Introduction
I. Pas d’humanité sans loi
A. Au niveau social
1. Les trois fonctions de la loi.
2. Ethique et droit
B. Au niveau personnel
C. Les interdits fondamentaux
II. Loi et liberté
A. La Casuistique
1. Laxisme
2. Rigorisme ou tutiorisme absolu
3. Probabilisme
4. Probabiliorisme
5. Equiprobabilisme
B. Kant : par devoir ou par inclination ?
Introduction
La loi semble empêcher les hommes de faire ce
qu'ils veulent. Or, c'est tout le contraire. Sans loi, il n'y aurait qu'anarchie
et violence. On verra ici que non seulement il n'existe pas d'humanité
sans loi mais surtout qu'il ne peut pas exister d'humanité sans
loi. La loi que symbolise le concept d'interdit est ce qui permet à
l'homme d'accéder à la vie et aux hommes de vivre ensemble.
Nous avons déjà parlé de la loi
à propos de la morale au début de l’année.
Nous nous étions dits alors que la morale comme science qui réfléchit
les actes humains n’était pas réductible à
la loi ou aux normes ou encore aux préceptes. La morale était
plutôt cet effort de réfléchir le sens des actes humains
afin de mener une vie bonne avec et pour autrui. « La morale pure
ne promulgue aucune loi, elle vérifie la légalité,
pour ainsi dire constitutionnelle, des lois existantes et des lois implicites
dans les intentions. » (1)
Cependant, comme nous le savons, si la morale qui, chez Weil, se comprend
comme l’effort de réflexion, elle porte sa réflexion
aussi sur les normes qui permettent la vie commune.
Il y a plusieurs manières d’aborder la question de la loi.
Soit par le biais social, soit par le biais psychanalytique soit encore
dans le rapport de l’éthique à la loi positive édictée
par le législateur.
I. PAS D’HUMANITE SANS LOI
Lorsque l’on s’intéresse à l’ethnologie,
il est assez facile de constater qu’il existe beaucoup de systèmes
sociaux sur la terre. Des systèmes très variés et
peu compatibles entre eux. (patrilinéaires ou matrilinéaires,
règles de transmission des biens, sens de la pudeur, gestion de
la violence, …). Une telle variété ne remet pas en
cause le principe que quelque soient les lois établies, les codes
moraux intégrés ou incorporés, il n’existe
pas de société sans un système de codes ou de lois.
La philosophie morale s’intéresse peu à l’ethnologie
mais beaucoup à la loi, en particulier pour savoir qui de l’individu
ou de la loi est premier. Mais aussi comment l’individu s’incorpore
la notion de loi. Il reste tout un pan très important que l’on
n’abordera pas aujourd’hui mais une prochaine fois qui porte
sur les diverses formes de transgressions de la loi.
A. AU NIVEAU SOCIAL
De la société ou de l’individu,
qui est le premier ?
Une société est toujours composée de plusieurs individus.
Il y a deux manières de considérer cependant cette société.
Soit on suppose des êtres identiques éventuellement rivaux
et opposés (Hobbes, Rousseau) qui se réunissent pour vivre
ensemble sous la règle commune qu’ils instituent (une forme
de contrat social) auquel cas l’individu est premier et la société
fruit des individus.
Soit les individus sont compris d’abord comme membres de la société
à laquelle ils appartiennent auquel cas c’est la société
qui est première et les individus qui adviennent à leur
statut d’individu par la médiation de la société.
C’est la deuxième approche que défend André
Clair et il me semble qu’il a bien raison. Nous verrons que les
données psychanalytiques lui donneront raison. En fait, la société
précède l’individu, elle l’accueille et le constitue
membre. L’individu n’a pas tant à fonder cette société
qu’à « l’explorer et à en expliciter la
constitution » (2). « L’instance
n’a pas à être construite, mais à être
découverte dans l’être de la cité » (3).
Il me semble que cela est le chemin ordinaire de notre avènement
à nous-mêmes comme être social. Ainsi avant d’être
pris en otage par le surgissement du visage d’autrui, j’ai
déjà préalablement été le faible d’un
autre qui, en m’accueillant comme tel, m’a permis d’accéder
à mon propre moi, à ma personnalité capable ensuite
et seulement ensuite d’être pris en otage par la faiblesse
d’autrui.
1. Les trois fonctions de la loi.
Dans cette société qui me précède toujours
et dans laquelle je né, la norme ou la loi a une triple fonction
: La loi et à la fois une règle, elle s’inscrit dans
une certaine régularité et permet une régulation
des comportements des individus entre eux entre eux et l’institution
qui met en œuvre la loi.
La fonction de régulation
:
En assurant l’ajustement des comportements individuels entre eux
et à l’égard de la totalité, la fonction de
régulation de la loi manifeste que la société est
analogiquement un corps organique. Afin de maintenir une certaine vitalité
et une cohésion minimum de la société, la loi organise
la vie. Comme si la société se donnait les moyens de se
maintenir elle-même comme société. André Clair
parle de « la finalité immanente à la société,
analogue à un vouloir vivre ensemble » (4).
La fonction
de régularité
La loi ou la norme manifeste encore que la société existe
également dans le temps. C’est pourquoi la fonction de la
loi est encore d’assurer une certaine régularité du
vivre ensemble. Enracinée dans le passé, la loi à
« une fonction d’anticipation ». Elle permet de prévoir,
d’organiser la vie malgré l’incertitude de l’avenir.
(Repérer déjà le rapport passé, présent
et futur). Cette remarque met par le fait même le doigt sur une
des questions les plus difficiles que pose la réalité de
la loi : sa pertinence comme loi dépend-elle de son efficacité
réelle ou encore dans la réception générale
par les individus de la société. Ici, c’est la question
de la validité qui est au premier plan.
La dimension
de règle
Enfin la loi implique aussi une dimension de règle en vue d’une
vie juste. Et ce n’est, bien sûr la moins importante. Deux
manières d’étudier la règle : soit d’un
point de vue interne, dans son intégration à l’intérieur
de tout un appareil législatif ; soit d’un point de vue externe
en observant comment la règle est établie et par qui.
A titre de synthèse, nous pouvons dire qu’en
distinguant entre régulation, régularité et règle,
la loi montre la société comme un organisme social, inscrit
dans le temps et objet d’un droit (5).
Bien connaître les règles sociales permet non seulement de
« s’attendre à voir se produire tel acte, mais aussi
d’anticiper et enfin de juger du bien fondé de l’acte
en question ». Pas de société sans loi !
2. Ethique et droit
Le rapport entre l’éthique ou la morale et le droit positif
est une vieille question, aussi vieille que le monde et qui revient à
l’ordre du jour. François-Xavier Dumortier (6)
s’intéresse à cette question à partir d’un
livre du doyen Carbonnier (Droit et passion du droit sous la V° République).
La question se pose dans les termes suivants : « Dans une situation
de pluralisme éthique, la tentation peut être grande de s’en
remettre au législateur du soin de trancher entre des convictions
opposées et de déterminer ce qui sera juridiquement "bien"
». Autrement dit devant une un problème nouveau, on demande
aux députés une loi et ce qui sera légal sera déclaré
et reçu bien. Or le moral et le légal ne sont pas à
mettre sur un même plan. F-X. Dumortier montre bien qu'en fait il
existe un intérêt bien compris pour le droit et la morale
de rester chacun à sa place pour le profit des deux. La confusion
des niveaux engendrerait une confusion des repères.
« À la différence du droit qui a l’assurance
de la lettre et la pesanteur de la contrainte, l’éthique
est questionnante et désarmée : elle interroge le droit
sur lui-même à partir de ces valeurs que la règle
juridique exprime et abrite, protège dans son respect et garantit
par son effectivité. Il est sans doute sage que les moralistes
se refusent à « faire la loi » et les juristes à
« faire la morale », mais non que les moralistes renoncent
à attendre du droit un secours et les juristes de l’éthique
une exigence. C’est au coeur du droit que joue l’aiguillon
éthique, et c’est au coeur de l’éthique que
résonne l’exigence du droit comme règle s’imposant
à tous pour la liberté de tous. » (7)
D’une certaine manière le droit a besoin de l’éthique
pour ne pas tomber dans un juridisme inique (par la mémoire de
la loi naturelle ?) et l’éthique a besoin du droit pour garder
les pieds sur terre (par la mémoire de la sagesse).
B. AU NIVEAU
PERSONNEL
Pour faire simple, le bébé, tant qu’il est dans le
ventre de sa mère, ne fait pas la différence entre lui et
sa mère. Il vit dans un monde sans différences, on dira
dans un monde d’indifférenciation ou encore un monde fusionnel.
Et d’une certaine manière, malgré la violence de l’accouchement
qui est la première expérience de la différence d’avec
sa mère, tant qu’il tête le sein, et pendant les premiers
jours, il ne fait pas vraiment la différence entre lui et le sein
de sa mère. Il vit dans l’immédiateté et dès
qu’il a faim, il suffit de crier un peu pour pouvoir manger. Au
début il se comprend comme le sein de sa mère et à
la fin du processus de prise de conscience de lui-même, il a le
sein de la mère. Ce n’est que petit à petit, grâce
au manque engendré par la loi du père, qu’il va prendre
conscience de son identité propre en se séparant de la mère.
En effet, le père (au sens concret du terme mais c'est aussi un
rôle que la société peut tenir auprès de la
lmère) réclame la présence de la mère pour
d'autres tâches que le soin du nourisson. Cette parole, ce dit posé
entre l'enfant et sa mère, cet inter-dit est une expérience
absolument fondatrice pour que l'enfant parvienne à la stature
de sujet.
Xavier Thévenot, reprenant J. LACAN, a un schéma
très évocateur pour démontrer comment se déroule
la mise au monde du sujet comme sujet conscient de lui-même et que
l’on pourrait résumer dans le processus suivant : il s’agit
de passer du même à l’autre, de l’immédiat
au monde des médiations, de la fusion avec la mère à
l’inscription en soi de l’interdit lancé par le père,
de l’indicible à la parole, du monde fusionnel à l’expérience
du manque. Cette expérience qui nécessite du temps est toujours
douloureuse pour l’enfant mais elle est la condition sine qua non
de son avènement à lui-même comme sujet capable de
dire « je ». La loi du père crée un manque fondamental
et oblige par là l’enfant à sortir de la confusion
originelle avec sa mère et à rentrer dans le monde du symbole,
de la symbolisation.

La dialectique du même et de l’autre. C’est la dialectique
la plus fondamentale
Car on voit bien que si l’on reste dans le même, on n’accède
pas à la stature de sujet. Mais si on force sur l’altérité,
on finit dans l’isolement le plus total. Or, il n’est ni bon
ni possible que l’homme soit seul.
Un tel schéma montre l’importance d’intégrer
les dimensions du temps et de l’espace car l’un ne va pas
sans l’autre.
Intégrer l’espace c’est en particulier intégrer
la notion qu’autrui occupe toujours une place que je ne peux occuper.
L’espace est limité, il oblige au compromis et aux décisions
morales et politiques.
Intégrer le temps, c’est intégrer la dimension de
durée, du passé, du présent et du futur. Dans la
tradition occidentale, il y a plusieurs visions du temps. Ainsi chez les
grecs le temps - chronos se comprend à partir du mouvement des
astres. C’est le dieu qui dévore ses enfants. Mais il est
régulier, mesurable, cyclique car avec les saisons et le mouvements
apparents des astres il revient toujours. Ce même temps a été
décrit d’une toute autre manière par St Augustin :
« On pourrait dire avec vérité qu'il y a trois
temps : le présent des choses passées, le présent
des choses présentes, et le présent des choses futures.
Car je trouve dans l'esprit ces trois choses que je ne trouve nulle part
ailleurs : un souvenir présent des choses passées, une attention
présente des choses présentes, et une attention présente
des choses futures. » (8)
Cette vision du temps est éminemment subjective et elle nous intéresse
plus que la précédente même si elle sont indissociables
l’une de l’autre.
La vision augustinienne est plus linéaire que cyclique. C’est
cette vision qui est favorable à une téléologie et
sur laquelle nous nous appuyons constamment dans la foi chrétienne.
La vie morale consiste à honorer toutes les dimensions du temps.
Qui exclurait l’une des dimensions ou privilégierait seulement
l’une d’entre elles risque d’avoir une vie déséquilibrer.
Ainsi toute personne qui ne vit que dans le présent se rend incapable
de construire un projet de vie, mieux encore d’avoir une parole
qui se tienne, de pouvoir tenir une promesse signe de fidélité
et encouragement à l’effort. Toute personne qui ne vivrait
que l’esprit tourné vers le futur risque fort d’avoir
une vie qui ne serait jamais inscrite dans le réel du quotidien
et risque de ne jamais voir son frère qui a faim. Enfin, toute
personne qui ne serait accès que sur le passé risque bien
de ne plus être accessible à une espérance et à
un sens de la vie qui veut rien n’est jamais joué définitivement.
Elle perd sa dimension procréatrice en se perdant dans ses souvenirs.
Intégrer le sens du temps et de l’espace
c’est prendre conscience que notre monde est faillible. Car si le
temps est la condition même de la croissance il est aussi le facteur
de dégradation le plus connu. C’est bien parce qu’il
y a du temps, que nos actions se déroulent et se déploient
que nous en percevons les limites et la failles. Bref ! Faire l’expérience
du temps en profondeur, c’est intégrer la dimension mortelle
de la vie humaine. Nous ne sommes plus du tout dans le monde de la toute
puissance mais dans le monde du faillible, là où règne
le manque.
Dans ce temps qui s’écoule inexorablement,
où la mort gagne toujours (voir le film des sept sceaux de Bergman
ou encore le mythe du dieu Chronos), nous faisons donc l’expérience
des limites et d’un rapport au monde qui n’est pas immédiat
comme dans le monde fusionnel mais bien médiatisé et en
particulier par la parole.
Cette parole est fondamentale car c’est elle qui manifeste à
travers les interdits fondateurs la dialectique du même et de l’autre
que j’évoquais tout à l’heure. En effet, «
inter-dit » c’est bien le dit qu’il y a entre nous,
l’entre-dit du langage. Et pour qu’il y ait communication,
il faut à la fois une distance et une proximité. Les amoureux
qui sont tout à la joie de leur amour doivent quitter le monde
fusionnel des débuts, se « décoller » un peu
pour ainsi dire pour bâtir un projet sous peine de rester dans un
pur imaginaire dont la réalité de manquera pas de les faire
sortir.
Il en est de même dans les étapes du surgissement de la personne
et de sa conscience. Dans ce moment fusionnel que le tout petit enfant
entretien avec sa mère, arrive le père avec une loi bien
précise celle de l’interdit. « Mon enfant, dit le père
souvent sans le savoir, souviens-toi que ta mère est mon épouse
et qu’elle t’est interdite à ce titre. » Cet
interdit fondateur, qui engendre le fameux complexe d’Œdipe,
ne se réduit pas à cette seule loi d’ailleurs. Disons
pour prendre un peu de recul que le « père » s’il
est traditionnellement le papa de l’enfant et l’époux
de la maman, le père peut être compris dans sa fonction «
paternelle » du point de vue psychanalytique qui elle peut être
tenue l’un ou l’autre sexe. En psychanalyse, le père,
c’est le pôle de la loi.
Et petit à petit, lorsque « l’interdit
» est prononcé, que l’enfant fait l’expérience
du manque, que la mère n’est pas tout pour lui, l’enfant
commence à sortir du monde indifférencié, à
rentrer dans la dialectique du même et de l’autre à
se recevoir lui-même dans une conscience psychologique de plus en
plus affinée. C’est ainsi donc que l’œuf fusionnel
se brise et que par l’expérience du manque le « petit
d’homme » sort du monde indifférencié, rentre
dans le monde symbolique et advient par le fait même au statut de
sujet. Mais vous comprendrez que cette expérience initiale, nous
en avons gardé un goût archaïquement enraciné
dans les profondeurs de notre être. Par conséquent, ce goût
de la fusion et du monde de la totale coïncidence identique à
celui de la toute puissance nous habite de manière prégnante
et persistante. Il habite notre imaginaire, nos désirs. Il ne s’agit
pas de le nier mais courageusement de le remettre à sa place au
sein de la réalité. Autrement dit, le principe de plaisir
doit s’articuler avec le principe de la réalité.
Eric Weil, écrivait : « Ce que l'homme moral s'interdit et
s'impose, il peut le défendre et le demander à ses prochains,
à ses égaux ; ce qu'il abomine ou approuve en lui-même,
il peut, il doit le condamner ou le louer chez ses frères en raison
(principe kantien de l’universalisation la maxime ou encore le principe
contenu dans la règle d’or). Il vit dans un monde moral,
monde des êtres moraux où la victoire sur l'instinct et la
violence aveugle (la morale comme lutte contre la violence ou les conflits)
est la vraie victoire, où la seule vraie défaite est de
succomber à la tentation. Or, ce monde est comme préformé
dans le monde tout autre des ressorts animaux. A vrai dire, ce n'est que
là qu'il peut exister, parce que là seulement existe le
fond sur lequel il se détache. Sans tentation, l'homme ne saurait
être moral, il ne serait pas homme, et c'est dans les besoins et
les désirs immédiats, dans l'animalité que l'homme
s'élève au-dessus de soi. Le monde moral est ainsi le monde
des êtres composés, sa pureté est celle de l'impur,
qui ne peut que toujours être en marche vers la pureté, mais
ne sera jamais pur. La morale reste morale d'un être immoral dans
un monde d'êtres immoraux. » (9)
C. LES INTERDITS FONDAMENTAUX
Le précepte ferme alors que l’interdit ouvre. En effet, un
commandement positif oblige absolument tandis que l’interdit ouvre
les autres possibles ou du moins laisse de la place à la création.
Il existe trois interdits fondamentaux qui obligent absolument et qui
ne font pas nombre avec les autres qui font écho d’une manière
ou d’une autre à l’interdit premier que nous avons
évoqué à l’instant à savoir : «
l’interdit d’indifférenciation ».
C’est pourquoi :
• Interdit du meurtre : de l’innocent,
du malade, de tuer les gens au travail pour plus de profit (réduire
les gens à des objets, …)
• Interdit de la fusion : ni dans un
couple (devenir l’autre se fondre en l’autre (10)
), ni avec Dieu (prendre ses désirs de toute puissance pour la
volonté de Dieu), ni inceste (confusion des générations
un père ne peut être l’amant de sa fille (11)
).
• Interdit du mensonge : Serpent, perversion
du langage qui médiatise toute la relation et qui institue la dialectique
du même et de l’autre. Le mensonge anéantit toute relation
sensée et rend impossible la construction d’une vie avec
autrui. Le langage est justement l’instance qui participe à
l’interdit d’indifférenciation. S’il y a mensonge,
on reste dans le confus, dans la manipulation, rien ne peut se construire.
Transgresser ces trois interdits, c’est rentrer dans une vie profondément
déshumanisante. S’humaniser, au contraire, c’est assumer
courageusement le manque, le temps, la présence d’autrui,
des autres, de tous les autres. C’est faire l’effort, et j’insiste
sur ce mot, faire l’effort ou encore recevoir comme une tâche
permanente et jamais achevée l’intégration de toutes
ces dimensions afin qu’un jour toute notre vie s’unifie dans
un même projet, enracinée dans une parole et mis en œuvre
efficacement. La version chrétienne de ce désir s’exprime
dans le psaume 85 : « Seigneur, fais que je marche sur les chemins
de la vérité, unifie mon cœur, qu’il craigne
ton nom ».
| Temps subjectif |
Dimension de la morale |
Visée |
Personnage type |
| Futur |
Universelle (Tous les hommes) |
Utopie / Téléologie |
Prophète |
| Passé |
Particulière (Les Bretons) |
Loi |
Sage Conseil |
| Présent |
Singulière (M. Le Gallec) |
Décision / Responsabilité |
Politique |
Bien sûr, il ne faut pas durcir un tel tableau qui pourrait être
complété par d’autres colonnes. Ce tableau se lit
par ligne en ce sens que les réalités de chacune des lignes
sont homogènes entre elles. Mais une fois la compréhension
de chaque ligne, il faut encore apprendre à lire ce tableau par
colonne. C’est-à-dire qu’il faut se garder comme je
l’ai dit à propos du temps tout à l’heure de
se fixer sur une ligne mais sans cesse il faut faire l’effort d’articuler
les trois dimensions de chaque colonne. C’est à la qualité
de l’articulation que l’on reconnaît la qualité
d’une philosophie ou d’une théologie morale.
Travail de groupe. Placer sur le tableau des expressions
suivantes :
• « Je suis sincère ». « Je suis authentique
». « Je suis vrai ».
• « Si tout le monde faisait comme toi, … »
• « Chez nous, ça ne se fait pas ».
• Il est interdit d’interdire (12).
« Ma petite-fille tu as quinze ans, tu rêves
d’amour, tu as déjà un petit copain.
Vois-tu, il y a deux choses qui m’ont toujours émue, c’est
la vue de deux adolescents se tenant par la main et celle de couples âgés
faisant le même geste.
Il y a bien sûr entre les deux une longue route faite d’ombre
et de lumière, mais je trouve très touchant ces deux pôles
de tendresse. Commencement et fin en soi atteinte.
Le premier amour est unique, il est émerveillement, cependant,
n’oublie pas qu’il a besoin de garder une part de son mystère,
qu’il a besoin, comme disait le renard au Petit Prince, d’être
lentement apprivoisé.
Fais en sorte qu’il soit un tremplin pour tes études, un
tremplin pour ta vie. » (13)
Pour revenir à la notion d’interdit,
nous qui confessons la foi chrétienne, nous ne pouvons pas ne pas
penser à un interdit fondateur de toute l’anthropologie biblique
: celui que Dieu adresse à Adam
II. LOI ET LIBERTE
Le rapport entre la loi et la liberté vous est déjà
bien connu dans le sens où nous manipulons ces concepts depuis
le début du cours. Les cours de philosophie vous ont appris que
l’on n’est pas pleinement libre ni pleinement déterminé.
En fait, nous sommes à la fois libres (capable d’un libre
arbitre) et même temps soumis à différentes lois (déterminantes
comme celles de Newton ou morales). Ce rapport a suscité de nombreux
débats aboutissant à des théories ou des systèmes
moraux bien repérés sous des noms que vous allez vite reconnaître.
. ces systèmes moraux avaient pour but d’aider la conscience
à sortir de sa perplexité lorsqu’elle faisait à
la fois l’expérience de sa liberté et des lois qu’elles
reconnaissaient comme importantes et qui s’opposaient parfois aux
élans de la liberté. Comment pouvait-on faire pour y voir
clair entre loi et liberté ?
Le laxisme, le rigorisme, le tutiorisme, le probabilisme, l’équiprobabilisme
sont ces systèmes mis en place pour répondre à cette
question que nous rencontrons très souvent. Ils ont été
développé dans un contexte de casuistique, d’études
de cas. Mais il existe aujourd’hui d’autres pistes pour réfléchir
le poids et les limites de l’obligation de la loi morale.
A. LA CASUISTIQUE
1. Laxisme
Le laxisme est la théorie morale qui dit que s’il existe
le plus petit argument en faveur de la liberté alors il est licite
de suivre la liberté contre la loi. Dès que pour le sujet,
la loi n’est pas absolument certaine (sous peine de péché
mortel en cas de transgression), qu’il existe un doute si infime
soit-il et même peu probable, alors il est possible de dire qu’on
est libre à l’égard de la loi. Le laxisme a beaucoup
d’affinité avec le subjectivisme. On risque de perdre l’objectivité
de la loi morale.
D’une manière dégradée et plus commune, une
personne laxiste est une personne qui déclare permise ce qui est
défendue ou encore qui a un rapport avec la loi morale extrêmement
lâche.
2.
Le rigorisme ou tutiorisme absolu
Il s’agit du système inverse au laxisme. Ici il faut toujours
trancher en faveur de la loi, même si son existence paraît
douteuse. Autrement dit, il s’agit d’aller au plus sûr
(sens de tutiorisme). Dans ce système, on choisit la sécurité,
l’obéissance à la loi. Ainsi aller à la messe
alors qu’on est malade. Le plus probable est de garder la chambre
pour se soigner. Le rigoriste n’admettra pas d’exception pour
lui-même ou pour les autres et ira à la messe, parce que
c’est cela qui est le plus sûr.
Laxisme et rigorisme n’ont jamais eu les faveurs
des moralistes avertis.
3. Probabilisme
Dans ce système, il suffit qu’il y ait une certaine probabilité
en faveur de la liberté alors que la loi ne semble pas très
connue ou pas très affirmée pour admettre la possibilité
de choisir l’autre chemin. Ici, c’est la conscience qui décide
en faveur après une réflexion sérieuse.
Le fondateur de ce type de raisonnement peut-être Barthélémy
de Medina (+ 1580) : « si une opinion est probable, il est permis
de la suivre, bien que l’opinion opposée soit plus probable
». Par opinions probable, il entendait une « opinion solidement
fondée, soit sur des argument, soit sur une autorité telle
qu l’on puisse la mettre en pratique sans craindre de péché
» (14) .
4. Probabiliorisme
Comme son nom l’indique, il s’agit dans ce système
de choisir non pas une solution probable mais la plus probable. On doit
toujours appliquer la loi sauf si ce qui plaide en la faveur de la liberté
est plus probable que la loi.
5. Equiprobabilisme
Entre les probabilistes qui donnent la priorité à la liberté
et les probabilioristes qui donnent la priorité à la loi,
St Alphonse de Ligori, qui mit au point ce système, propose de
se tenir dans le juste milieu. Entre la loi et la liberté, il convient
de déterminer lequel des deux « possède » (qui
bénéficie de l’a priori favorable) ; il revient à
l’autre partie de faire la preuve et d’apporter sinon une
certitude du moins une probabilité sérieuse en sa faveur.
Ce qui suppose un gros travail de réflexion et de savoir peser
le poids relatif de chacun des éléments en présence.
Ainsi s’exprime Alphonse de Liguori (15):
1. « Si l’opinion qui est en faveur de la loi semble certainement
plus probable, nous sommes absolument obligés de la suivre et nous
ne pouvons suivre l’opinion opposée qui est en faveur de
la liberté »
2. « Si l’opinion qui est en faveur de la liberté est
seulement probable ou également probable que celle qui est en faveur
de la loi, nous ne pouvons pas la suivre, du seul fait qu’elle est
probable »
3. Si deux opinions équiprobables sont en concurrence… l’opinion
qui est en faveur de la liberté, jouissant d’une probabilité
égale à celle dont jouit l’opinion opposée
en faveur de la oi, soulève un doute sur l’existence de la
loi qui défend cette action, la loi ne peut alors être dite
suffisamment promulguée : si elle n’est pas promulguée,
elle ne peut obliger. Une loi incertaine ne peut imposer une obligation
certaine ».
Louis Vereecke, après une analyse serrée
de ce système met au jour « les trois valeurs que saint Alphonse
met en vedette dans son système moral ; sans que la formulation
systématique soit toujours bien nette :
« Comment interpréter ces trois affirmations ?
La première proposition met en lumière le primat de la vérité.
Avant d'agir l'homme est tenu de la rechercher; s'il ne peut atteindre
la certitude absolue, il doit essayer de s'en rapprocher le plus possible.
L'opinion la plus probable est celle qui donne le plus de garantie dans
son orientation vers la vérité. Si l'existence d'une loi
se présente à nous avec le plus de probabilité, nous
ne pouvons l'esquiver, sous peine de manquer à la vérité.
Cette loi s'impose à notre conscience.
Le probable est il une règle suffisante de notre agir ? Alphonse
répond à cette question par la deuxième affirmation.
Depuis que Barthélemy de Médina a proposé sa notion
de probabilité, celle ci a perdu de sa netteté, elle s'est
diluée en une multitude de degrés, si bien que le probable
sans adjectif n'a plus de sens précis. Une opinion peu probable
est elle encore probable ? Sur les traces de nombreux théologiens,
Alphonse refuse un probabilisme purement extrinsèque, basé
sur les affirmations d'auteurs plus ou moins renommés. Il demande
que le probable soit intériorisé par la conscience personnelle
et qu'il exprime la conviction intime. A ce titre seulement il peut servir
de règle à notre conduite.
Lorsque deux opinions également probables s'opposent, Alphonse
en conclut que ces deux opinions sont douteuses, par conséquent
la loi ne s'impose pas, n'étant, pour ainsi dire, pas promulguée
à ma conscience. En ce cas, je conserve ma liberté donnée
par Dieu. » (16)
Ce qui est encore commenté par le même auteur :
« Le primat de la vérité : l’homme doit
toujours agir selon la vérité, ou du moins selon ce qui
lui paraît le plus proche de la vérité.
Le primat de la conscience : l’homme doit agir non selon des normes
externes, mais il doit intérioriser les solutions à donner
aux problèmes posés par son agir moral. Il faut que sa conscience
décide de la bonté de son activité.
Le primat de la liberté. L’homme est libre de faire le bien
spontanément selon ce qu’il considère juste et honnête.
Cette liberté ne sera bridée, que si une loi particulière
de Dieu, intériorisée elle aussi, ne lui montre qu’il
doit certainement et en conscience agir de telle ou telle façon
» (17).
B. Emmanuel KANT : PAR DEVOIR OU PAR
INCLINATION ?
Dans « Fondements de la métaphysique des mœurs »,
Emmanuel Kant cherche à établir des critères fiables
pour conduire sa vie mais aussi qui puissent servir à toute la
société.
Par souci d’efficacité, il élabore une « philosophie
morale pure qui serait complètement expurgée de tout ce
qui ne peut être qu’empirique et qui appartient à l’anthropologie
» (18). Pour que la loi soit
efficace, il faut que le commandement relève d’une «
absolue nécessité » et à ce titre il ne doit
pas être cherché « dans la nature (19)
de l’homme ni dans les circonstances où il est placé
en ce monde mais a priori dans les seuls concepts de la raison pure ».
L’intérêt d’une philosophie morale pure est de
pouvoir fournir des lois a priori ! Ces lois il est possible de les bâtir
à l’aide de la seule raison et par là d’obtenir
un système universel car il n’y a « qu’une seule
et même raison qui ne doit souffrir de distinction que dans ses
applications » pratiques. Cela conduit Kant à trois propositions
(20) :
Dans cette logique, il faut alors agir seulement et uniquement en conformité
à la loi morale et non pour l’intérêt que l’on
peut y trouver. Il se peut bien que l’on veuille préserver
sa vie par inclination mais il convient surtout de le faire par devoir.
Et l’on agit non pas en fonction de la fin que l’on veut poursuivre
en fonction du principe rationnellement élaboré sans égards
aux circonstances et qui à ce titre ne souffre d’aucune exception.
Enfin, le devoir est compris comme étant la nécessité
d’accomplir une action par respect pour la loi. Fut-ce « au
préjudice de toutes les inclinations » (21).
C’est en tenant compte rigoureusement de ce
système qu’en définitive Emmanuel Kant estime qu’un
acte posé dans ce cadre pourra être moral. Vient alors l’établissent
de ses fameux impératifs catégorique et pratique :
L’impératif catégorique
:
Il n'y a donc qu'un seul impératif catégorique, et c'est
celui-ci : Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux
vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle.
(p. 94).
L’impératif pratique
:
L'impératif pratique sera donc celui-ci : Agis de telle sorte
que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans
la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin,
et jamais simplement comme un moyen. (p. 105).
Il s’agit d’impératifs rationnellement
établis, de manière pure et à cet égard nous
n’avons pas de possibilité de nous y soustraire (selon Kant).
Le principe d’universalisation est intéressant car il n’est
pas sans rappeler la règle d’or (22)
que l’on trouve dans l’évangile ou chez Hillel. Sous
sa forme positive : « Ainsi tout ce que vous voulez que les hommes
fassent pour vous, faites-le de même pour eux » ou sous sa
forme négative : « Ne fais pas à ton prochain ce que
tu détesterais qu’il te soit fait à toi-même
». Cette deuxième formulation honore plus l’impératif
pratique où ici le prochain est mis en valeur par rapport au principe
de l’universalisation. Chacun des impératifs honore une des
dimensions de la règle d’or.
Au fond, ces deux principes qu'établit KANT,
selon sa méthode, sont toujours d'actualité. Une philosophie
morale qui ne voudrait pas prendre en compte le principe d'universalisation
serait de toute façon vouée à l'échec puisqu'elle
ne serait pas pour tout le monde.
Une philosophie morale, politique ou économique qui refuserait
de prendre en considération la dignité inhérente
à tout être humain (toujours pour une fin) risquerait assez
vite de légitimer un capitalisme outrancier où les personnes
ne seraient considérées que comme des "moyens de production"
interchangeables. Mais elle risquerait tout au temps de légitimer
des idéologies totalitaires dont on sait les millions de morts
que le XX° siècle leur doit tant dans l'espace communiste que
fasciste.
La grande critique, cependant que serait faite à
Kant porte justement sur sa méthode. Est-il réellement possible
d'avoir une morale "pure", sans aucune influence de l'anthropologie
? Il est impossible au meilleur philosophe qui soit de s'extraire de sa
condition humaine pour prendre les choses de plus haut.
C'est pourquoi, on trouvera au XIX° et XX° siècles différents
efforts pour tenir compte du poids du réel. Cela aura pour conséquences
de modifier légèrement l'approche kantienne mais parfois
de la remttre radicalement en cause.
Il reste que la fécondité de Kant a
été déterminante et que tout philosophe moral se
doit de prendre position par rapport à lui.
Un des efforts les plus remarquables de la fin du siècle dernier
fut la constitution de "comités nationaux d'éthiques"
sur des questions médicales liées à la vie et la
mort en particulier. Partout on retrouvera les principes de Kant à
l'oeuvre comme critères de discernement. Mais à côté
d'eux, d'autres sont venus se joindre pour tenir compte du poids du réel.
La morale, quoi qu'en pense Emmanuel Kant se fait toujours en contexte
sans pour autant tomber nécessairement dans le situationnisme.
© Bruno Feillet
Bibliographie
CLAIR André , Revue d’éthique
et de théologie morale, « Le Supplément », no
200, mars 1997, pp. 141-157.
DUMORTIER François-Xavier , « De la passion du droit »
in Le Supplément, 1997, N° 200
KANT Emmanuel, Fondements de la métaphysique des mœurs, trad.
Victor Delbos, Livre de poche, Paris, 1993.
KERVEGAN Jean-François , « Loi », in Dictionnaire d’éthique
et de philosophie morale, PUF, 1996.
RICOEUR Paul, « La "règle d'or" en question »,
in Lectures 3, Paris, Seuil, 1994, p. 273-279.
THEVENOT Xavier, Repères éthiques pour un monde nouveau,
Mulhouse, Salvator, 1991.
VEREECKE Louis , « Sens du doctorat de saint Alphonse de Liguori
dans l’histoire de la théologie morale », in Bibliotheca
historica, Vol XII, Rome 1986, p. 587-588. Ou encore in Studia Moralia,
9 (1971) 25-57
VEREECKE Louis , « Saint Alphonse de Liguori dans l’histoire
de la théologie morale du XVI° au XVII° siècle »,
in Alphonse de Liguori, pasteur et docteur, Coll. Théologie historique,
N° 77, Ed. Beauchesne, Paris, 1987
WEIL Eric, Philosophie morale, Vrin, Paris, 1992.
Notes
1. Eric
WEIL, Philosophie morale, Paris, Vrin, 1992, p. 58.
2. André CLAIR, Revue d’éthique
et de théologie morale, « Le Supplément », no
200, mars 1997, p.145.
3. André CLAIR, p.147
4. André CLAIR, p. 148.
5. Cf. André CLAIR, p. 149.
6. François-Xavier DUMORTIER,
« De la passion du droit » in Le Supplément, 1997,
N° 200, p.177-180.
7. François-Xavier DUMORTIER,
« De la passion du droit » in Le Supplément, 1997,
N° 200, p. 178-179.
8. St Augustin, Les Confessions, livre
XI au Chapitre XX.
9. Eric WEIL, Philosophie morale, Vrin,
Paris, 1992, p. 52.
10. Désir inévitable
si bien mis en scène dans le film : « Les enfants du silence
» qui manifeste avec une grande force « l’impossible
fusionnel » ou encore mis en chanson par Patricia Kaas lorsqu’elle
chante dans « une histoire d’amour pas finie » que «
les retrouvailles se font à la frontière ».
11. On a vu que chez Elisabeth Badinter
l’interdit de l’inceste se fondait sur l’intérêt
à l’échange des biens en échange des femmes
(L’un est l’autre, le livre de poche N° 6410 , p. 248-249).
L’inceste de Badinter est une théorie économique peu
sérieuse. En revanche la thèse de Freud est la suivante
: Après le meurtre du père (pour conquérir les femmes
entre autres choses – désir inconscient et refoulé),
les descendants, pour éviter une guerre fratricide auraient décidé
de s’interdire à jamais les femmes du père et d’instituer
pour la paix et la survie du clan, la règle de l’interdit
de l’inceste qui se traduit par une loi de l’exogamie ( S.
Freud, Totem et tabou, petite bibliothèque Payot, 1997, p. 215-216.).
12. Voir le commentaire de Vladimir
Jankélévitch, Le paradoxe de la morale, Paris, Points 203
Seuil, 1981, p. 25-34.
13. G.D., « Forum Les couleurs
de la vie », in La Croix l’événement, , 8 décembre
1994, p.22.
14 . Cité par François-Xavier
DUMORTIER, « De la passion du droit » in Le Supplément,
1997, N° 200, p. 561.
15. Traduction de l’affirmation
du système d’Alphonse de Liguori telle qu’on la trouve
dans l’édition critique du Père Gaudé.
16. Louis VEREECKE, « Saint
Alphonse de Liguori dans l’histoire de la théologie morale
du XVI° au XVII° siècle », in Alphonse de Liguori,
pasteur et docteur, Coll. Théologie historique, N° 77, Ed.
Beauchesne, Paris, 1987, p. 123.
17. Louis VEREECKE, « Sens du
doctorat de saint Alphonse de Liguori dans l’histoire de la théologie
morale », in Bibliotheca historica, Vol XII, Rome 1986, p. 587-588.
Ou encore in Studia Moralia, 9 (1971) 25-57.
18. Emmanuel KANT, Fondements de la
métaphysique des mœurs, trad. Victor Delbos, Livre de poche,
Paris, 1993, p. 51-52.
19. Nature (déterminée
par les lois newtonienne) par opposition à l’esprit rationnel
(libre).
20. Emmanuel KANT, p. 64-66.
21. Emmanuel KANT, p. 67.
22. Mt 7, 12 et Lc 6, 31.
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