR-PROPRE |
Les hommes se regardent de trop près
pour se voir tels qu'ils sont. Comme ils n'aperçoivent leurs
vertus et leurs vices qu'au travers de leur amour-propre, qui embellit
tout, ils sont toujours d'eux-mêmes des témoins infidèles
et des juges corrompus. Montesquieu («
Éloge de la Sincérité »)
|
| AMOUR-PROPRE |
Et ainsi l’amour-propre qui enlève
charité et dilection pour le prochain est principe et fondement
de tout mal.
Tous les scandales, haine et cruauté et tout ce qui n’est
pas bien procèdent de cette racine de l’amour-propre.
Il a empoisonné le monde entier et a rendu malade le corps
mystique de la sainte Église et le corps universel de la religion
chrétienne, parce que Je te l’ai dit, dans le prochain,
dans sa charité se fondent toutes les vertus ; et telle est
la vérité. Catherine de Sienne
(« Le Dialogue »)
|
| AMOUREUX |
C’est Dieu qui
donne à l’amoureux ce regard miraculeux où la
splendeur spirituelle de « l’autre » est devinée,
aperçue… Dieu prête son regard pour que l’on
puisse s’émerveiller de cette âme créée
à Son Image, à un unique exemplaire, plus précieuse
à elle seule que l’univers tout entier.
Ce que Dieu est pour chacun de nous,
l’homme doit apprendre à l’être pour sa
femme, la femme pour son mari.
Stan Rougier (« L’avenir est
à la tendresse »)
|
| AMOUREUX |
Le véritable amoureux sait à
quel point il est libéré de l'obsession sexuelle,
et c'est là le test bien connu de l'authenticité de
son amour.
Archimandrite Sophrony (« Starets
Silouane ») |
| AN NOUVEAU |
[…] la célébration
de l’An nouveau (zag-muk, en sumérien : « Seuil
de l’année » ; et, en akkadien, rêš
šatti, « Début de l’année »)
portait, elle aussi, une forte charge politique, en même temps
que religieuse et émotionnelle. Sa signification première
et essentielle était pourtant d’abord « cosmique
» : on exaltait les dieux pour y renouveler, non seulement le
temps, avec l’entrée dans un cycle nouveau, mais l’univers
lui-même, comme s’Ils le recréaient pour le lancer
encore dans le dévalement de la durée […]
Jean Bottéro
(« La plus vieille religion – En Mésopotamie
»)
|
| ANGE DE BALAAM |
Chez les enfants, l’ange
de Balaam se manifeste parfois, dans certaines situations, par la
rébellion, le refus. Les parents pensent que leur enfant est
tout simplement rétif et ne veut en faire qu’à
sa tête. Pour sûr, ce peut être le cas ; mais parfois
aussi, l’enfant sait très bien ce qu’il ne veut
pas, et pourquoi. Il perçoit d’instinct l’ange
au milieu du chemin, il sent que ce chemin ne mène pas au but.
Au lieu de battre l’ânesse, comme Balaam, les parents
feraient mieux de commencer par écouter leur enfant avec attention,
afin de savoir pourquoi il ne veut plus avancer. Il se peut que l’enfant
ne soit pas en mesure de l’expliquer ; mais d’après
la façon qu’il a d’exprimer son refus, les parents
doivent arriver à sentir s’il est simplement rétif,
ou s’il n’y a pas là un ange qui barre la route.
Peut-être l’ange s’exprime-t-il à travers
la peur qui garde l’enfant de s’engager dans des situations
qui sont trop difficiles pour lui.
Dom
Anselm Grün, o.s.b., « Chacun cherche son ange »
|
| ANGOISSE |
Le Christ n’est
pas venu pour préserver l’homme de la souffrance et de
la mort, mais pour nous apprendre à les traverser courageusement
avec lui afin de déboucher sur la Vie. Il ne porte pas pour
autant un intérêt curieux à l’angoisse ni
ne l’encourage en disant : « Soyez angoissés et
angoissez-vous les uns les autres. », mais plutôt : «
Aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13/34). L’angoisse
n’est pas un état permanent à rechercher, elle
est un passage obligé pour grandir dans la confiance et l’amour
[…]
Bernard Dubois (« Le Mystère de l’Angoisse »),
Sources Vives n° 103, « L’Angoisse »)
|
| ANIMA / ANIMUS / SPIRITUS (PSYCHÈ / NOÛS
/ PNEUMA) |
Selon la théologie
traditionnelle, les Pères de l’Eglise grecque donnaient
trois noms à ces trois aspects [conscient, inconscient, foi]
de l’esprit humain. L’âme « animale »
inconsciente et non raisonnable était l’anima ou psychè,
domaine de l’automatisme où l’homme agit en organisme
psychophysique. Cette anima est une sorte de principe féminin,
ou passif, de l’homme. Puis, il y a la raison ; le principe
lucide conscient, actif ; l’animus ou noûs. L’esprit
est ici principe masculin, l’intelligence qui commande, raisonne,
guide notre activité avec prudence et réflexion. Il
gouverne le principe féminin, l’anima passive. L’anima
est Eve, l’animus Adam. Par suite du péché originel,
Eve tente Adam et, sa pensée raisonnée cédant
à ses impulsions aveugles, il se laisse gouverner par l’automatisme
des réactions passionnées, par les réflexes
conditionnés plutôt que par les principes moraux.
Cependant, l’homme n’est pas seulement composé
d’une anima gouvernée par l’animus, d’un
principe masculin et d’un principe féminin. Il en est
un plus élevé qui transcende les distinctions de masculin
et de féminin, d’actif et de passif, de réfléchi
et d’instinctif. Ce principe plus élevé dans
lequel se fondent les deux autres pour monter jusqu’à
Dieu est le spiritus ou pneuma.
Ce n’est pas seulement un attribut de l’homme, c’est
l’homme lui-même, uni, vivifié, élevé
au-dessus de lui-même et inspiré par Dieu. L’homme
atteint là son plein développement. L’homme
n’est vraiment homme que lorsqu’il forme, avec Dieu,
un « esprit ». L’homme est « esprit »
lorsqu’il est à la fois anima, animus et spiritus.
Ces trois choses n’en font d’ailleurs qu’une.
Et lorsqu’elles sont parfaitement ordonnées dans leur
unité, tout en gardant leurs qualités intrinsèques,
l’homme est recréé à l’image de
la Sainte Trinité.
Thomas Merton (« Semences de Contemplation
»)
|
| ANIMALITÉ |
L’homme
n’est pas ce qu’il voudrait ou devrait être, l’homme
peut être maître de la nature sans l’être
de lui-même, l’homme ne paraît pas, dans bien des
domaines, avoir beaucoup dépassé le stade de l’animalité.
Franz
Leenhardt, cité par Théodore Monod (« Et si
l’Aventure Humaine Devait Échouer ») |
| ANIMAUX |
Les enfants communiquent
souvent avec leur ange en manifestant de l’amour pour les
animaux.
Dom Anselm Grün, o.s.b., « Chacun
cherche son ange » |
| ANNÉE NOUVELLE |
Toute
Nouvelle Année est une reprise du temps à son commencement,
c’est-à-dire une répétition de la cosmogonie.
Mircea Eliade (« Le mythe de l’éternel retour
»)
|
| ANNÉE SOLAIRE |
L’adoption
de l’année solaire comme unité de temps est d’origine
égyptienne. La plupart des autres cultures historiques (et
l’Égypte elle-même jusqu’à une certaine
époque) connaissaient une année, à la fois lunaire
et solaire, de 360 jours (soit 12 mois de chacun 30 jours) auxquels
ont ajoutait 5 jours intercalaires (les épagomènes).
Mircea
Eliade (« Le mythe de l’éternel retour »)
|
| ANOREXIQUE |
Mais eux, les jeunes
gens qualifiés d’anorexiques, d’une façon
à la fois plus persévérante et plus feutrée
que ceux qui se suicident, ils ne cherchent qu’à «
changer de monde ». Et on continue de leur resservir le même
plat.
Leur seule manière d’être au monde consiste à
refuser ce dernier. Alors, on leur fournit des tranquillisants, des
somnifères et antidépresseurs afin d’engourdir
leur conscience trop vive, trop douloureuse.
Voilà pourquoi ces jeunes gens me touchent infiniment. Ils
apparaissent non pas malades ni déséquilibrés
mais extrêmement lucides et redoutablement sains au milieu d’une
société adonnée à la vulgarité
et à l’insignifiance. Jacqueline
Kelen (« La Faim de l’Âme »)
|
| ANTHROPOCENTRIQUE (COURANT) |
Il
faut humblement l’avouer : les trois grands monothéismes,
les gens du Livre, Ahel al-Kitab, comme disent les musulmans, se
sont enfermés dans la conception triomphaliste d’un
homme préposé à la domination du monde, ayant
spécifiquement reçu du Créateur un droit de
vie ou de mort sur toute créature, et peu enclin à
accepter la solidarité qui devrait unir tous les vivants,
moins encore la pitié et la miséricorde.
Ce mythe orgueilleux du « roi » de la création
est, il faut le reconnaître, parfaitement scripturaire, et
l’on ne sera donc pas surpris de s’installer à
titre de postulat au cœur de la théologie chrétienne,
de s’y barricader pendant des siècles et de ne guère
manifester encore l’intention d’en sortir. Ajoutons
d’ailleurs que ce puissant courant anthropocentrique , qui
veut un cosmos créé pour une espèce animale
particulière, l’Homo sapiens, s’est vu puissamment
renforcé par l’insensibilité du cartésianisme
à l’endroit de l’animal […]
Théodore Monod (« Et si l’Aventure
Humaine Devait Échouer »)
|
| ANTHROPOMORPHISME |
Toute religion
doit commencer par une sorte d’anthropomorphisme. Une divinité
trop éloignée de l’humanité, tel le Moteur
immobile d’Aristote, ne peut inspirer de quête spirituelle.
Karen Armstrong (« Histoire de Dieu
»)
|
| ANTHROPOMORPHISME |
En Mésopotamie, le Culte, la fonction « active »
de la religion, s’identifiait donc au « service des dieux
», à Leur entretien. Il ne s’agissait de rien d’autre
que de leur fournir – comme les sujets à leur roi –
« le vivre et le couvert » : à savoir, en quantité
et en qualité, tous les biens de consommation et d’usage,
de nécessité et de luxe, avec l’éclat,
le faste et la munificence dignes de Leur majesté, pour combler
tous les besoins et les désirs que leur prêtait l’anthropomorphisme.
Jean Bottéro (« La plus vieille
religion – En Mésopotamie »)
|
| APHRODITE |
Puis elle sortit de
l’eau, la belle déesse vénérée –
et à l’entour l’herbe, sous ses pieds vifs, grandissait
– Celle-là, c’est Aphrodite, déesse née
de l’aphros, de l’écume, et encore Cythérée
à la belle couronne. Voilà comment l’appellent
dieux et hommes, parce que c’est dans l’écume,
l’aphros, qu’elle prit corps ; ou encore : Cythérée,
parce qu’elle toucha à Cythère, Cyprogénée,
parce qu’elle naquit à Chypre baignée des flots,
et encore Philommèdée, Amie du sexe , parce que c’est
du sexe qu’elle sortit pour faire son apparition.
Hésiode (« Théogonie
», traduction Annie Bonnafé)
|
| APOCATASTASE |
[…] dans
les courants les plus représentatifs de l’Orient, l’Expiation
s’exprimera plutôt en termes physico-ontologiques qu’en
termes éthico-juridiques. Le but ici n’est point le
« rachat », pas même le « salut »
(dans le sens « salutiste » ou individuel) mais l’apocatastase
, la restauration et la guérison universelles.
Paul Evdokimov (« La Femme et le
Salut du Monde ») |
| APODICTIQUE |
Dieu n’est pas
un objet de connaissance, il ne peut pas être dévoilé
de façon apodictique. Dieu n’est pas non plus un objet
de l’expérience sensible. Il est invisible. On ne peut
pas le regarder, on ne peut que croire en lui.
Karl Jaspers («
Introduction à la Philosophie »)
|
| APOPHATISME |
Dès qu’on
quitte les cimes de l’apophatisme , la raison jette le filet
de ses propres dimensions et emprisonne le mystère […]
La théologie dite apophatique, négative, avertit du
danger de la seule connaissance conceptuelle : « les concepts
de Dieu créent des idoles » ; de Dieu, nous pouvons seulement
savoir ce qu’il n’est pas. Elle procède par l’inconnaissance
rationnelle et conduit à l’union mystique et à
sa science indicible.
Paul Evdokimov (« La Femme et le
Salut du Monde »)
|
| APPARENCE |
Exclure de la vie d’une
paroisse tel chrétien faible et sans apparence, sous le prétexte
qu’on ne peut rien en faire, peut précisément
signifier repousser le Christ lui-même, qui frappe à
notre porte sous l’aspect de ce frère misérable.
Dietrich
Bonhoeffer (« De la Vie Communautaire »)
|
| APPARENCE |
Ne te contente donc pas de regarder ce qu’il
y a de si éclatant et de si vanté dans les fortunes
que tu envies et que tu admires. Soulève, écarte l’espèce
de tenture fleurie qui les couvre, je veux parler de l’opinion
et de l’apparence, pénètre à l’intérieur,
tu verras combien de misères, combien de dégoûts
s’y cachent. Plutarque (« La
Sérénité Intérieure »)
|
| APPELER LE SEIGNEUR |
Appelle le Seigneur
avec tout l’amour de ton cœur. Concentre dans cet appel
tout ton désir et tu peux être sûr que Dieu te
répondra […] Comme l’enfant charme et attendrit
par son babillage le cœur de sa mère, ainsi le véritable
adorateur, par ses paroles d’amour franches et humbles, attire
à lui le Tout-puissant aimé de son cœur […]
Le Bien-aimé t’attend. Tu n’as qu’à
prononcer son Nom et il accourra vers toi.
Swâmi Râmdâs («
Présence de Râm »)
|
| ARAMÉEN |
[…]
mille ans après les Amurrites, d’autres Sémites,
descendus à leur tout du nord-ouest en une longue suite, sont
venus, comme leurs prédécesseurs, s’introduire
dans le pays. Leur langue, l’araméen, était, elle
aussi, particulière et récemment formée, dans
la grande famille sémitique. Et c’est également
le nom générique que nous leur donnons, même si
leur multitude, étirée dans le temps, recouvrait plusieurs
dénominations spécifiques et tribales, et en particulier
celle – mal connue en elle-même – de Chaldéens.
Ils apportaient avec eux un trésor : l’alphabet, «
inventé », en Syrie-Palestine, sans doute autour de 1500
[av. J.-C.], et qui simplifiait extraordinairement l’écriture,
mais dont les lettrés mésopotamiens feront toujours
fi, même si l’avenir devait lui appartenir.
Jean Bottéro (« La plus vieille religion – En
Mésopotamie »)
|
| ARCHE |
L'arche symbolise la demeure
intérieure.
Alphonse Goettmann (« Le Chemin »
n° 48)
|
| ARCHÉTYPE |
Toutes
les cités babyloniennes avaient leurs archétypes dans
des constellations : Sippar dans le Cancer, Ninive dans la Grande
Ourse, Assur dans Acturus, etc. […] Non seulement un modèle
précède l’architecture terrestre, mais encore
il se trouve dans une « région » idéale
(céleste) de l’éternité.
Mircea Eliade (« Le mythe de l’éternel
retour »)
|
| ARDEUR |
L'ardeur tombe malade lorsqu'elle
jette le trouble dans l'alliance divine pour protéger d'autres
liens.
Daniel Bourguet (« Les Maladies de la Vie Spirituelle »)
|
| ARÈNE |
La vie elle-même
est pour nous aussi une arène, dans laquelle nous descendons
chaque matin pour offrir un mourir joyeux à Celui qui nous
a déjà ressuscités.
A. & R. Goettmann (« Sagesse
et Pratiques du Christianisme »)
|
| ARGENT |
L’amour de l’argent
est l’adoration des idoles […], la fille du manque de
foi. Il prend prétexte de la maladie, prévoit la vieillesse,
suggère que la sécheresse va venir, annonce à
l’avance la famine.
Jean Climaque (« L’Echelle
Sainte »)
|
| ARGENT |
Mais de façon générale,
même si l’argent nous apporte une forme de bonheur, celle-ci
est du genre que l’argent peut acheter, des objets matériels
ou des expériences qui s’adressent aux sens, et dont
nous verrons […] qu’ils deviennent eux-mêmes source
de souffrance. Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama
(« Sagesse ancienne, monde moderne »)
|
| ARGENT |
Si vous avez de l’argent, dites-vous que
la seule raison pour laquelle Dieu a permis qu’il tombât
entre vos mains est peut-être que vous trouviez joie et perfection
à le distribuer. Thomas Merton («
Semences de Contemplation »)
|
| ARGENT |
Le soin de gagner de l’argent et l’attention
constante à le conserver augmentent la richesse, mais l’indifférence
et le mépris pour l’argent constituent un important viatique
pour la philosophie. Plutarque («
La Sérénité Intérieure »)
|
| ARGILE |
Nous venons tous d’une
même argile.
Louis Sahuc (« La Grâce d’Ecouter
»)
|
| ARME ATOMIQUE |
Je ne voudrais pas qu’on
puisse dire dans cinq cents ans qu’il n’existait aucune
forme de contestation contre un État qui se glorifie de posséder
l’arme atomique.
Théodore Monod («
Révérence à la vie »)
|
| ART |
La vraie fonction de l’art
est « heuristique » : par lui, nous découvrons,
nous « inventons », au travers de l’œuvre qui
cherche à l’imiter, le modèle éternel,
l’Idée, dont la réalité sensible n’était
qu’une image.
Pierre Hadot (« Plotin ou
la Simplicité du Regard »)
|
| ASCÈSE |
Il y a une
ascèse de mortification, de mise à mort qui traite
le corps comme un objet, et une ascèse de transfiguration
qui consiste à accorder le corps à l'esprit.
Rachel et Alphonse Goettmann (« Prière
de Jésus, Prière du Cœur ») |
| ASCÈSE |
L'ascèse intériorisée exigera
le jeûne des pensées dispersantes, des amours idolâtres,
y compris d'un dieu conçu comme une idole.
Marie-Magdeleine Davy (« Le Désert Intérieur
»)
|
| ASCÈSE |
Or, dès la première civilisation
humaine à Sumer et sans doute dès les temps préhistoriques,
l’homme a cherché, en dépassant son corps, ce
qui transcende son existence ; l’homme a régulé
ou maîtrisé ses instincts et ses besoins afin d’atteindre
à une autre puissance. Cette discipline qu’on appelle
ascèse n’est pas la caractéristique d’une
religion ni d’une école philosophique : c’est le
propre de l’homme ; plus précisément, c’est
le propre de l’humain en marche vers son être et vers
l’Être. Jacqueline Kelen («
La Faim de l’Âme »)
|
| ASCÈTE |
Un artiste travaille sur
la matière de ce monde – un ascète s’enfante,
sculpte son propre visage et tisse tout son être avec la lumière
divine […]
Le sens grandiose de l’ascèse est dans
l’aspiration à la vraie nature ; sa lutte n’est
pas contre la chair mais contre les déformations de celle-ci
et leur principe. Dès lors il ne s’agit pas tant de
pardon ou de restitution de la grâce que de la métamorphose
d’une complète guérison. L’état
ascétique de la « passion impassible » anticipe
le siècle futur, et la soumission des bêtes sauvages
aux saints, parle puissamment d’un éon différent.
Paul Evdokimov (« La Femme et le
Salut du Monde »)
|
| ASSERVISSEMENT |
Instinctivement
l’âme humaine cherche une autre âme avec qui se
confondre, soit sur le plan de l’amour soit, ce qui revient
au même, sur le plan de l’asservissement du prochain à
sa propre volonté de puissance. Tel est le jeu épuisant
des forts à la recherche de l’admiration, de l’amour
ou de la crainte des faibles.
Dietrich Bonhoeffer (« De la Vie Communautaire »)
|
| ATHÉISME |
La toute-puissance
de Dieu, c'est de devenir la Croix vivifiante, unique réponse
au procès de l'athéisme sur la liberté et le
mal.
Paul Evdokimov
(« La Nouveauté de l’Esprit »)
|
| ATHÉISME |
L’athéisme s’est étendu
sur le monde occidental comme une nappe de cendres. Depuis un siècle,
il n’a pas cessé de coloniser ce monde, de le faire marcher
dans sa lumière grise. Même l’action la plus efficace
semble répondre à un besoin de s’étourdir…
pour oublier le non-sens de la vie. Stan
Rougier (« L’avenir est à la tendresse »)
|
| ATTACHEMENT |
C’est l’attachement
qui nous aveugle à la Réalité. Et c’est
l’aveuglement qui nous maintient dans l’attachement.
Arnaud Desjardins (« Les Chemins de la Sagesse »)
|
| ATTACHEMENT |
Il est impossible de se battre sur tous les
fronts, en revanche il est capital de le faire sur un seul point à
la fois. Le Christ propose un test qui permet de le découvrir
: quel est mon penchant principal, où vont sans arrêt
mes préférences, mes aspirations ? Car « là
où est ton trésor, là est ton cœur ».
Chacun a son Isaac, son unique attachement, qu’il est invité
à sacrifier. Quel est mon Isaac ? Il n’y a pas de libération
ni de sagesse sans mettre à silence ce qui crie le plus fort
en moi. A. & R. Goettmann («
Sagesse et Pratiques du Christianisme »)
|
| ATTENDRISSEMENT |
Lorsqu’on
aime quelqu’un, comment en être jaloux ? Lorsqu’on
aime, on ne fait pas le dégoûté devant les misères
de l’être aimé : elles sont source d’attendrissement,
elles sont un chantier ouvert à notre propre créativité.
Stan Rougier (« L’avenir est à la tendresse »)
|
| AUSCHWITZ |
Des événements
tels que ceux qui se sont produits à Auschwitz nous rappellent
sans pitié ce qui peut arriver quand des individus –
et par extension des sociétés entières –
perdent contact avec leur sentiment humain de base. Nous disposons
de législations et de conventions internationales pour prévenir
des désastres de cette sorte, mais nous pouvons tous constater
que les atrocités n’en continuent pas moins. Car il y
a plus important et plus efficace que les lois : le respect des sentiments
d’autrui à un niveau tout simplement humain.
Tenzin
Gyatso, XIVe Dalaï-Lama (« Sagesse ancienne, monde moderne
»)
|
| AUTRUI |
La souffrance que j’éprouve
quand la communication avec autrui est imparfaite, la satisfaction
extraordinaire que donne une communication véritable, ne m’atteindraient
pas ainsi sur le plan philosophique si j’étais pour mon
propre compte, et dans un solitude absolue, sûr de la vérité.
Mais je n’existe qu’avec autrui ; seul, je ne suis rien.
Karl Jaspers (« Introduction à
la Philosophie »)
|
| AUTRUI |
[…] l’attention à autrui
décentre mon regard. Elle me détourne de moi-même,
me dispose à plus d’ouverture, de générosité.
Elle me rend plus disponible. Mais pour cela, il faut que j’accepte
de recevoir quelque chose de lui, et c’est pourquoi il entre
toujours de l’humilité dans le véritable respect
de l’autre. De l’humilité, et pour ce qu’il
m’apporte en me transformant, de la reconnaissance. Et l’on
voit par là que le respect est aussi gratitude.
Louis Sahuc (« La Grâce d’Ecouter »)
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| AVENIR |
Devant tant d’écorces
qui craquent, je parie pour la sève. Devant tant de vieilles
outres qui se déchirent, je parie pour le vin nouveau…
Un avenir fermente qui, déjà, est là. Le «
royaume des cieux » est commencé. L’avenir appartient
à ceux qui aiment.
Stan Rougier (« L’avenir
est à la tendresse »)
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| AXIS MUNDI |
[…] étant un
Axis Mundi , la cité ou le temple sacré sont considérés
comme point de rencontre entre le Ciel, la Terre et l’Enfer.
[…] L’enfer, le centre de la terre et la « porte
» du ciel se trouvent donc sur le même axe, et c’est
par cet axe que s’effectuait le passage d’une région
cosmique à une autre.
Mircea Eliade (« Le mythe de l’éternel
retour »)
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