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Anthropologie chrétienne de la sexualité
Il m'est donc demandé de " vous donner
du souffle en puisant dans la tradition chrétienne et théologique
afin que vous ayez de quoi nourrir votre recherche éducative pour
les jeunes d'aujourd'hui ". Et j'ai eu l'audace, pour ne pas dire
l'inconscience de relever ce défi en trois quarts d'heure.
Le ministère de l'éducation nationale
a publié un dossier sous forme de mallette avec vidéo, fiches
techniques, dossiers pédagogiques divers et dont le titre est :
" Bonheur d'aimer ". Au début et à la fin de la
vidéo on trouve deux expressions qui donnent les critères
du passage à l'acte, à la relation sexuelle ; " Il
faut que cela soit un choix, qu'il y ait un échange et que chacun
ne force personne " ; " Ecouter son cur, découvrir
le plaisir d'être ensemble, savoir se protéger, c'est tout
ce qui rime avec le bonheur d'aimer ". Chacun appréciera.
Mon intervention, qui pourrait se comprendre comme
une réponse à cette approche peu humanisante, se déroulera
en trois temps :
Une première partie portera sur la façon dont les chrétiens
se reçoivent comme personnes créées, sexuées
et appelées à la vocation de l'amour.
Une fois que nous aurons posé cette anthropologie fondamentale,
nous tâcherons d'accueillir quelques fruits de la recherche morale
contemporaine. Et nous verrons, que nous avons aussi à recevoir
de ce côté-là.
Enfin, je tâcherai de présenter une synthèse de quelques
grands repères éducatifs à propos de la vie affective.
Lorsque j'étais aumônier d'étudiants, lorsque nous
travaillions ces questions, la plus grande difficulté n'était
pas tant de savoir ce que nous voulions dire, mais comment le dire étant
donné qu'en face de nous, il y avait des jeunes qui étaient
passés à l'acte et d'autres pas encore. Comment un discours
éducatif peut encourager les fidèles et réveiller
l'espérance de ceux " qui ont vécu " un peu trop
rapidement.

Anthropologie chrétienne fondamentale
A vrai dire, il ne m'appartient de vous donner du souffle pour nourrir
vos pratiques éducatives. Ce n'est pas en mon pouvoir. En réalité,
il s'agit pour moi de laisser le souffle de Dieu agir et de montrer comment
il agit dès le début. A l'origine, vous le savez, l'Esprit,
le souffle de Dieu planait sur les eaux. Et pour reprendre une expression
chère à Saint Irénée, l'Esprit-saint et le
Fils furent les deux mains du Père avec lesquelles il modela l'homme.
Le critère théologique fondamental qui va jouer simultanément
pour travailler l'anthropologie est celui de l'image : " Faisons
l'homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il
soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute
la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre. Dieu
créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le
créa ; mâle et femelle il les créa. " Gn 1, 26-27.
L'homme est créé à l'image de Dieu
Dans l'image, il se joue en fait deux dimensions : Est-ce la personne
qui est à l'image de Dieu ou bien est-ce le couple qui est à
l'image de Dieu ? Il n'est pas certain qu'il faille trancher entre les
deux questions. Au contraire.
L'image du couple à l'image de Dieu pourrait être soutenu
dans le cadre d'une théologie trinitaire. L'amour que se porterait
l'un à l'autre l'homme et la femme dans le mariage serait tout
à l'image du Dieu Trinité en qui l'amour relève du
don permanent et mutuel. Il reste que la dimension sacramentelle du mariage
tire sa source de la contemplation de ce que fit le Christ pour son Eglise
(Ep 5, 21-32).
L'image de l'homme à l'image du Dieu créateur est sans doute
celle qui est privilégiée par Familiaris Consortio au N°
11 qui est un des plus beau texte d'anthropologie biblique que je connaisse.
" Dieu a créé l'homme à son image et à
sa ressemblance : en l'appelant à l'existence par amour, il l'a
appelé en même temps à l'amour. ".

L'être humain est créé mâle
et femelle
" Dieu est amour et il vit en lui-même un mystère de
communion personnelle d'amour. En créant l'humanité de l'homme
et de la femme à son image et en la conservant continuellement
dans l'être, Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité
et la responsabilité correspondantes, à l'amour et à
la communion. L'amour est donc la vocation fondamentale et innée
de tout être humain. " FC11. La vocation de l'amour s'inscrit
dans la différence des sexes. On comprendra alors que les relations
homosexuelles ne constituent pas une simple variante des relations hétérosexuelles.
Il faut avoir le courage de maintennir la non-équivalence de ces
deux modes de vie. Pour une approche plus fine de la complexité
de cette question, le lecteur peut aller lire mon dossier homosexualités.
La sexualité comme un don de Dieu, confirmé par le mystère
de l'incarnation. Ainsi que l'évoque Vérité et signification
humaine de la sexualité au N° 11 : " La sexualité
humaine est donc un Bien: elle fait partie de ce don créé
que Dieu "vit très bon" lorsqu'il fit la personne humaine
à son image et à sa ressemblance, et qu'"homme et femme
Il les créa" (Gn 1, 27). " Et il me semble important
de rappeler cela alors même que l'on accuse encore assez facilement
l'Eglise d'être castratrice et moralisante dans sa morale sexuelle.
Dois-je rappeler que le péché d'Adam et Eve n'est pas un
péché sexuel.
Cette remarque sur la bonté intrinsèque de la sexualité
humaine en tant qu'elle est un don que Dieu fait à l'humanité
devra être redite au moment où se posera pour les couples
la question de la régulation des naissances et de la fertilité
du couple. La sexualité telle qu'elle se découvre à
l'homme par les diverses sciences humaines et médicales est-elle
un piège dont il faut se protéger à tout prix où
une grâce ? L'usage de contraceptifs est-il une victoire ou le symptôme
de limites que le couple éprouve : une maladie, un décalage
dans la confiance, un déséquilibre affectif engendré
par une perte d'emploi, une peur, un défaut dans la maîtrise
de soi, une physiologie de la fertilité féminine tout à
fait imprévisible
On commence même à entendre des remarques écologistes
sur le fait que la vie ordinaire des femmes devient une vie au taux d'hormones
artificiellement modifié.
L'homme créé par amour est appelé à l'amour

L'amour biblique se dit de deux façons différentes
: Le don et l'alliance.
Par le don
Dans le cadre de la vie affective et conjugale, le
don n'a de sens que s'il est intégral et total. Intégral
suppose que l'on ne fait pas de réserve sur ce que l'on est ni
à l'égard de sa fécondité, ni à l'égard
de ses sentiments. Nous sommes à une époque qui revendique
la dislocation de la vie humaine. Ainsi on peut avoir l'union sans la
fécondation ; l'échangisme, dont on nous rabache les oreilles,
revendique, quant à lui, la séparation entre les gestes
du corps et les sentiments.
L'anthropologie chrétienne cherche au contraire, à unifier
la vie humaine dans son corps, son âme et son esprit. " Puisque
l'homme est un esprit incarné, c'est-à-dire une âme
qui s'exprime dans un corps et un corps animé par un esprit immortel,
il est appelé à l'amour dans sa totalité unifiée.
L'amour embrasse aussi le corps humain et le corps est rendu participant
de l'amour spirituel. " FC11.
Cette unification peut se réaliser dans le mariage ou dans le célibat.
Elle est toujours une tâche et se réalise dans le temps.
Ce qui permet de dire l'autre dimension du don : la dimension temporelle,
la dimension totale. Que signifierait un don pour quelques jours ? "
Donner, c'est donner ; reprendre c'est voler " dit la chanson.
Cette approche du don total et intégral, nous permet alors de rentrer
dans une approche plus globale de l'anthropologie chrétienne de
la conjugalité : l'approche de l'alliance ou de l'engagement.

Dans une alliance
L'alliance, c'est cet engagement indéfectible tel que Dieu le prend
et le renouvelle à l'égard de son peuple. Où l'engagement
porte sur soi. Dans un couple cet engagement est possible dans une réciprocité
dissymétrique car chacun veut l'autre plus grand. Mais chacun sent
confusément que dans cet engagement qu'il prend à l'égard
de l'autre se joue le sens profond de son être, une dilatation de
son être. Peut-être au prix d'une certaine kénose,
d'une certaine perte de soi en devant renoncer à la pure autonomie
de sa vie et de ses décisions mais en accédant aussi à
une autre vie qu'il ne pourrait connaître sans cette alliance qui
relève presque du miracle.
L'amour conjugal se fonde dans le pardon, le don par-dessus tous les dons,
plus encore que dans le sentiment amoureux. " Quoi tu m'aimes encore
alors que je ne le mérite pas ? ".
Il est plus pertinent de vérifier l'aptitude à l'engagement
dans une association de son futur conjoint, de voir comment il tient sa
parole dans des périodes difficiles plutôt que de se mettre
au lit ensemble tout de suite. Je suis de plus en plus convaincu de cela.
Pas d'amour sans la volonté d'aimer.
" Aimer, ce n'est pas sentir qu'on aime, c'est
vouloir aimer " . Xavier Lacroix. Ou encore dit-on au CLER et dans
d'autres lieux de sagesse. On ne s'aime pas seulement parce que
mais aussi malgré ou bien que
Il faut éviter de confondre sentir qu'on aime, aimer aimer, aimer
être aimé, vouloir aimer l'autre pour lui-même. Il
faut du temps pour comprendre et intégrer cela. Or bien souvent
on passe à l'acte avant même d'en avoir compris la moitié.
Le péché d'Adam et Eve
Il n'est pas sexuel, mais il touche aussi la sexualité
: Ils ne peuvent plus se voir nus sereinement. Le désir entre l'homme
et la femme est troublé. Ils sont obligés de s'habiller.

Quelques repères de morale fondamentale
Un juste rapport au temps : articuler présent, passé et
avenir
C'est un grand critère moral que de repérer dans un discours,
dans un mode de vie quel est le rapport au temps qui se déploie.
Entre le passé, le présent et l'avenir, quelle est la dimension
qui est privilégiée ou occultée ? Ce qui est humanisant,
c'est d'inscrire sa vie dans un juste rapport au temps où ces trois
dimensions sont articulées de manière équilibrée.
Vous comprendrez assez bien qu'un amoureux qui ne parle jamais d'avenir,
que des éducateurs qui ne prennent jamais en compte l'histoire
d'un jeune, que tel discours politique ou religieux ne faisant appel qu'aux
valeurs passées à restaurer sont autant d'indices d'un déséquilibre
profond dans l'approche du réel.
Un juste rapport au plaisir dans une articulation avec
le bonheur et la joie.
Notre société a valorisé la force et l'intensité
du temps présent. Ainsi les expressions comme " être
sincère, authentique ou spontané(e) " ont une petite
connotation écologique. Le retour du naturel est très à
la mode. Les jeunes ont une grande sensibilité à cet égard.
Ils rappellent, parfois à juste titre, aux " vieux "
qui se sont habitués à certains compromis que l'hypocrisie
n'est pas une vertu. Mais, le monde économique perturbe depuis
longtemps déjà le présent de notre vie. Pour pousser
à la consommation, il crée des désirs et suscite
leur assouvissement dans la foulée. Si l'on ajoute à ce
paysage la culture de la " non-frustration ", chacun comprendra
combien la sexualité, lieu de puissants désirs, peut-être
marquée par un tel environnement. Aujourd'hui, le plaisir est devenu
un tyran.

La langue française nous aide à sortir de cette tyrannie
en resituant la question du plaisir aux côtés de la joie
et du bonheur d'une part et dans le cadre du rapport au temps que je viens
de décrire plus haut.
Le plaisir a évidemment une très grande
affinité avec le présent. C'est dans le présent que
s'éprouve le plaisir, quel qu'il soit. Il est aussi très
intime, très personnel. Le plaisir, s'il peut à peine se
décrire, il ne peut se partager.
La joie a une grande affinité avec le passé. C'est bien
parce qu'ils étaient vrais et pas seulement sincères en
se disant " je t'aime " et que la parole donnée s'accomplit,
qu'un couple célébrant le dixième anniversaire de
son mariage peut goûter la joie de cette fête. La joie a une
grande affinité avec la fidélité. Or la fidélité
à une parole donnée et donnée nécessairement
à quelqu'un montre que la joie contient une dimension sociale.
Elle est plus partagée que le plaisir.
Le bonheur a partie liée avec le futur. Le bonheur, c'est la promesse
qui nous est faite. Et à vrai dire, il ne pourra jamais y avoir
de bonheur parfait si nous savons que quelques uns ici bas continuent
de pleurer, de souffrir ou encore de mourir de faim. Le bonheur a une
dimension universelle que ne contiennent pas le plaisir et la joie.
Ceci étant dit, il faut encore se rappeler que le plaisir, la joie
et le bonheur doivent être articulés ensemble. Comme l'écrivait
une femme mariée " le plaisir, c'est la cerise sur le gâteau.
Mais quand le gâteau n'est pas là, que vaut la cerise ? "

Le plaisir et les plaisirs.
C'est là une dimension de la vie humaine tout à fait importante
et en particulier lorsque l'on s'intéresse à l'éthique
de la sexualité.
On se souviendra tout d'abord que la réalité du plaisir
n'est pas exclusive à la sexualité humaine et que sa dimension
extrêmement personnelle fait qu'il est difficile de comparer entre
les personnes.
Ensuite, nous garderons en mémoire qu'il existe dans la société
un débat dont les extrêmes sont d'une part le droit au plaisir
et d'autre part la tyrannie du plaisir.
Je voudrais en particulier prendre un temps sur la
notion du plaisir qui est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît.
Je me suis inspiré en particulier d'un article très riche
d'Albert PLE .
Cet article est assez dense et technique. Il suppose, et parfois offre,
une bonne connaissance des trois auteurs cités dans le titre.

La catégorie générale du plaisir
Le plaisir est une catégorie plus vaste que le seul plaisir sexuel
chez Aristote et saint Thomas. " Mais les plaisirs du corps se sont
emparés pour eux seuls de ce nom de plaisir qui, par droit d'héritage,
devrait appartenir à toute la famille des plaisirs, parce que c'est
le plus souvent à eux que nous allons aborder et parce que tous
y ont part : parce qu'on ne connaît qu'eux, on croit qu'il n'y a
qu'eux. " Ethique à Nicomaque, VII, 14, 11, 53b. Autrement
dit, il existe toute une famille de plaisirs dont relève en particulier
le plaisir sexuel.
Le plaisir suppose la connaissance de la réalisation
d'une union effective ou affective entre le sujet aimant et l'objet aimé.
Pour qu'il y ait plaisir, il faut donc que le sujet ait conscience de
cette union.
A ce titre, le plaisir à le caractère " réaliste
" de l'amour. En effet, l'amour fait sortir de soi celui qui aime
afin de mieux connaître l'être aimé ; l'amour est extatique
et donc le plaisir aussi qui l'accompagne et le perfectionne (480).
Contrairement, à ce que l'on pourrait facilement croire, le plaisir
n'est pas une valeur mais un indicateur de la qualité d'un acte
sans pour autant dire que l'acte est saint ou peccamineux. Comme on le
verra plus loin, le plaisir n'est pas le bien en soi. En revanche, il
perfectionne pour chacun la vie qui lui est précieuse. (482-483).
C'est-à-dire que celui qui aime entendre de la belle musique va
affiner son ouïe comme le peintre son regard.
Saint Thomas oppose l'appétit sensitif à
l'appétit intellectuel. Sur ce dernier seul, on peut fonder une
appréciation décisive des choses. (485).
En fait, dans l'acte moral qui recherche toujours un bien honnête,
le plaisir n'est pas recherché pour lui-même, mais si cet
acte est mené à sa perfection, il est nécessairement
accompagné d'une délectation. Il ne peut y avoir d'acte
parfait sans delectatio.
Car si le plaisir n'est pas recherché comme la fin ultime, c'est
plutôt la beauté morale de l'action qui exerce sur l'homme
son attrait et qu'il se choisit pour fin ultime. Celle-ci, dans la mesure
où il l'espère et où il s'en approche, lui procure
la plus noble et la plus humaine des joies. (486)
" Ainsi le plaisir de l'homme vertueux est inclus dans la fin dernière
qu'il se donne. Il y est inclus, mais ne le constitue pas à lui
seul ni même à titre principal " (488).

Parce que quelqu'un agit toujours mieux lorsqu'il
aime ce qu'il fait et qu'il y trouve du plaisir, il est clair que le plaisir
est au service de la perfection de l'acte. " Il est bon et souhaitable
d'éprouver du plaisir à bien agir moralement ". (489).
" Si la plupart des hommes courent après les plaisirs du corps,
c'est parce que les biens sensibles sont mieux connus et de plus de gens.
Et aussi parce qu'ils ont besoin du plaisir comme remède à
maintes douleurs et tristesses ; la plupart, ne pouvant atteindre aux
joies de l'esprit, qui présupposent la vertu, doivent se rabattre
sur les plaisirs sensibles. " (490).
Et donc, " c'est un malheur naturel et immoral que de ne pas connaître
quelque plaisir dans les activités non seulement intellectuelles,
mais aussi sensibles. Ne pas pouvoir éprouver les premières,
c'est courir le risque de se rejeter avec intempérance sur les
plaisirs sensibles. Ou bien, si l'on avait commencé quelque action
vertueuse mais sans en éprouver quelque joie, on risque bien de
n'y point persévérer. " (491).
Reste alors la question de savoir si tout plaisir
éprouvé n'est pas l'indice d'un acte vertueux ? En fait
non. " Les plaisirs de l'homme vertueux, ce sont essentiellement
ceux qui perfectionnent les activités propres de l'homme, c'est-à-dire
la contemplation, au sens où l'entend Aristote ". (494). Autrement
dit, un plaisir sera dit bon au sens où il humanise celui qui l'éprouve.
Cela suppose toute une anthropologie et de savoir ce vers quoi tend tout
homme, quelle est sa fin ultime, son souverain bien. A ce titre, "
seuls les vertueux ont plaisir à bien agir. Le plaisir est donc
un des tests de la vertu " (495). " Une action est-elle moralement
bonne, le plaisir et le désir de ce plaisir le sont aussi ; ils
y ajoutent même une valeur morale. Si l'action est mauvaise, le
plaisir aussi est mauvais " (498).
" Le plaisir, loin d'être étranger à l'effort
moral, en est tout à la fois une des causes, aussi bien formelle
que finale et efficiente, et qu'il en est par là même le
critère le plus sûr : celui qui a plaisir à bien agir
moralement prouve par là qu'il est authentiquement vertueux et
sa juste appréciation de ce plaisir est la règle et la mesure
de la bonté morale. " (495).
" Nous conclurons provisoirement cette mise en place du plaisir dans
la vie morale en disant, avec saint Thomas, que ce qui importe à
la vertu, ce n'est pas la plus grande intensité du plaisir éprouvé,
mais la part qu'y prend l'appétit intérieur, c'est-à-dire
la liberté intérieure dans l'usage et le vécu même
du plaisir. " (499).

Freud et le plaisir
Une définition du plaisir de Freud selon De Saussure : " L'excitation
initiale perçue comme désir, l'acte qui comporte un apaisement
de la tension, la satiété qui annule l'excitation initiale
et enfin le souvenir du plaisir qui est un investissement résiduel
d'une trace mnésique. " (500-501). On voit bien que cette
description psychanalytique ne procède pas du même intérêt
que celui qui habitait l'approche morale d'Aristote et de saint Thomas.
En revanche la distinction entre principe de plaisir et principe de réalité
et leur articulation montre combien une bonne structuration psychanalytique
ou un bon rapport inconscient au plaisir permet et suppose un rapport
au temps équilibré et ajusté, ce à quoi est
très attentif le moraliste. " De fait, la substitution du
principe de réalité au principe de plaisir ne signifie pas
un découronnement du principe de plaisir mais sa sauvegarde. Un
plaisir momentané, au résultat incertain, est abandonné,
mais seulement en vue d'obtenir, par une voie nouvelle, un plaisir assuré,
mais à l'avenir. " (506). Cette remarque de Freud (Formulations
Regarding the Two Principles in Mental Functionning, in collected papers,
t. IV, p. 18, Hogarth Press, London, 1953). Présente beaucoup d'intérêts.
En effet, il n'y a pas opposition du principe de réalité
au principe de plaisir mais articulation. Et même, le principe de
réalité rend ce principe de plaisir en définitive
possible. On est assez loin d'une image d'un plaisir à assouvir
aussi vite que possible, de la culture de la non-frustration
Freud aboutit alors à une vision de l'âge adulte comme une
juste articulation de ces deux principes qui ne peut s'atteindre que dans
la séparation d'avec les parents : " Ainsi le primat donné
au principe de réalité sur le principe (primaire) du plaisir
est l'apanage de l'adulte et Freud remarque que la "suprématie
du principe du plaisir ne peut de fait cesser qu'avec un complet détachement
mental des parents " (507).

Une approche biologique du plaisir
" Réalité biologique, le plaisir s'étaye sur
un "système", le système hédonique, comme
la respiration se fonde sur l'appareil respiratoire, la circulation sur
l'appareil circulatoire et la vie psychique sur le système nerveux.
Ce système a ses propres centres dans le cerveau (l'Hypothalamus
et les centres limbiques) et ses propres molécules (les endomorphines
pour ne citer que les principales) secrétées par les neurones
de ces centres. Toute activité agréable, quelle qu'elle
soit met en jeu cette fonction et s'accompagne d'une augmentation des
endomorphines dans le sang : aussi bien les actes naturels les plus simples
(
) que les actes les plus élaborés (
). Nous
voyons que la nature est généreuse qui rend nos actes naturels
plaisants. Remarquons aussi l'unicité du phénomène
plaisir : entre l'orgasme de l'amoureux, l'ivresse du surfeur, la béatitude
de l'amateur de chocolat, le bonheur du musicien et l'extase du mystique,
il y a un dénominateur commun, les endomorphines, je devrais dire
le miracle des endomorphines.
Car ces endomorphines, et c'est en cela que le plaisir est un phénomène
psychologique capital, non contentes de nous offrir l'état de jouissance,
nous réservent d'autres bienfaits : elles apaisent l'anxiété,
stimulent la bonne humeur, atténuent les effets du stress, calment
les douleurs et stimulent les facultés intellectuelles. Elles sont
donc le traitement naturel de la souffrance, de la morosité, de
l'angoisse, voire de la dépression. " (Docteur Gérard
Leleu, Le Traité du désir, Ed Flammarion).

D'un point de vue plus pastoral.
" Un des critères de maturation, nous
dit Sur Véronique Margron, s'exprime dans la capacité
à éprouver du plaisir et à le reconnaître.
Je ne parle pas d'abord du plaisir sexuel, mais de celui qui se donne
de surcroît dans la rencontre avec un ami, dans un travail accomplir,
dans une promenade sur les bords de Seine, dans une prière habitée.
Consentir à éprouver du plaisir, c'est lâcher prise.
Si nous cherchons à commander le plaisir, il échappe et
laisse un goût amer. Le plaisir est un signe de maturation humaine
et spirituelle quand il est accueillir tel un don. Il peut alors s'articuler
avec le désir qui lui, vient du manque, et avec la volonté,
nécessaire dans la vie affective, pour la maîtrise des pulsions
et le passage des émotions au réel " .
Il s'agit donc d'éduquer au plaisir. Cette
remarque est très délicate comme vous le comprenez et pose
la difficile question du comment. Pour reprendre la distinction de Saint,
Thomas, il importe que nous apprenions qu'il existe d'autres plaisirs
que sensibles. Il existe des plaisirs intellectuels qui peuvent être
aussi des moteurs de nos actions. Faire découvrir ces plaisirs
est fondamental (celui du jeu en famille, d'un travail bien fait que l'on
a " plaisir " à réalise et à présenter,
d'une meilleure compréhension d'un problème que l'on a su
résoudre
Si ce travail éducatif n'est pas fait, le
jeune ne risque-t-il pas d'une part de ne pas avoir de goût à
de nombreuses dimensions de la vie humaine et d'autre part de se rabattre
uniquement sur les plaisirs sensibles et en particulier sexuels pour mesurer
la qualité de sa vie ?

Trouver une belle expression
Quelques soient les cultures considérées, les réalités
importantes bénéficient toujours d'une richesse de vocabulaire.
Ainsi dans le désert, les bédouins disposent de beaucoup
de mots pour décrire le chameau selon qu'il est jeune ou âgé,
mâle ou femelle, si cette dernière peut avoir des petits,
si elle en porte un ou si sa fécondité s'est tarie... Les
esquimaux sont tout aussi riches pour décrire l'état de
la neige : collante, poudreuse, ... Toutes les cultures disposent aussi
de beaucoup de vocabulaire pour évoquer ou décrire les relations
sexuelles. Ainsi en est-il dans la langue française.
Ces expressions ne sont pas neutres. Elles transportent avec elles des
valeurs ou des amertumes. Les mots qui sont dans notre coeur colorent
notre imaginaire, guident nos gestes, éclairent notre regard.
Lorsque nous parlons de ces " relations sexuelles " entre nous,
essayons de trouver l'expression qui en donne toute la dignité
et en même temps toute l'exigence.
Il faudra du temps et des dialogues. L'expérience aura sa part
d'influence aussi. Qu'importe. Quelque soit l'état de vie qui est
le nôtre, ayons à coeur d'en bien parler pour un jour le
vivre bien. Point n'est besoin de faire la liste. Les expressions ne sont
pas toutes belles, elles ne sont pas toutes équivalentes et ne
décrivent pas les mêmes situations. A chacun d'adopter ou
de construire la sienne, et de l'affiner au cours des ans.
Enfin, une chose l'expression, une autre le ton avec lequel on l'utilise.
On peut parler de tout cela de manière fanfaronne ou dénigrante.
La qualité de l'expression choisie aidera à trouver le ton
juste.

Quelques repères pour l'éducation affective
concrète
C'est la responsabilité première des parents.
J'ai lu dans les comptes-rendus d'enquête que les parents étaient
contents du travail d'éducation affective qui s'était fait
dans une aumônerie. Et c'est sûr qu'il peut s'y faire du très
bon travail.
Il est certain aussi que les parents d'aujourd'hui sont dans des contextes
éducatifs très difficiles et complexes. Les aides qu'ils
trouvent à l'extérieur de leur foyer leur sont parfois précieuses.
Cependant, il est important que ce soit bien eux qui maîtrisent
la sollicitation de cette aide et qu'ils ne se défaussent pas dessus.
C'est au nom du principe de subsidiarité que d'autres instances
peuvent collaborer à ce travail éducatif : " Les parents
sont les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants
et ils ont aussi une compétence fondamentale dans ce domaine: ils
sont éducateurs parce que parents. Ils partagent leur mission éducative
avec d'autres personnes et d'autres institutions, comme l'Eglise et l'Etat:
toutefois, cela doit toujours se faire suivant une juste application du
principe de subsidiarité. En vertu de ce principe, il est légitime,
et c'est même un devoir, d'apporter une aide aux parents, en respectant
toutefois la limite intrinsèque et infranchissable tracée
par la prévalence de leur droit et par leurs possibilités
concrètes. Le principe de subsidiarité vient donc en aide
à l'amour des parents en concourant au bien du noyau familial.
En effet, les parents ne sont pas en mesure de répondre seuls à
toutes les exigences du processus éducatif dans son ensemble, particulièrement
en ce qui concerne l'instruction et le vaste secteur de la socialisation.
La subsidiarité complète ainsi l'amour paternel et maternel
et elle en confirme le caractère fondamental, du fait que toutes
les autres personnes qui prennent part au processus éducatif ne
peuvent agir qu'au nom des parents, avec leur consentement et même,
dans une certaine mesure, parce qu'ils en ont été chargés
par eux " .
Cela commence tôt
Il n'y a pas d'âge pour éduquer. L'attitude chaste (qui ne
veut pas dire continente) des parents entre eux et à l'égard
des enfants (respect de l'avènement de la pudeur, prudence à
l'égard des attitudes incestueuses), discours respectueux à
propos de l'autre sexe
sont au début les éléments
essentiels de l'éducation de l'affectivité.
Selon les sexes
Il ne faut pas croire qu'en la matière, l'éducation
affective se contente de la sincérité et de la bonne volonté
des parents. Lorsqu'un enfant a encore ses deux parents, il est bon que
ce soit le père qui parle à ses fils et la mère à
ses filles. Lorsque qu'un parent se trouve seul pour l'éducation
affective, il est parfois de possible de déléguer à
un membre de la famille comme le parrain ou la marraine s'ils en ont la
compétence et bénéficient de la confiance.
De manière proportionnée
C'est toujours délicat, car il n'est pas facile
de dire ce qu'il faut, suffisamment et pas trop. Mais c'est cela qu'il
faut rechercher. Au moment de la puberté, une initiative doit être
prise par les parents.

Des modes éducatifs différents
Ils sont très variés mais peuvent se
regrouper de trois manières différentes. Vous aller retrouver
vos propres pratiques telles qu'elles sont révélées
par l'enquête qui a été analysée ce matin.
Et nous n'oublierons pas que dans chacun de ces cas de figure, soit vous
prenez une initiative, soit vous réagissez à un événement
interne ou externe au groupe dont vous avez la charge.
Le mode équipe d'adultes - jeunes
Les parents représentent un mode premier et
particulier de " l'équipe d'adulte " face à des
jeunes. Et pour reprendre un mot de Patrice Huerre , il n'est pas rare
que les troubles qui ont touché les parents dans leur propre adolescence
" traversent les cloisons " et rejaillissent lors de l'adolescence
de leurs propres jeunes. Mais si c'est vrai pour les troubles, cela doit
l'être aussi pour l'effort de vie chaste lorsqu'il habite le projet
de vie des parents.
Les aumôneries étudiantes relèvent aussi de ce statut
pédagogique où les jeunes sont en face d'une équipe
d'adultes. De même, les cloisons ne sont pas étanches entre
l'équipe éducative et les jeunes. Il est d'autant plus important
d'en avoir conscience que cette génération est particulièrement
attentive à ce que les attitudes et les gestes soient conformes
aux paroles.
Quelque soit le mode éducatif, de toute façon, le jeune
regardera la façon dont les adultes, les animateurs jeunes vont
se comporter. La chasteté, bien comprise comme une vertu dynamique,
et qui habitera les relations entre animateurs est à mon avis la
porte d'entrée de tout travail éducatif en matière
affective.

Le mode équipe d'adultes - équipe de grands
jeunes - jeunes
La grande majorité des mouvements de jeunes chrétiens ont
une structure à trois étages. Et chacun sait l'intérêt
pastoral qui consiste à faire participer des grands jeunes au projet
éducatif du mouvement en leur confiant une partie de ce projet
au service des plus jeunes. Participer au projet évangélisateur
du MEJ évangélise l'animateur lui-même.
Les scouts de France, qui ont des maîtrises souvent mixtes et parfois
des troupes co-éduquées ont tout à fait saisi l'importance
de ce double rapport en matière d'éducation affective. Bien
que les membres de la maîtrise soient majeurs et, à ce titre,
responsables d'eux-mêmes, leur responsabilité éducative
les oblige à se tenir de telle manière que leur comportement
ne trouble pas les plus jeunes. Cette pédagogie pourrait sûrement
être vécue de manière plus consciente. On devrait
pouvoir lire des articles sur le sujet dans les revues des mouvements,
ce qui est encore trop rarement le cas.

Les conférences-débats
C'est un peu le propre des associations d'avoir des pédagogies
centrées sur ce qu'on peut appeler rapidement des conférences-débats.
En fait les groupes rencontrés sont de tailles très variables
et le débat peut faire partie intégrante de la pédagogie
du début à la fin de la rencontre.
Les associations qui suivent ont un statut à part. Elles ne dépendent
pas toutes de l'Eglise Catholique et ont une autonomie considérable
dans leurs initiatives. En revanche, tous les responsables rencontrés
sont nourris de la foi de l'Eglise. Leur influence, leur expérience
et leur compétence méritent une attention particulière.
" L'association SESAME de Lyon, fondée par les époux
Stagnara, est peut-être la plus spécialisée, voire
la plus compétente en matière d'éducation affective
chez les jeunes. Sa pédagogie fondée sur l'anonymat strict
lui a permis de récolter plus de 400.000 questions de jeunes. Les
rencontres par classe, en l'absence des animateurs ou professeurs donnent
lieu à des réponses précises aux questions (aucune
question n'est éludée, le vocabulaire des jeunes est entendu)
et à des dialogues approfondis sur le sens de la vie et de l'amour.
Chaque jeune écrit son bilan en fin de séance. Des comptes-rendus
globaux écrits sont renvoyés aux jeunes eux-mêmes,
aux responsables de l'établissement et aux parents des plus petits.
Une rencontre des parents est toujours proposée. L'association
constate qu'il n'est pas nécessaire de faire plus d'une rencontre
par groupe de jeunes tous les deux ans.
" L'association EVA (Ecole de la Vie et de l'Amour) du professeur
Henri Joyeux a rencontré près d'1.000.000 de jeunes dans
toute l'Europe. Une demi-heure de conférence, et une heure de réponses
à des questions anonymes en face de groupe allant de 200 à
1.000 jeunes. Des positions claires, sans trop de nuances, sans éluder
le vocabulaire ni les questions posées assurent un franc succès
au conférencier. Il est souvent réinvité. Une rencontre
des parents est toujours proposée.
" Le CLER, qui n'a pas besoin d'être présenté,
vient de l'univers du conseil conjugal. Ils intègrent aussi une
pédagogie de l'anonymat. Le CLER intervient dans toute la France
grâce à un réseau bien établi. Enfin il faut
noter, là aussi, l'excellente réception des interventions
réalisées par cette association.
Ces associations interviennent à peu près pour un tiers
de leurs prestations dans des établissements publics !
" AMOUR et VERITE de l'Emmanuel participe à la formation des
jeunes couples qui se préparent au mariage chrétien. Cette
association signale que les sessions de Paray le monial intègrent
toujours pour les 13/15, 15/17 et 18/25 un temps spécifique à
propos de la sexualité. A la différence notable des trois
précédentes associations, tout ceci se réalise dans
un contexte explicitement chrétien.

La loi de gradualité
Tenir la loi et en présenter sa pertinence (pas de gradualité
de la loi).
Garder sa conscience
en éveil pour ne pas rater les chemins de progrès qui passeraient
à notre portée.
Ne pas se complaire dans nos limites. Mais pour autant rester en paix.
La loi de gradualité
est un principe pastoral précieux qu'il faut étudier de
près. N'hésitez pas à consulter un article plus consistant
sur cette quesqtion essentielle de tout dispositif moral.

Conclusion : Aimer, ça s'apprend
Les éducateurs montrent combien on met trop
de choses sous le terme amour. Lorsque l'on est jeune adolescent, on confond
facilement aimer sentir qu'on aime, aimer être aimé et aimer
l'autre pour lui-même. Il s'agit alors pour le travail éducatif
de l'affectivité de permettre, aux paroles amoureuses naturellement
sincères et pleines de désirs d'intégrer progressivement
la vérité, la volonté et un projet, c'est-à-dire
de devenir responsables de l'autre et de ses actes. Un tel passage prend
nécessairement du temps.
Pour les chrétiens, la sexualité est un don formidable du
Créateur. Mais sans l'amour responsable, sans l'agapè, la
sexualité n'est que cymbales qui résonnent. L'Eglise croit
que les relations sexuelles sont un sommet dans la relation de couple.
Son exercice peut même être le lieu de l'expérience
de Dieu lorsqu'elles expriment le don et l'accueil intégral de
soi et de l'autre.
L'intensité des relations sexuelles adolescentes
peut occulter le véritable enjeu de l'amour conjugal. En revanche,
les couples qui ont la volonté de s'aimer sauront toujours ajuster
les gestes de l'intimité sexuelle. L'apprentissage de l'amour privilégiera
alors l'aptitude
" à l'engagement (à tenir sa parole comme préparation
à des engagements définitifs),
" à l'écoute de l'autre et de ses différences,
" à la maîtrise de soi (différer des plaisirs,
choisir un bon vocabulaire
).
Le temps du collège et du lycée suffit à peine pour
y parvenir. En ce domaine plus que dans tout autre, il faut faire du temps
son allié.
© Bruno Feillet

Bibliographie et adresses
" JEAN-PAUL II, exhortation apostolique Les tâches de la famille
chrétienne (Familiaris consortio), 1981.
" JEAN-PAUL II, Lettre aux familles (Gratissimam sane), 1994.
" CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE, Vérité et signification
de la sexualité humaine, orientations pour l'éducation en
famille, 1996.
" PAUL VI, Humanae vitae, 1968.
" DURAND Guy, Sexualité et foi, synthèse
de théologie morale, Montréal, Fides, 1980.
" GUILLEBAUD Jean-Claude, La tyrannie du plaisir, Seuil, Paris, 1998.
" LACROIX Xavier, Les mirages de l'amour, Bayard/Centurion/Novalis,
Paris, 1997.
" LAGRANGE Hugues et LHOMOND Brigitte (Dir.), L'entrée dans
la sexualité, La découverte, Paris, 1997.
" PY Bruno, Le sexe et le droit, Paris, PUF, Que sais-je ? N°3466,
1999
" SPIRA Alfred, BAJOS Nathalie et le groupe ACSF, Les comportements
sexuels en France, La documentation Française, Paris, 1993, 352
pages.
" THÉVENOT Xavier, Repères éthiques pour un
monde nouveau, Salvator, Mulhouse, 1982.
" BEUKELAER Eric de, Ce sexe
qui n'est pas celui des anges,
Apprendre à vivre sa sexualité, Ed. fidélité,
Namur, 1998. 77 pages.
" DHARREVILLE Pierre, Vivre en couple, Coll. Les jeunes et Dieu,
Ed. de l'atelier, Paris 1999, 110 pages. 68 francs.
" JOYEUX Henri, Je suis amoureux, tu es amoureuse, Ed. F.-X. de GUIBERT,
Paris, 1995, 97 pages. 40 francs.
" MOURRAL Isabelle, L'amour et la vie. Guide d'éducation affective
et sexuelle pour les jeunes, Ed. Droguet & Ardant, Paris, 1995, 141
pages. 78 francs.
" MOUVEMENTS CHRETIENS, Amour, sida, sexualité, des mouvements
chrétiens prennent la parole, Ed. Nouvelle cité, Montrouge,
1998, 145 pages. 72 francs.
" SONET Denis, Découvrons l'amour. Pour ne pas aimer idiot,
Ed. Droguet & Ardant, Limoges, 1990, 255 pages. 129 francs.
" SONET Denis, Réussir notre couple, Ed. Droguet Ardent, Limoges,
1987, 170 pages.
" http://bfeillet.free.fr (un site de morale : Que faire ?)

Adresse des associations citées :
AMOUR et VERITE : B.P. 104 - 92203 Neuilly/Seine Cedex. : 01 47 45 96
30.
CLER : 65, boulevard de Clichy, 75009 Paris. : 01 48 74 87 60.
EVA : (Ecole de la Vie et de l'Amour) 9, rue Calmette, 66100 Perpignan.
: 04 68 50 11 64.
SESAME : Garanches, 69460 Odenas. : 04 74 03 41 89.
1. Dans les mirages de l'amour.
2. Albert PLE, " Le plaisir selon Aristote, saint
Thomas et Freud ", in le Supplément, N°67, 1963, p. 475-514
3. Véronique MARGRON, " Vie affective et
vie consacrée " in Entre cur et raison. L'éducation
affective et sexuelle, Les Cahiers d'Edifa N°15, Publications Famille
chrétienne, p. 84.
4. Lettre aux Familles, Gratissimam sane, n° 16.
5. Patrice HUERRE, L'adolescence en héritage,
Paris, Calmann-Lévy, 1996, p. 35. L'auteur est psychiatre et psychanalyste.
Il reçoit des étudiants et des lycéens.

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