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INTRODUCTION
Le réseau des réseaux, internet, se déploie à vitesse exponentielle dans le monde occidental. Le nombre de personnes connectées augmente chaque jour grâce à des campagnes d’abonnement efficaces prenant en compte l’accès à Internet et les temps de communication téléphonique. La montée en puissance de ce nouveau média est telle que désormais les propriétaires de sites font de la pub payante pour qu’on vienne surfer sur leurs pages d’accueil, là où se trouve les publicités qui rémunèrent leur travail. Ce nouveau média pose des questions particulières au sujet qui nous occupe : l’éthique de la sexualité :
I. Un média pas tout à fait comme les autres
Internet est un média, un immense système de transmission d’informations tant textuelles, que sonores ou visuelles. Il peut même être qualifié de mass-média au même titre qu la radio ou la télévision tant le nombre de personnes qui y ont accès est élevé, tant le nombre de sujets et de domaines abordés est varié bien plus que pour la presse écrite, les radios ou les télévisions. En effet, avec un tout petit budget d’une centaine de francs par mois, n’importe qui peut mettre sur le réseau les informations qu’il souhaite allant de la culture du petit pois aux éclipses solaires, de la dernière encyclique du Pape à la vente aux enchères d’objets ayant trait à la culture nazie, de la visite virtuelle des plus beaux musées du monde à la webcam qui vous montre s’il y a du monde au carrefour de Timesquare. Comme tous les médias, le réseau internet n’a pas de valeur morale en soi. Il relève de l’approche générale des mass-médias que fait l’Eglise. Ainsi, en 1975, dans l’exhortation apostolique Annoncer l’Evangile aux hommes de notre temps (1), Paul VI rappelle qu’il existe différentes voies pour l’évangélisation et qu’il importe de rechercher et d’adapter les moyens de notre temps avec « audace et sagesse » pour vu qu’ils permettent aux pasteurs d’être « fidèles au contenu » (N°40). Les différents moyens énumérés sont au nombre de 8 : 1. Le témoignage de vie (41) 2. La prédication vivante (42) 3. La liturgie de la Parole (43) 4. La catéchèse (44) 5. Les mass-médias (45) 6. Les contacts personnels (46) 7. Le rôle des sacrements (47) 8. La piété populaire (48)
L’ordre, bien sûr, n’est pas indifférent. En ce qui concerne les mass-médias, Paul VI affirme que « mis au service de l’Evangile, ils sont capables d’étendre presque à l’infini le cham d’écoute de la Parole de Dieu, et ils font arriver la Bonne Nouvelle à des millions de personnes. L’Eglise se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne mettait pas en oeuvre ces puissants moyens que l’intelligence humaine rend chaque jour plus perfectionnés. C’est par eux qu’elle « proclame sur les toits » le message dont elle est dépositaire. En eux, elle trouve une version moderne et efficace de la chaire. Grâce à eux, elle réussit à parler aux masses ». (N°45). La puissance des moyens qui sont le fruit d’une autonomie de l’homme bien comprise est tout à fait utilisable par l’Eglise, et d’une certaine manière, elle l’a toujours été.
Je vous propose sept différences essentielles qui font de ce nouveau média quelque chose de très spécifique et de très original. Son originalité réside en effet,
C. Un média lié à l’informatique En 1986 est paru en France « Les enfants de l’ordinateur » de Sherry Turckle (2). L’auteur est une psychologue qui étudie le retentissement de l’avènement de l’ordinateur et autres jouets électroniques dans la vie des utilisateurs au début des années 1980. Elle s’intéresse en particulier à deux types de population : les enfants et les hackers (3). Elle montre combien « l’ordinateur est un nouveau miroir, la première machine psychologique. Au-delà de sa nature en tant qu’engin analytique, il possède une deuxième nature en tant qu’incitatif » (4). L’influence de l’ordinateur peut se faire sentir sous trois types de modalités : au plan métaphysique dans le domaine de l’intelligence artificielle (qu’est-ce que l’esprit humain?), au plan de la maîtrise pour le hacker (miroir de la puissance qu’il faut apprendre à maîtriser et donc convocation du voeu de toute puissance de l’utilisateur) et au plan de l’identité pour le possesseur d’un ordinateur personnel (qu’est-ce qu’un être humain ? en quoi se distingue-t-il de l’ordinateur ? Par la sensualité, les émotions, ... ?) (5). Ces trois types d’influence décrivent trois modes de relation à l’ordinateur qui ne sont pas exclusives. Autrement dit, l’auteur constate que « du fait de son interactivité, de son "caractère animé" (le fait qu’il parle, qu’il joue, qu’il gagne, qu’il "sache" des choses) et de la possibilité qu’il offre de s’exercer au contrôle et à la maîtrise, l’ordinateur participe en fait à la fois au développement intellectuel et émotionnel. » (6) En faut-il pour preuve ce séminariste tout juste sorti d’une école d’informatique et qui, à chaque fois qu’il devait modifier l’approche d’un problème, affirmait qu’il se « reformatait » (aspect identitaire et de miroir de la relation à la machine). Ou encore cette religieuse qui disposait d’un ordinateur de marque Victor. Et elle parlait sans cesse, et non sans humour, de « son » Victor. (aspect émotionnel de la relation à la machine). Sans doute qu’il ne faut pas forcer ces exemples. Cependant Sherry Turckle affirme qu’elle a rencontré des cas « purs » des modèles qu’elle a pu établir. En tout cas, dans ces deux exemples, il y a un évident rapport identitaire et affectif à la machine logique qu’est l’ordinateur. Et lorsque l’ordinateur traite de l’information liée à la sexualité, vous percevez combien l’interaction (sans être automatique) peut être forte tant sont mis en relation le domaine de la maîtrise avec celui de l’affectivité. Le psychiatre Robert Gellman, chef de service à l’hôpital de la Maison Blanche et professeur de sexologie à Valence en Espagne, fait une remarque fort intéressante sur le thème « sexe et machine ». Pour résumer son propos, il remarque que la publicité, pour vendre des machines (voitures, machines à laver, ...) utilise des modèles sexuels. Et par contrecoup, comme par un retour de boomerang, à force d’associer machine et sexualité, le spectateur en vient petit à petit à considérer la sexualité elle-même comme une machine que l’on peut faire réparer, remplacer, voire modifier.
Et en bon freudien qu’il est, il finit par écrire « la machine, c’est la concrétisation du rêve de "l’homme" concernant sa libido et le fonctionnement de son sexe. L’homme rêve d’un "pénis-outil" de plus en plus puissant, efficace, rapide, aux modes de fonctionnement variés, en un mot plus performant. Les outils, les machines que l'homme fabrique ne sont peut-être que ce sexe super performant dont il rêve » (7). Et lorsque l’homme rencontre des images sexuelles sur l’outil ordinateur qui lui renvoie comme en miroir son voeu de toute puissance, on peut percevoir à quel point, sur certains terrains fragilisés, le visionnement d’actes sexuels peut devenir une dépendance réelle et provoquer des passages à des pratiques prégénitales, masturbatoires plus ou moins compulsives le tout favorisé par l’aspect anonyme, et l’usage solitaire du média en question. Pour conclure cette première partie, il est clair qu’Internet est un nouveau média. Comme média, il n’a pas de valeur en soi et il est déjà largement utilisé par l’Eglise au service de l’évangélisation. Mais sa spécificité médiatique qui consiste à regrouper tous les autres médias via l’outil informatique (qui associe plus qu’on ne le croit affectivité et toute puissance) dans un contexte d’anonymat fait que lorsque son usage porte sur la sexualité, son impact est plus fort. Etudions tout cela plus en détail. II. Sexualité et internet : un état des lieux. Les articles ne manquent pas dans la presse spécialisée (informatique) jusque dans le très sérieux Le Monde (8) qui font l’état des lieux quant à la mise à disposition et à l’accès aux données portant sur la sexualité et en particulier sur la pornographie. Un livre très intéressant permet aussi d’y voir plus clair, c’est celui de Pascal Leleu, sexologue à Amiens (9). Il ressort de ces écrits que la sexualité et en particulier l’exposition d’actes sexuels sur Internet relève, principalement, de trois catégories différentes : la pornographie commerciale, l’exhibitionisme, le voyeurisme. On trouve même des sites sur les sex-addicted (10), c’est-à-dire les personnes dépendantes des sites portant sur la visualisation d’actes sexuels sur le réseau internet. Après une description un peu plus affinée de cet univers, je tâcherai de travailler avec vous ce qu’il peut en être de la tâche éducative dans une famille ou de l’accueil dans l’accompagnement spirituel de personnes touchées par des passages à l’acte de ce genre. Il est très difficile de savoir le nombre de sites qui portent d’une part sur la sexualité et d’autres part sur tel ou tel type de sexualité (pornographique, exhibitionniste, voyeuriste, sexologique, ...). Il s’en ouvre et s’en ferme tous les jours. Certains le sont par des professionnels, d’autres par des amateurs en mal d’émotions. Ce qui est sûr, c’est que le mot « sexe » est le premier de tous les mots que l’on demande à un moteur de recherche ou encore à un annuaire. Pour aborder ce sujet, je me suis appuyé sur l’ouvrage de Patrick Baudry, « La pornographie et ses images » (11) . Cet ouvrage ne traite pas directement de la pornographie sur internet puisqu’il s’agit d’une enquête sociologique sur les cassettes vidéo, les acteurs, les producteurs et les visionneurs. Il reste que cette approche peut sans doute être un moyen correct d’appréhender ce qui se joue sur internet. Il ressort de cet ouvrage que la pornographie est assez difficile à définir de manière simpliste. Et les distinctions pornographie - érotisme sont parfois oiseuses. Il reste que l’on peut mettre quelques remarques ensemble et donner par là le cadre de la pornographie. Il y a l’aspect juridique du classement des images en X ou pas X. Ceci conduit à des lieux de vente spécialisé. Il faut tenir compte de l’aspect commercial. Malgré le peu de produits proposés dans leur catalogue, les cassettes pornos représentent 30% des ventes de cassettes vidéos par correspondance. Il n’y a pas de scénario. D’ailleurs, ce n’est pas ce que cherche les clients. La plupart coupent les scènes de transition. Certains vont jusqu’à se passer le film à l’envers. Certains se contentaient des films cryptés de canal plus première mouture. Puisqu’il n’y a pas de scénario, l’ennui est de rigueur. Seule la fascination de ce qui est montré est le moteur d’achat de telle sorte que le spectateur puisse se projeter dans la scène quelque soit la scène. Peu importe alors l’ordre dans lequel les événements se déroulent. Puisque de toute façon la variété ne peut être bien grande. De toute façon, le client aura droit à la totale. Les images X morcellent le corps, le réduisent aux seules parties génitales. Les acteurs font surtout de la gymnastique. Tout est simulé, truqué. La bande son n’est jamais prise en même temps que les images. Invariablement les interviews des actrices attestent qu’elles ne prennent aucun plaisir. Lorsque l’on se souvient que selon X. Thévenot la sexualité pour être sensée devait intégrer trois dimensions : relationnelle, fécondité, plaisir, ici, il est clair qu’aucune des trois n’est présente. C’est dire qu’en fait les acteurs jouent à faire l’amour ou plus précisément, comme le suggère Patrick Baudry « font du faire l’amour ». Puisqu’il s’agit de produire non pas du sens mais des émotions, à un moment donné, les émotions s’émoussent face à la répétitivité des scènes. D’où pour susciter la même émotion, une évolution de la production vers des scènes de plus en plus « hard ». En quarante ans, sont ainsi apparues les scènes de couples, puis homosexuelles, à plusieurs, puis avec violence, sado-maso, puis avec de l’hyper-réalisme (hard crad),... Cette évolution est inévitable et n’a pas de fin. Sexualité et violence ont une affinité plus grande qu’il n’y paraît à première vue. Devant un tel tableau, on peut sincèrement se demander pourquoi il y a tant de clients ? D’autant plus que ceux qui font les enquêtes disent s’y être ennuyés et en avoir soupé jusqu’à la nausée. En fait les visionneurs de cassettes sont dans une logique de répétition. On pourrait dire répétition du plaisir puis plaisir de la répétition. Patrick Baudry tente une autre explication : « L’hallucination consentie jusqu’au bout constitue l’occasion d’une résolution de l’attraction. Mais aussi l’enjeu peut-être celui d’une dilution dans le sexe chosifié et d’autant plus prégnant qu’il tient de la chosification. Se diluer, tenter de s’abolir en consentant au trouble que génère l’illusion d’une exactitude depuis laquelle - cette exactitude illusoire -, le désir se relance. Ces deux possibilités ne sont pas contradictoires : il s’agit d’échapper à l’excitation et de réactiver une capacité imaginante depuis le « lieu » même de son exténuation. Paradoxalement, mais c’est bien l’ironie de l’image X et l’ironie qui lui répond de son usage, la photo porno constitue l’incitation la plus pénétrante à se débarrasser des images. On peut ainsi comprendre qu’on ne puisse s’en lasser, que chaque image « identique » soit toujours l’occasion d’une autre image, et que le contenu de l’image compte moins que ce que ce contenu provoque particulièrement comme vertige d’annulation et de l’image et de soi. » (12) En fait, le spectateur ne serait donc pas dupe puisqu’il consent à l’hallucination. L’ambiguïté de son geste et pourquoi il en est captif relèverait en fait de la volonté de satisfaire le désir de voir tout en sachant que tout ceci n’est qu’illusion ; et dans le même temps de faire mourir le désir et lui donnant par là même l’occasion de pouvoir renaître. Au fond le client n’apprend rien de neuf, il a déjà tout vu. Seul compte la sensation de ce vertige avec le risque inévitable de la course en avant pour produire ce vertige qui s’émousse petit à petit. Comme l’effet d’une drogue. C’est sans doute pour cela que l’on connaît maintenant l’expression « drogué du sexe » et que surgit des associations comme les sexaholiques anonymes. Quelques remarques : Ceux qui fréquentent les sites et qui voudraient « s’en sortir », n’auraient-ils pas à faire un travail sur eux-mêmes du point de vue de la rationalité.
L’exhibitionnisme consiste à s’exhiber nu et en particulier ses organes génitaux ; mais aussi à s’exhiber entrain d’accomplir des actes sexuels et de tirer du plaisir ou un surcroît de plaisir du fait même d’être vu. On voit bien la perversion des auteurs qui détournent le geste de l’intimité de sa dimension relationnelle intime et exclusive pour tirer le principal bénéfice de ce qui lui est contraire, à savoir la publicité. Pascal Leleu décrit le cas d’une femme qui vient consulter pour relations sexuelles douloureuses. Margot finira par expliquer qu’en fait son mari l’exhibe sur internet, qu’elle fait cela pour lui faire plaisir. Le sexologue comprend par là que lors des relations sexuelles, le corps se venge. Il est donc clair que Margot joue pour son mari. En fait, il n’y a là encore que de l’artificiel, que de la comédie, de l’illusion que le cyberspectateur veut croire. Dans ce cas, on constate aussi une course en avant dans le matériel utilisé par le mari : photos scannées, photos numériques, webcam, course en avant dans l’audace des poses... tout cela révélant plus ou moins une « intégration - ou non intégration - des désirs bisexuels dans la structure psychique du créateur : il semble que la dimension des désirs homosexuels exprimés au travers la relation avec les spectateurs, dans laquelle Margot est utilisée comme médiateur, est à explorer » (13). Sans insister sur ce cas, il est clair que là aussi, il s’agit de la quête d’un certain vertige qui pour être maintenu conduit à un « toujours plus » dans le matériel ou dans les poses. Le matériel étant là sans doute comme le pénis-machine dont parlait Robert Gellmann dans la préface de l’ouvrage. « Les outils, les machines que l'homme fabrique ne sont peut-être que ce sexe super performant dont il rêve » (14). Le voyeurisme consiste à tirer du plaisir ou un surcroît de plaisir dans le fait de voir la nudité, les organes sexuels d’autrui ou encore dans le fait de voir les ébats d’un couple. C’est là aussi une forme de détournement de la sexualité par la chosification et l’utilisation de la sexualité d’autrui à son insu. Le fait de voir sans être vu étant le principal bénéfice du voyeur. Sur internet, on peut comprendre que l’exhibitionniste qui cherche à être vu peut entrer dans un jeu particulièrement pervers avec le voyeur qui signale son passage mais qui en même temps n’est pas vu comme il voit. En fait, il ne peut y avoir de véritable voyeurisme sur internet puisque toutes les photos sont exhibées volontairement. Il se peut qu’on exhibe des images volées mais alors on tombe, pour peut qu’on veuille le croire, dans la vision du voyeur et non pas dans du voyeurisme. L’illusion, l’hallucination sont toujours à l’oeuvre. 4. Les discussions sur le net. Ici, l’illusion se redouble car on ne voit pas qui écrit. Et donc tout peut être mensonge tel qui se prétend femme peut être un homme, ... Il existe quelques relations durables qui ont débuté sur internet. La presse les monte en épingle. Mais en général là aussi ce n’est que prétexte à une sortie d’un soir lorsque ça va jusque là. Certains tombent alors dans une forme de donjuanisme, c’est-à-dire une collection de conquêtes dont on ne retient évidemment même pas les prénoms. Il y a là aussi de véritables problèmes psychologiques qui méritent à ce stade de véritables consultations avec un psychologues à tout le moins. 5. Les dépendants du cybersexe. Ici, nous rentrons dans le point de vue de ceux qui regardent et ne peuvent plus se passer de ces heures interminables à surfer de site en site, pour voir et revoir, ou comme pour le cas de Pierre cité par Pascal Leleu qui fréquente les sites amateurs où il espère voir son voisin ou sa voisine et vit dans l’anxiété de rater le moment où l’image serait affichée. On appelle plus communément ces personnes des sex-addicted à l’instar de ceux qui sont dépendants de l’alcool ou de la drogue. D’une manière générale, l’addiction « recouvre un ensemble de conduites agies dont les traits caractéristiques peuvent être définis par la recherche avide d’un objet, la répétition de l’acte, l’apparente dépendance de l’objet choisi, l’utilisation risquée du corps, la recherche de satisfaction immédiate, la proximité de la mort et de la destruction » (15) . Cette définition qui vaut bien sûr pour l’univers de la drogue, vaut aussi sans doute pour les dépendants du cybersexe. Dans le domaine de la cyber-sexualité, l'addiction est une succession de manque-souffrance et de résolution-plaisir, qui constitue un système fermé dont les caractéristiques sont la répétition et l'incapacité de renoncer au comportement. Si on se réfère aux questionnaires sur l'addiction, il semble évident que les comportements compulsifs de sexualité virtuelle relèvent de cette logique, mais il s'agit de questionnaires relatifs aux conséquences des comportements. Ainsi les caractères suivants, s'ils ont duré plus d'un mois ou s'ils se sont répétés pendant une période plus longue, définissent l'addiction :
Cependant, il faut distinguer l'addiction de l'hypersexualité. L'addiction n'est pas en lien direct avec la quantité mais avec le caractère incontrôlable de la pulsion. Alors que l'hypersexuel garde un contrôle sur sa pulsion, même si sa satisfaction n'est que de courte durée et requiert de sa part un autre acte, la recherche d'un autre acte à une fréquence élevée (17). Enfin, face à la révélation de leur addiction, les netaddicts ont une tendance à nier le fait de plusieurs manières :
Il reste que la possiblité de sortir d'une telle "habitude", d'une telle "dépendance" ne relève pas de la simple volonté. On verra à la fin de ce travail comment l'Eglise approche la réalité de ceux qu'elle nomme "habitudinaires" mais les psychologues qui travaillent avec les dépendants de l'alcool, du jeu ou du sexe savent qu'i n'y a pas de recettes miracles. Il faut beaucoup de temps, accepter qu'il y ait des rechutes, ne pas croire qu'une amélioration signifie la guérison complète et définitive, ne pas désespérer lorsqu'il y a rechute, ... 6. Il y a de bonnes choses tout de même Il faut tout de même éviter de dresser un tableau trop noir. Car de fait, il existe aussi des sites sérieux de sexologie, de préparation au mariage chrétien... où la question de la sexualité est évoquée correctement. Ainsi pour la famille, on trouve des sites comme :
En conclusion Les netaddicts ont un comportement compulsif. Ils pratiquent souvent une plongée en toute sécurité (solitude et anonymat) dans les fantasmes prégénitaux et retrouve immédiatement après le statut adulte, comme si de rien n'était. Il reste que ce sont des personnes qui souffrent en général parce qu'elles ont du mal à trouver et conserver un usage équilibré d'internet et de ses contenus.. Cette souffrance doit être traitée et parfois prise en charge. Comme le dit Pascal Leleu « d'une façon générale, les troubles rencontrés relèvent plus souvent de la névrose et beaucoup plus rarement de paraphilies » (18). Il reste que l'accompagnement spirituel, lorsque les cas ne sont pas pathologiques, peut aussi être un chemin pour retrouver l'équilibre perdu pour des raisons aussi diverses que le hasard, un échec affectif, une solitude difficile à vivre, ... Mais avant de proposer un chemin spirituel de guérison, il nous faut essayer de proposer une attitude éducative qui prévient, tant que faire se peut, ce genre d'écart qui suscite souvent beaucoup de culpabilité.
III. A LA RECHERCHE DE PRATIQUES EDUCATIVES ET RESTRUCTURANTES. Ce dernier chapitre veut aller dans deux directions. La première concerne l'attitude que doivent avoir des parents par rapport à internet et leurs enfants. La seconde essaye d'analyser comment réagir après une éventuelle « transgression ». La présence de sites pornographiques et de violence sur internet est une cause de résistance à s'abonner avérée chez les parents. D'autres peurs existent comme celle de transmettre des informations à des inconnus. Ce type de peur est repéré chez un parent sur deux en Grande Bretagne (19). Les discussions que j'ai pues avoir avec des familles, les propositions éducatives que publie Famille Chrétienne (20) permettent de cerner ce que pourrait être une pratique éducative auprès des jeunes qui seraient abonnés à internet. Voici quelques critères : 1. D'un point de vue relationnel
3. D'un point de vue de la prudence responsable
La question de la transgression est très complexe. Elle a fait l'objet d'un colloque de l'ATEM (Association de Théologiens pour l'Etude de la Morale) en 1981 dont les principales interventions ont été publiées dans le N° 140 du Supplément en 1982. Je n'ai donc pas la prétention de faire ici le dossier complet mais de donner quelques repères. Au niveau étymologique, transgresser signifie passer à travers ou encore marcher de travers (21). La première signification comporte un aspect plus positif que l'autre. Rappelons ensuite que si tout péché est une transgression, toute transgression n'est pas nécessairement un péché. Il est par ailleurs assez étonnant que tout le colloque se soit centré principalement sur l'aspect positif et subjectif de la transgression. Car, s'il est exact que certaines transgressions personnelles et collectives, ont pu permettre à des personnes ou à des sociétés d'évoluer, il y a des transgressions qui relèvent du péché et de la faute. Et cependant, même dans le cas d'une faute reconnue comme telle par le sujet, il a pu se jouer simultanément quelque chose du positif qui peut accompagner certaines transgressions comme le fait de s'assumer comme sujet autonome contre une autorité parentale ou contre une institution. Même la culpabilité et le repentir qui feraient réintégrer le sujet dans l'ordre familial ou social, ne peuvent effacer ce nouveau statut, cette nouvelle identité, qui doit faire le deuil de la précédente identité. Ainsi en est-il des jeunes qui perdent leur virginité dans une période de folie et qui finissent par retrouver une stabilité affective et continente. Mais il est des transgressions qui engendrent des nouveaux comportements sur lesquels on ne pourra sans doute plus revenir d'ici longtemps. Ainsi, jusqu'à peu, les femmes n'avaient pas accès au droit de vote. Les manifestations des femmes revendiquant ce droit représentaient une véritable transgression sociale. La résolution de cette transgression fut d'accorder ce droit. Et par conséquent, les femmes et la société tout entière ont dû se trouver une identité un peu différente. Il reste que les transgressions sociales peuvent engendrer des résultats bien différents qu'il faudrait se garder de systématiser un peu facilement. Comme le suggérait Liliane Voye (22), quatre remarques s'imposent. Pour les entendre, je propose que l'on considère le phénomène de la cohabitation juvénile : Les « nouveaux modèles » ne sont pas toujours synonymes de progrès comme on a parfois tendance à l'imaginer. ( ... ). Les nouveaux modèles auront normalement plus de chance de s'imposer qu'ils le feront par transformation progressive. ( ... ). L'appel au rétablissement de l'ordre peut être entendu aussi bien par les représentants des modèles émergeants que par ceux des modèles mis en question (ces derniers disposant de tous les moyens organisationnels, matériels, communicationnels dont les autres sont dépourvus). Enfin, le retour à l'équilibre (nouveau ou ancien) dépend entre autres de propositions alternatives concrètes susceptibles de produire de nouvelles identifications. Par exemple, on attend que le législateur prenne position quitte à confondre le légal avec le moral. Retenons, de cette esquisse que dans la transgression se joue toujours une affaire d'identité personnelle mais aussi sociale ; que la résolution de la transgression peut se jouer par des rites divers (pénitence, loi nouvelle, ... ) par un retour à l'ordre précédent ou par une évolution vers un autre ordre ; enfin que si tout péché est une transgression, toute transgression n'est pas nécessairement un péché. C. UN TRAVAIL AU NIVEAU SPIRITUEL ET DE LA GUERISON. Après avoir dressé les principaux éléments qui concernent notre question traitant de la sexualité sur internet, il me reste à proposer un chemin de reconstruction pour tous ceux et toutes celles qui seraient « tombés dans le panneau » de cette illusion ou de cette comédie permanente qui se joue sur internet. Quand on tombe, on peut se faire mal et on peut tomber durablement d'autant plus que la sexualité par son objet même comporte une dimension de fascination qui aveugle le jugement et favorise cette répétition. Or quelle libération pour ceux qui ont pu en sortir. Le travail raisonnable et psychologique peut parfois suffire mais pas toujours. Ce dernier chapitre propose une approche plus spirituelle afin que celles et ceux qui cherchent le secours de la grâce de Dieu puisse la trouver d'une manière plus rapide et efficace qu'en partant à l'aveuglette. Pour ce faire je vous propose de travailler avec trois
sources différentes : une adaptation de la méthode antirrhétique
d'Evagre le Pontique, une lecture de l'Evangile de Zachée et un
travail sur la question des images chez Jean Tauler, mystique rhénan
du XIV' siècle. Voilà trois sources plutôt anciennes
pour affronter une question extraordinairement moderne. Mais, sur le terrain
de la spiritualité, nous le savons, la Parole de Dieu et ceux qui
s'en inspirent sont toujours d'une étonnante actualité. 1. La méthode antirrhétique d'Evagre le Pontique Evagre était un moine du Pont en Asie Mineure. Mort vers 399, il est, de loin, l'écrivain qui a le plus influencé le monachisme oriental (23). Pour lutter contre les démons, Evagre a mis au point une méthode, la méthode antirrhétique. C'est-à-dire qu'elle consiste à opposer aux tentations du démon par une Parole de Dieu appropriée. Ainsi lorsque l'on est tenté par le démon de la nourriture (désirer manger) ou encore de la propriété (désirer acheter) eh bien ! il faut opposer la parole du psaume du bon berger: « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Il avait ainsi trouvé dans les Ecritures des paroles qui répondait à chacun des démons qui pouvaient l'agresser, lui ou tout autre moine. L'intérêt de cette méthode est multiple : Sélectionner une Parole précise suppose d'avoir au préalable repéré et nommé le démon en question. Or, il n'aime pas être démasqué. Chez Ignace de Loyola, le démon à plusieurs caractéristique dont celui de l'amoureux frivole qui s'enfuit dès qu'il est découvert. Ensuite, énoncer une Parole de Dieu, c'est dans le même temps se recentrer sur Celui qui est à la source de ma vie et se détourner du démon. Et la parole de Dieu est forte. Or comme le dira saint Ignace plus tard, l'ennemi de la nature humaine se comporte comme une femme qui est faible lorsqu'on use de la force. La Parole peutrenverser bien des tentations. Enfin, cette méthode a pour effet de sortir de l'imaginaire et de rentrer dans le réel. La Parole prononcée nous replace dans une relation ajustée au Créateur alors que le démon oeuvre pour une clôture de la créature sur elle-même. Retenons donc cette méthode qui consiste à opposer une Parole à une tentation. Dans l'Evangile, il n'en est pas autrement. Je ne vous rappelle pas l'Evangile de Zachée en Lc 19, 1 -10. Que lisons-nous ? Jésus a vu sa demande d'être invité accueillie parce que Zachée avait au fond de lui déjà un désir à l'égard du Christ. Désir timide, mais suffisant. C'est lors du repas que Zachée propose, comme un homme si j'ose dire, avec des chiffres des quadruples et des moitiés (alors que la pécheresse pardonnée choisira un geste beaucoup plus féminin pour manifester sa conversion : de répandre un parfum très pur, très coûteux aussi). Mon interprétation est la suivante. Zachée décide de se convertir alors que Jésus ne lui a fait aucun reproche. Mais le seul fait que Jésus mange dans sa maison, se nourrisse d'une nourriture acquise et préparée avec de l'argent malhonnête devient insupportable à Zachée. Il ne peut pas servir deux maîtres. Il choisit de garder le Christ. En termes plus spirituels, il est assez clair que si l'on accueille le Christ au coeur de sa maison, il est inévitable qu'à plus ou moins court terme, il y ait des attitudes, des gestes qui nous seront absolument insupportables. Encore faut-il accueillir régulièrement le Christ dans la prière et la confiance.Lorsque nous accompagnons des personnes qui vivent des choses difficiles parrapport à l'argent ou à la sexualité, accueillir vraiment le Christ au milieu de cette vie, avant même d'avoir vraiment changé de vie, c'est introduire l'eau vive là où tout s'asséchait. Les accompagnateurs spirituels attestent souvent de ce genre de parcours qui commencent alors que la conversion n’est pas aboutie mais qui permettent d’y parvenir. Voyez-vous, il ne faut pas attendre de changer de vie pour accueillir le Christ dans sa maison. C'est bien tout le contraire. C'est en accueillant le Christ que la vie peut changer. Dans cette ligne, saint Alphonse de Liguori écrivait le 30 octobre 1753 à Don Louis Sagliano responsable d'une communauté : "Je suis heureux que la maison brûle demieux en mieux. Quand une maison brûle, dit saint François de Sales, on jette tous les meubles par la fenêtre. Il veut dire par là que lorsque l'amour de Dieu s'allume dans une âme, celle-ci se détache successivemnt de tous les objets qui ne sont point de Dieu, et les rejette loin d'elle." 3. Le travail de Jean Tauler sur les images Venons-en au travail de Jean Tauler sur les images. C'est parce que la question de la sexualité sur internet relève essentiellement des images (réelles ou imaginaires) qu'il est intéressant de voir ce qu'il en est des images dans la vie spirituelle. A priori, après tout ce qui vient d'être dit, nous pourrions croire qu'il suffit d'introduire une image du Christ dans sa vie pour que les autres deviennent insupportables. Sans doute. Mais Jean Tauler est, si j'ose dire, plus humble, plus prudent encore dans son rapport aux images. C'est au chapitre XXXV de ses Institutions (24) qu'il traite des « images que nous devons méditer et auxquelles nous devons nous appliquer. - Comment, après avoir laissé toutes les images, on doit arriver à la pauvreté et la nudité d'esprit. » La première étape se dit à l'aide de la représentation, donc sous forme d'images dont il faut avoir une profonde aversion: « Tout d'abord, bien vous représenter (25) votre ancienne vie, et même votre vie présente, remplie peut-être de misères et de péchés et d'en concevoir au fond du coeur un profond regret et une parfaite aversion ». Le verbe représenter, dit bien qu'il s'agit d'images mais ici d'images qu'il faut avoir en dégoût. Et pour être précis, il ne s’agit pas de contempler les images qui conduisaient à une vie désordonnées (car le risque d’y retomber par ce moyen est évident) mais bien l’image de la vie que l’on a menée en conséquence. Deux siècles plus tard, Ignace de Loyola mettra dès le premier exercice de la première semaine la demande de grâce de pouvoir connaître son péché comme péché. C'est-à-dire non pas en tant que les actes commis sont des fautes par rapport à une loi connue. Mais bien plus tôt ressentir l'horreur de notre péché au regard de la tendresse de Dieu. Et non pas une tendresse de Dieu idéalisée. En effet, Ignace demande à ce qu'on compose le lieu de son oraison: un temple, une montagne où se trouve Jésus ou Notre Dame. (26) Et une fois que la composition est faite, il s'agit de « demander honte et confusion de soi-même, en voyant combien d'hommes ont été damnés à cause d'un seul péché mortel et combien de fois, moi, j'ai mérité d'être condamné pour toujours à cause de mes si nombreux péchés » (27) La suite du travail de Jean Tauler montre qu'il faut, dans un second temps, avoir une notion très claire de la vie et des institutions de notre Sauveur. Dans un troisième temps il convient de s'intéresser à la passion du Christ. Ensuite, il faut élever la contemplation à celle des mystères de la foi comme l'union incompréhensible et sublime de la nature divine avec la nature humaine. Et ainsi d'évoluer vers les idées les plus pures comme la Très Sainte Trinité, au-delà de toute image. On reconnaît qu'il faut changer, élever sa contemplation, lorsque l'on éprouve du dégoût pour tout ce que l'intelligence perçoit; lorsque cela ne nous laisse aucun plaisir ; lorsque nous sentons une sorte de faim pour le souverain bien que nous sommes pourtant incapable saisir. (28) Nous pouvons maintenant réinvestir notre sujet. Lorsque nous accompagnons des personnes qui vivent des moments difficiles comme de trop fréquenter les sites pornographiques et assimilés sur internet, si le coeur et l'intention sont droits, alors il faut lutter contre ces images en introduisant Celui qui est l'image du Père et faire confiance en la puissance de la Parole. Ensuite ne pas vouloir aller trop vite. Choisir le Christ passe simultanément par le dégoût. Vouloir brûler cette étape, c'est prendre le risque de garder tapie mais vivante la fascination que peuvent engendrer ces images. La tradition spirituelle et les accompagnateurs savent bien qu'il est des limites que la spiritualité ne peut facilement déplacer et où la volonté même ne peut pas grand chose. T. Ortolan (col. 2021) dit bien que "pour changer le coeur et la volonté, il ne faut qu'un instant à la grâce; mais, pour déraciner une habitude invétérée, à moins d'un miracle, il faut toute une série d'actes contraires, répétés pendant plus ou moins de temps, suivant que l'habitude est plus profonde et plus ancienne". Bref ! en la matière, l'accompagnateur se gardera de croire que la spiritualité peut tout changer. Il ne faut pas être naïf. La tradition spirituelle reconnaît que même après une vraie conversion, les vieilles habitudes ne sont pas forcément changée et qu'en général, elles persistent. Déjà, en octobre 1956, Pierre Blanchard de l'Institut Catholique de Lyon écrivait dans la revue Prêtres diocésains à propos de la psychologie des profondeurs : "Par les habitudes que nous contractons, nous introduisons dans notre vie psychique de véritables déterminismes. Nous en sommes les auteurs, nous devenons les victimes... Ces habitudes structurent une nouvelle nature, principe nouveau d'action. Il faudrait expliquer ici le jeu implacable des réflexes conditionnels inscrits dans notre âme et dans notre corps. L'homme a alors la conviction, en constatant la violence des pulsions, le rythme de périodicité des actes qu'il n'est plus maître de lui". Sur cette question des habitudes mauvaises, il est assez clair que la tradition n'est pas unanime sur la façon de la constituer (nombre, fréquence, avoeu ou pas en confession, ...). Ainsi donc, les théologiens ne metent pas toujours la même chose derrière des mots comme habitudinaire, récidiviste voire récidif. Il importe donc de bien lire et de comprendre ce que veut dire l'auteur. Pour notre part, nous appellerons habitudinaire toute personne qui commet des actes malgré la volonté et le désir qu'il en soit autrement. La fréquence et le nombre de ces actes sont ici des critères seconds (mais pas secondaires) au regard des difficultés que le sujet éprouve à sortir de cette habitude. Il est possible de tomber dans une habitude parfois très rapidement, en quelques fois, lorsque le sujet est pour la première fois affronté à une fragilité qu'il découvre presque malgré lui comme le voyeurisme sur internet pour reprendre la question que nous traitons ici. Nous distinguerons avec la tradition ceux qui regrettent cette habitude contractée de ceux qui s'y jettent sans regret. Enfin, l'accueil des personnes qui regrettent (les autres ne consultant pas en général) sera bienveillant. Non pas à l'égard de l'habitude mais de leur personne qui ne peut être réduite à cette faiblesse qui les culpabilise souvent, d'une culpabilité plus mortifère et peu fructueuse. Le sacrement du pardon, lorsqu'il est demandé, sera certainement accordé pour la confiance qui est alors manifestée au nom de Dieu. La personne peut être invitée à se décentrer de sa souffrance et à faire grandir en elle et autour d'elle ce qui lui donne le goût de la vie. Faire du temps long son allié et mettre de l'humour sur sa faiblesse récurrente sont aussi des chemins précieux pour mûrir, et éventuellement guérir un jour.
Il est assez difficile de conclure un tel travail. Il s'agit plutôt d'apprendre à vivre dans notre civilisation de l'image qui montre bien plus que nécessaire et qui oublie le sens des gestes, la dignité des gens en faisant de l'émotion et de l'argent les principaux moteurs de notre société. Tout ce travail a insisté essentiellement sur l'attitude de chacun face au média internet. Mais nous pouvons aussi considérer combien l'Eglise, Corps du Christ, Sacrement du Christ, icône du Christ, est invitée par sa manière d'être, de vivre, de respecter les personnes et les enfants en particulier, est invitée à être cette image qui provoque le dégoût de ce qui est indigne et ravive la faim du Souverain Bien. © Bruno Feillet 1998-2004 BAUDRY Patrick, La pornographie et ses images, Armand Colin, Paris, 1997. COLLECTIF : « Les nouvelles technologies dans la famille », Alliance, N° 143, Octobre novembre 2002. GRÜN Ansehn (Dom), Au prise avec le mal, le combat contre les démons dans le monachisme des origines, Ed. Bellefontaine, Spritualité orientale N' 49, 1990. JACQUEMET G., "Habitudinaire" in Catholicisme, 1958. LELEU Pascal, Sexualité et internet, L'Harmattan, Paris, 1999. ORTOLAN T., "Habitudes mauvaises", "Habitudinaires", in Dictionnaire de Théologie Catholique, 1925. PAUL VI, Evangelium nuntiandii, décembre 1975. SCHMELCK Marie-Aline, Introduction à l'étude des toxicomanies, Nathan Université, Paris, 1993, TAULER Jean, OEuvres complètes, Tome VIII, Les Institutions, Trad. du chartreux Surius, Ed. A; Tralin, Paris, 1913. TURCKLE Sherry, Les enfants de l'ordinateur, Trad. Claire Demange (The second self Computers and the human spirit. Ed. Simon and Schuster - N.Y.), Denoël, Paris, 1986.
Notes
1. Paul
VI, Evangelium nuntiandii, décembre 1975.
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