Le péché et le pardon

Le péché : un lieu théologique qui ouvre au pardon.

INTRODUCTION

 

Dans les mise en pratique de nos vertus, dans la quête du bien que nous comprenons comme devant être poursuivi, dans l’évitement du mal, nous faisons l’expérience de l’échec. comment se vit-il, comment se résout-il ? Cette question nous pouvons aussi la poser à propops de la résussite dans nos actions. Voici un petit tableau qui peut suggérer quelques attitudes personnelles et sociales.

 

 

Dimensions anthropologiques

Au niveau relationnel

Echec de la responsabilité

Pour vivre l’échec

Réussite dans la responsabilité

Pour vivre le succès

Psychologique

De soi à soi

Culpabilité

Humour

Estime de soi

Humilité

Morale

De soi aux autres et soi-même comme un autre

Faute (honte)

Peine, blâme, réparation

Eloge

Modestie

Spirituelle

De soi à Dieu

Péché

Pardon

Sainteté

Prière de louanges

 

 

Evidemment, mais est-ce vraiment de l'ordre de l'évidence, chacun aura à coeur d'articuler ces divers éléments car ils agissent les uns sur les autres.

I. Culpabilité, échec, faute, péché les limites de l’homme.

 

En commen çant ce cours, J’avais rappelé qu’après nous être équipés, nous tâcherions tant que faire se peut de nous  mettre concrètement à la suite du Christ. C’est ce tant que faire se peut que je veux honorer maintenant et qui fait écho aux nombreuses limites de l’homme. Limites dont il n’est pas toujours responsable mais limites qui portent la marque de sa responsabilité aussi.       

A. La culpabilité.

 

Nous avons tous fait l’expérience concrète d’une différence entre ce que nous voulions et désirions atteindre comme objectif et ce que nous avons réellement atteint. Parce que nous nous sentions responsable de nos actes, c’est-à-dire pas complètement déterminé par les contextes et la biologie, nous avons éprouvé, parfois, une culpabilité. Culpabilité dont l’origine est très complexe mais qui lorsqu’elle est consciente s’exprime comme une morsure intérieure devant le constat de la distance entre le moi idéal (que je pensais mettre en oeuvre) et le moi réel que je suis bien obligé de reconnaître (et qui n’est pas si efficace que ça). Bref ! ma statue s’effondre, ou du moins se lézarde.

 

Tout d’abord rappelons-nous que ce sentiment de culpabilité est structurant de toute psychologie humaine. Aurait de graves problèmes relationnels toute personne qui n’éprouverait jamais de sentiment de culpabilité.

 

Mais lorsqu’il y a culpabilité, il peut y avoir bonne et mauvaise culpabilité. La mauvaise culpabilité, la culpabilité que l’on pourrait appeler pathologique est celle qui nous enfermerait complètement sur nous-mêmes avec un goût mortifère. Elle est en général disproportionnée au regard de ce qui a été effectivement vécu. Par exemple on rate son permis de conduire à un point la première fois et on pense que le monde s’effondre, que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue, que tout devient insensé. Parfois même l’imaginaire s’en mêle et gonfle l’événement jusqu’à vous faire croire que vous êtes victime de persécutions...

 

La bonne culpabilité, en revanche, est là comme un signal avertisseur. Cet avertisseur est actionné par ce que Sigmund Freud appelle dans sa deuxième topique le surmoi. Le surmoi pour parler en termes psychanalytiques, c’est l’autorité parentale introjectée. C’est-à-dire toutes ces lois et préceptes que nous avons intégrées autour de notre enfance, en priorité en provenance de nos parents, mais aussi en provenance de toute instance tenant lieu d’autorité parentale comme peut être compris une religion, des enseignants... Bref! nous avons intégrés un certain nombre de lois régissant les comportements humains, la bienséance, le vivre ensemble et voilà qu’une transgression (en action ou par omission) Vient de se produire. Nous éprouvons une culpabilité, nous nous sentons coupables et nous cherchons plus ou moins consciemment à réparer.

 

Cette culpabilité peut si elle se vit toujours à l’intérieur de soi-même peut survenir lors d’un échec vis-à-vis de soi-même, des autres ou de Dieu.

 

Cet échec, ce que nous vivons comme tel, n’est pas toujours une faute moral ou un péché. Ainsi le cas du vase renversé pour sauver un enfant... ou la femme qui demande le sacrement du pardon pour ne pas avoir été à la messe parce qu’elle soignait son fils fort malade, ...

 

La culpabilité est comme un feu rouge qui se met à clignoter lorsqu’un train va passer sur un passage à niveau. Mais si vous vous souvenez, il arrive que le feu clignote mais que le train ne passe pas toujours. Simplement les manoeuvres dans la gare toute proche avaient déclenché le système de sécurité. Une culpabilité n’est donc pas toujours le signe d’une faute ou d’un péché.

 

Dans ces cas là, l’humour est sans doute un des chemins les plus efficaces pour traverser nos culpabilités de manière la plus humanisante possible.

B. L’erreur, la faute.

 

Il faut bien distinguer ces deux notions. L’erreur n’implique pas a priori la notion de responsabilité morale dans le sens ou le volontaire n’est pas impliqué. Du moins à première vue. Le volontaire pourrait être impliqué dans le manque d’attention et d’application mais il ne se trouve pas dans l’intention.

 

La faute morale, quant à elle met en oeuvre toutes les facultés de l’homme à savoir sa conscience, sa liberté et sa pleine connaissance de la transgression qu’il est en train de commettre. La faute morale qui peut se vivre contre soi-même s’entend spécialement contre les autres et la nature qui nous est commune. C’est ici que se met en branle toute la justice sociale. La résolution de la faute passe par la punition, la peine, le blâme et quand c’est possible par la réparation. Ce sont là les sanctions ordinaires lorsque 1’on a failli à sa responsabilité.

C. Le péché : une notion théologique

 

Le péché est avant tout une notion théologique. Les païens, de leur point de vue commettent des fautes morales mais pas de péché. Le péché, c’est un acte de foi et comme le disent Xavier Thévenot et beaucoup de moralistes et de théologiens chrétiens, le péché est objet de révélation. Eh oui ! C’est Dieu qui nous révèle notre péché et non la loi qui ne révèle que nos fautes.

 

Prenons, avec Xavier Thévenot, le récit d’Adam et Eve et de leur transgression en Gn 2-3. Leur péché est bien directement une prise de position contre Dieu lui-même. En mangeant du fruit de l’arbre, ils manifestent par là qu’ils veulent être comme des dieux et dans le même mouvement affirment que Dieu, par l’interdit, voulait les maintenir dans un état inférieur. Bref ! ils accusent Dieu d’être un pervers. La conséquence de ce voeu de toute puissance est triple :

 

  • Incapacité de se présenter en face de Dieu, ni même capacité d’oser demander un pardon.
  • Incapacité pour l’homme et la femme de se regarder sereinement. La nudité paradisiaque devient insupportable. Ils se cousent des vêtements.
  • Enfin, la création leur devient hostile. Il faudra gagner son pain à la sueur de son front, enfanter dans la douleur, lutter contre le mal

Cette désobéissance engendre un véritable tremblement de terre des les relations humaines, dans leur rapport à la création, dans leur rapport à Dieu. Le péché d’Adam et Eve est une véritable décréation. Xavier Thévenot a montré avec beaucoup d pertinence, me semble-t-il combien le récit des pèlerins d’Emmaüs correspond à une véritable recréation.

 

Dietrich Bonhoeffer, dans la première page de son éthique fait une autre lecture du péché de nos premiers parents. « L’éthique chrétienne voit déjà dans la possibilité de connaître le bien et le mal la chute originelle. A l’origine, l’homme ne connaît qu’une chose : Dieu. Il ne connaît son semblable, le monde et lui-même que dans l’unité de sa connaissance de Dieu ; il connaît tout en Dieu seulement et Dieu en toute chose. La connaissance du bien et du mal dénote un divorce préalable d’avec l’origine. »

 

Cette remarque est à mon avis d’une justesse fantastique. A priori, nous aurions l’impression que c’est une bonne chose de pouvoir connaître le bien et le mal car ainsi nous arrivons à mieux conduire notre vie. Mais la réalité est plus profonde : nous ne pouvons connaître ce mal que parce que nous l’avons fait ! Autrement dit, le seul arbre dont nous ne pouvions manger, le seul interdit que Dieu pouvait poser était bien celui de ne pas manger de l’arbre du bien et du mal. Désobéir à cet interdit, c’était ipso facto faire le mal, manger donc de son fruit. Dire que c’est u pommier ou un cerisier devient alors un véritable non-sens, une incompréhension radicale du péché d’Adam et Eve.

A nouveau, on peut trouver dans les Evangiles un récit à propos du Christ qui montre comment il est venu reconstruire dans lequel le mal a été introduit. Le récit des tentations chez Matthieu ou Luc nous montre, Satan tout à son affaire. Si pour Adam et Eve, il avait d'une petite affirmation pour entraîner l'humanité dans un soupçon (nourri d’une soif de toute puissante) à l'égard du Créateur, histoire de démontrer que le projet de l’humanité était impossible, avec le Christ, il joue sur du velours. En effet, il n’a même pas besoin de lui faire désirer la toute puissance, il est le Fils de Dieu. Et c’est bien sur cet appui qu’il fonde sa tentation. « Puisque tu es Fils de Dieu, dis à ces pierres de se changer en pain. » Autrement dit, reconnaît qu’avoir faim, c’est pénible, que l’humanité est trop difficile à vivre. Nie cette humanité, renonce à ton projet de création, fait valoir ton "joker" pour te sortir de cet embarras... Mais le Christ choisit d’aimer notre humanité et de rester fidèle. Il valide par là le projet de son Père en le menant à bien jusqu’à la mort et la mort de la Croix.

 

Jésus, si j’ose dire a dû avancer sur une crête entre deux précipices alors qu’à l’origine nous n’en avions qu’un seul. Jésus à dû renoncer à user de sa divinité d’une part et d’autre part éviter de tomber dans le péché. Deux manières de poser des actes de déshumanisation. Vraiment le salut qui se joue dans l’offrande de sa vie pour nous, se double d’une Révélation unique : le projet de la Création, le projet de l’humanité était bon, possible, digne de Dieu. C’est là tout le mystère de la foi de l’Eglise.

 

La Bible est remplie d’histoire de péchés et de pardons. Bien souvent les péchés s’expriment en terme de rupture d’alliance. Le peuple d’Israël honore les divinités étrangères, il se prostitue. C’est tout le vocabulaire de l’amour conjugal tant dans ses transgressions que dans ses réconciliations qui est utilisé (voir Osée que Dieu invite à choisir une prostituée et à la conduire au désert pour la fiancer à nouveau pour signifier le renouvellement de l’Alliance entre Dieu et son peuple).

 

Le péché est tellement objet de révélation que dans la tradition ignacienne, parmi les grâces que l’on demande au cours de la retraite animée avec la pédagogie des exercices, on propose au retraitant de demander la grâce de connaître son péché.

 

Petite parabole de la voiture dans le brouillard. C’est dans la lumière du soleil que l’on voit le mieux les saletés sur le pare-brise.

II. Les signes du péché et leur ambiguïté

 

Dans son livre « les péchés, que peut-on en dire ? » écrit en 1981 et donc avant la publication du catéchisme de l’Eglise catholique, Xavier Thévenot pointe un certain nombres de remarques que j’énumère et commente brièvement.

 

Notre savoir sur le péché n’est pas total.

 

A cause de la méconnaissance des retentissements de mon acte sur les autres et sur le tout Autre.

Parce que je ne connais pas exactement la gravité objective de mon péché.

A cause de la méconnaissance du mal que je me fais en faisant du mal.

 

Il importe donc de ne pas se juger soi-même. De s’en remettre au Seigneur. De faire sienne la réponse de Jeanne d’Arc lorsqu’on lui demandait si elle était en état de grâce : « Si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis, Dieu m’y mette ».

A. Les transgressions.

 

Tout péché est transgression, toute transgression n’est pas forcément un péché. Ce qui limite la portée de la transgression s’applique à tout ce qui peut limiter la qualité de mon acte dans sa volonté, sa liberté et sa pleine conscience.

 

Ainsi donc, on peut faire tout ce qu’il faut pour aboutir à un avortement : entretiens, visites médicales, mais être totalement privée de liberté ou agir sous l’emprise de la peur, de la contrainte. Ou alors c’est la conscience de la gravité de la transgression que nous n’avons pas et alors, il y a ignorance.

 

Il y a parfois de saintes transgressions lorsque l’on désobéit à des lois civiles pour obéir à la loi de Dieu. « Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. »

 

Beaucoup plus difficiles à analyser, les conflits de valeurs dont la poursuite simultanée s’avère impossible pour une personne ou un couple. X. Thévenot propose et rappelle qu’il importe alors de savoir hiérarchiser ces valeurs. Il prend l’exemple de l’épiscopat français qui à l'occasion de la lettre encyclique Humanae vitae en 1968 avait donné le principe suivant: «Quand on est dans une alternative de devoirs où quelle que soit la décision prise, on ne peut éviter un mal, la sagesse traditionnelle prévoit de rechercher devant Dieu quel devoir, en l’occurrence, est majeur. »


1. Une forme très subtile de la transgression : l’épikie.

 

L’épikie est une vertu qui permet de se positionner par rapport à la loi lorsque celle-ci est devenue insatisfaisante pour des circonstances que la loi positive n’a pas prévues mais afin d’honorer toujours la loi naturelle. L’épikie cherche donc un bien supérieur auquel est soumise la loi dans l’esprit du législateur.

 

Ainsi la loi, en vertu de l’épikie, peut être soit durcie, soit assouplie. Jésus lui-même use de l’épikie vis-à-vis des pharisiens en durcissant la loi du divorce et en assouplissant la loi du sabbat.

 

Exemple du gendarme et du feu rouge grillé pour cause d’épikie : Et pis quoi alors ?

 

 2. La matière objective du péché.

  

A priori, chacun comprendra aisément que pour qu’il y ait péché, il faut une matière, un objet précis et repérable. Or il est très difficile de faire une liste des matières dites graves par opposition aux matières légères. Parce que on peut toujours trouver pour une même matière les deux dimensions selon l’intention du pécheur. Souvenez-vous qu’un acte moral prend toujours en compte l’intention, le moyen et la fin. Ainsi un gros mot utilisant le nom de Dieu à tort et à travers peut-être prononcé avec ou sans conscience de ce que l’on dit.

 

Néanmoins les listes d’antan sont parfois bien utiles pour repérer les lieux plus particulièrement dangereux, les terrains les plus favorables aux péchés. Ainsi était matière grave tout péché portant sur les trois vertus théologales et les 7 péchés capitaux

 

Pécher contre la foi, c’est pécher contre la possibilité même du salut.

 

Pécher contre l’espérance, c’est désespérer de la force de Dieu et de son Esprit.

 

Péché contre la charité, c’est aller contre le coeur même de l’action de Dieu dans notre monde.

 

Les 7 péchés capitaux ne sont pas moins intéressant à entendre. Quoiqu’il en paraisse dans notre société et dans notre Eglise, ils sont toujours d’actualité.L’intérêt de cette lise est de montrer les grands terrains de prédilection du tentateur.

 

  • Orgueil, le premier d’entre eux qui centre toute la vie sur soi alors que le Christ donne sa vie pour les autres.
  • L’envie, ou le désir de posséder ce que l’autre possède. Combien de publicité sont construites sur l’envie. Intéressant à plus d’un égard, le film « l’associé du diable » avec de Niro joue sur ce péché tout spécialement.
  • La colère et toute la violence et l’agressivité que l’on ressent aujourd’hui dans notre société et en particulier dans les banlieues.
  • L’avarice un autre nom pour l’égoïsme. Et pas seulement entre nous mais aussi entre les états.
  • La gourmandise, péché par excellence de notre société si l’on lui donne pour synonyme celui de la consommation. Consommez et vous serez heureux.
  • La luxure, c’est-à-dire tout ce qui porte atteinte à la chasteté. Voir l’ambiance permissive, le tourisme sexuel, ...
  • L’acédie ou la paresse spirituelle ou envers notre devoir d’état. C’est le fameux démon de midi car c’est à midi que le temps nous paraît le plus long, que le soleil semble immobile.

 

Enfin, on n’oubliera pas que s’il y a des péchés individuels, il existe aussi des structures de péché. Mais on ne les dissociera jamais de la participation personnel de chacun. Il ne pourrait y avoir de structure de péché sans pécheurs !

 

Un petit détour par ce que dit officiellement l’Eglise sur la réalité du péché nous aidera à comprendre.

 

Le péché, dit le catéchisme de l’Église catholique, est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers lé prochain à cause d’un attachement pervers à certains biens. (N° 1849).

 

Plus loin il précise les deux catégories de péchés : véniels et mortels. Il est vrai que tous les péchés n’ont pas le même poids ni les mêmes conséquences en nous et vis-à-vis des autres ou de Dieu. Et nous gardons à l’esprit que « grave » et « léger » qualifient ici des degrés de déstructuration des relations entre les hommes ou entre les hommes et Dieu. Voyons leurs définitions.

 

Le péché mortel détruit la charité dans le coeur de l’homme par une infraction grave à là Loi de Dieu ; il détourne l’homme de Dieu, qui est sa fin ultime et sa béatitude en lui préférant un bien inférieur. (au fond, tomber dans l’idolâtrie).

 

Le péché véniel laisse subsister la charité, même s’il l’offense et la blesse. (N° 1855).

 

On voit ici que ce qui est premier c’est la charité et non une liste de péché. C’est toujours au regard de celui que l’on aime que la conscience du péché est la plus vive. En nous révélant son amour, nous prenons le plus vivement possible conscience de notre péché, ce péché dont Dieu n’a de cesse de vouloir nous pardonner.

 

Dit autrement, si le péché véniel blesse, il ne remet pas en cause là dynamique ou l’option fondamentale de la vie du pécheur. Ainsi par exemple, il se peut qu’une parole déplacée dans un couple blesse le conjoint mais que fondamentalement, il ne s’agissait pas de porter atteinte à la réalité du couple. En revanche, le péché mortel comme un adultère délibéré porterait gravement et sciemment atteinte au couple, à son intégrité et à sa capacité de poursuivre jusqu’au bout le projet. Ou que le vol d’une pomme à l’étalage d’un marchand par bravade devant les copains soit moins grave que le détournement de l’argent d’une société qui a pour conséquence de mettre l’entreprise en faillite et tout le monde au chômage.

 

Pour qu’un péché soit mortel trois conditions sont ensemble requises : « Est Péché mortel tout péché qui à pour objet une Matière grave, et qui est commis en pleine conscience et de propos délibéré » (N° 1857).

 

« On commet un péché véniel quand on n’observe pas dans une matière légère la mesure prescrite par la loi morale, ou bien quand on désobéit à la loi morale en matière grave, mais sans pleine connaissance ou sans entier consentement » (N° 1862).

 

Il reste, comme le dit Xavier Thévenot, que lorsqu’un chrétien prie régulièrement, célèbre les sacrements de l’Eglise, fait effort de charité quotidienne, il est bien rare qu’il commette des péchés mortels.

 

Personnellement, je dirai que nous allons au péché parce que nous avons peur de mourir. Nous croyons plus ou moins consciemment que si nous ne cédons pas à la tentation, nous allons perdre de nous-même. Si nous ne cédons pas à notre sensualité, à notre égoïsme, à la colère, alors nous risquons de mourir. Regardons le Christ et voyons s’il a eu peur de mourir au point d’aller au péché. Il est le seul que Satan n’a pas réussi à entraîner à sa suite, à rendre complice du mal et du mensonge.

 

Nous aurions vraiment la foi, nous aurions vraiment confiance en Dieu, nous n’irions pas au péché.


III. Un peu de vocabulaire

A. Passer du remords au regret.

 

Les remords, c’est comme les enzymes gloutons, ils sont toujours entrain de nous mordre et de nous mordre à nouveau. Les remords agressent la personne de la mémoire de son passé, l’enferme dans son passé. C’est très mauvais. Personne n’est réductible à son passé. La foi, le sacrement du pardon peut inviter par l’expression définitive du pardon prononcé à mettre le passé à sa place et à redevenir responsable de son avenir, capable de projets en face de Dieu, à l’aide de son Esprit. Remords et humiliation se retrouvent ensemble.

 

Le regret, quant à lui, est l’attitude juste du pécheur. C’est l’attitude qui permet d’assumer simplement son passé sans s’y complaire, sans s’y laisser enfermer mais sans le nier non plus. Regret et humilité vont souvent ensemble. En général, on n’arrive pas à regretter parfaitement ses péchés. En effet, pour tout dire, si nous avons été au péché, c’est bien parce que on y trouvait un quelconque intérêt. Et cet intérêt est la marque même de notre péché. 

B. Passer des scrupules à la confiance en Dieu

  

Le scrupule est une forme terrible d’une méticulosité malsaine dans l’analyse des péchés de sa vie. C’est l’obsession de vraiment tout dire, dans les moindre détails à son confesseur. Et si par malheur on n’avait pas tout dit avant de recevoir le sacrement, alors il faut y revenir. Le scrupule a des affinités particulières avec des psychologies malades, obsessionnelles.

 

Il faut aider à la foi, à la confiance en Dieu qui veut notre vie. Le coeur du sacrement du pardon, sa matière comme disent les scolastique c’est le regret des fautes, cette attitude fondamentale qui manifeste combien on préfère son baptême à ses fautes. L’aveu, à ce titre est second. Il y a dans cette obsession à tout avouer une manière de privilégier le rapport à la loi plus encore qu’au Sauveur. Il faut savoir mettre un arrêt à ces listes interminables qui portent le plus souvent sur la sexualité et aider à découvrir la miséricorde de Dieu.

IV. Lutter contre le péché et la tentation

 

La tradition de l’Eglise est riche de chemins à parcourir pour lutter contre le péché.

 

La prière régulière, l’ascèse, l’effort sérieux et durable, la charité quotidienne qui efface une multitude de péchés au dire de St Pierre. L’effort de réparer ses fautes lorsque c’est possible, une pratique régulière du sacrement du pardon.Il est plus important de s’attacher à faire grandir ce qui est bon qu’à éliminer ce qui est mauvais. (Voir la très étonnante parabole du bon grain et de l’ivraie).

 

J’aime beaucoup dans un autre genre, le travail des pères du désert et en particulier celui d’Evagre le pontique avec sa méthode antirrhétique. Une méthode qui lutte contre la tentation et le péché (qui ne sont pas identiques comme chacun sait) en citant un passage approprié de l’Ecriture.

 

Par exemple face au démon de la gourmandise prier et dire « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Ce faisant, le moine se décentrait de sa tentation, nommait indirectement le démon qui l’agressait et qui a horreur d’apparaître en plein jour, se centrait sur celui qui est à la source de sa vie, Dieu lui-même. Cette méthode, n’a rien de magique, elle suppose la foi, la foi en Dieu qui pourvoit et qui est source de vie jusques y compris par delà la mort. « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, ton bâton me guide et me rassure. »

 

Evagre le pontique connaît huit démons, ou péchés. Ce sont les mêmes que les sept péchés capitaux plus celui de la vaine gloire qui est comme l’orgueil sauf que si l’orgueil se rapporte aux choses passées, la vaine gloire se glorifie de ce qui n’a pas encore été vécu.

 

Ignace de Loyola, dans ses exercices a des remarques un peu semblables :

 

L’ennemi de la nature humaine se comporte de trois manières plus une qui et plus subtile :

 

Comme une femme qui est faible quand on use de la force et qui est forte quand on le laisse faire. "Approchez-vous de Dieu, il s’approchera de vous" (Jc 4, 8). Eloignez-vous du diable, il s’éloignera de vous.

 

Comme un amoureux frivole qui veut emporter une épouse fidèle, une fille honnête. Dès que son projet est connu du père ou du mari, il sait qu’il ne pourra arriver à ses fins. Ainsi dès que nous nommons, découvrons à son confesseur ce qui nous agresse, il laisse tomber.

 

Comme un chef de guerre qui fait le siège d’une ville et qui attaque par le côté le plus faible. Renforcer les côtés faibles, les vertus théologales, cardinales, morale, la prière. D’ailleurs, ne lisons-nous pas dans l’Ecriture que « 1 P 5,8 - Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. »

 

La quatrième est plus subtile : elle manifeste sa capacité de ruser. Ignace dit que l’ange de lumière entre dans les vues de l’âme des fidèles et de sortir avec les siennes. Ainsi peut-on être plein d’ardeur pour le travail au sortir de l’office et arrivé dans sa chambre ne plus avoir de courage et éprouver la paresse. Il convient alors de noter ce genre de cheminement dans lequel on tombe pour ne plus y retomber. Les spirituels disent que le Malin n’a aucune imagination, il fait toujours pareil. L’important dans la lutte contre le démon, c’est à la fois la persévérance et la relecture pour repérer comment il fait avec nous.

V. Le pardon

 

Dois-je rappeler tout d’abord que Dieu ne révèle jamais purement et simplement notre péché sans dans le même temps nous proposer le salut. Autant je trouve dangereux le raccourci qui consiste à dire que nous sommes des pécheurs pardonnés (car que savons-nous de l’acceptation du pardon que nous réserverons à la proposition de Dieu ou d’autrui), autant je pense plus pertinent de dire que nous sommes des pécheurs en instance de pardon ou à qui le pardon est toujours proposé.

 

Enfin, lorsque l’on parle du pardon, il faut sans cesse se demander de quel point de vue on se place. Du point de vue de l’offenseur ou de l’offensé, du pardon demandé, reçu ou du pardon proposé ?

A. Ce que n’est pas le pardon

 

Le pardon n’est pas l’oubli par l’offensé de la blessure qu’il a subie. Le Christ en pardonnant à ses bourreaux et à ses disciples a-t-il perdu les stigmates de sa passion ? Ces blessures font partie de son corps ressuscité pour l’éternité. Les images liées au « c’est oublié ; ou alors la grande lessive ; ... » ont quelque chose de démagogique car elles ne disent rien de ce qui se passe vraiment dans le coeur de celui qui a été blessé.

 

Le pardon ce n’est pas l’oubli de la faute que j’ai commise et dont je ne me souviendrais plus. Au contraire, il convient de tenir comme une grâce de garder en mémoire la faute dont j’ai été pardonné. Comment, moi qui t’ai blessé à ce point, tu m’aimes encore ? C’est l’expérience assez commune mais ô combien fondatrice des fiancés qui après le temps amoureux s’aperçoivent que l’autre n’est pas si terrible que cela, que l’on n’a pas su se montrer sous son meilleur jour et que l’on a cru le perdre par ce que l’attitude était tout sauf séduisante. Et voilà que celui qu’on aime et que l’on a blessé nous choisit en pleine connaissance de cause. C’est là que se situe le véritable miracle de l’amour.

 

Le pardon ce n’est pas la disparition de l’autre par l’éloignement ou la mort (naturelle bien sûr).

 

Le pardon ce n’est pas l’excuse ou la compréhension. Car en définitive, on peut comprendre une erreur, le mal est ultimement toujours inexplicable.

 

Demander le pardon, ce n’est présenter ses excuses en disant « je m’excuse » ce qui serait encore une manière de renoncer à demander le pardon. Quoique meilleur, ce n’est pas non plus prier d’être excusé qui suppose cependant une plus grande vulnérabilité et une confiance en l’autre.

B. Ce qu’est le pardon, ce qu’il peut être.

 

Pour bien poser la question du pardon, mettons-nous en face de la réalité de la Shoah. Wladimir Jankelevitch a beaucoup réfléchi dessus et spécialement sur la question du pardon aux bourreaux. Il affirme entre autre

 

Qu’il y a des crimes imprescriptibles parce que les juifs ont été persécutés pour ce qu’ils étaient et non pour ce qu’ils avaient fait.

 

C’est aux bourreaux de demander le pardon

 

Seuls les victimes, et à défaut, leurs descendants peuvent accorder ce pardon.

 

Le pardon, ce n’est pas l’oubli.

 

Mais on ne peut se satisfaire de cela. On ne peut se satisfaire non plus de trop d’expression qui confonde pardon et justice ; dimension interpersonnelle et dimension sociale.

 

Qui prend l’initiative ? C’est l’offensé, la personne blessée qui est sans doute la plus à même de proposer le pardon. Car l’offenseur, lui sait bien qu’il est coupable et qu’il ne mérite qu’une chose, c’est de se faire « jeter ». Ainsi, 1’offensé en prenant un visage avenant, promesse de l’accueil, rend possible par sa seule attitude une démarche de l’offenseur.

 

Au fond du fond, le pardon consiste à renoncer à sa propre justice au profit de la résurrection, de la transfiguration d’une relation malmenée et peut-être mortellement blessée. Il s’agit de renoncer délibérément à sa justice pour être de nouveau ajustés les uns aux autres dans un projet de vie commun que l’on préfère en définitive au goût de mort qui commençait à s’installer. Le pardon, c’est la folle initiative face à l’inexcusable d’offrir un avenir commun aux deux protagonistes. « Crois-tu, dis l’offensé, que jamais je ne ferai mémoire de ce passé douloureux entre nous contre toi ? Crois-tu nous dis Dieu que toute cette souffrance qu’il y a entre nous a redoublé mes efforts pour te permettre de vivre de ma vie et de mon Esprit ? »

 

Et l’on comprend sans doute combien il est inutile de fantasmer sur un pardon qui rendrait la vie comme avant. Ce n’est pas vrai. Le pardon permet d’assumer le passé, pour tenir le cap de l’avenir dans un présent renouvelé, approfondi, densifié du miracle espéré et inespéré, attendu et inattendu de la confiance rendue. La qualité du pardon ne va donc pas se mesurer à l’absence de blessure ou encore à l’absence de saignement à telle ou telle autre occasion mais il se mesurera aux gestes quotidiens de nouveau possible. Comme par exemple les deux nations de l’Allemagne et de la France qui ont organisé des jumelages, des relations nouvelles. Et pourtant, personne n’a oublié et chacun se fait un devoir de la mémoire.

 

L’Evangile est rempli de textes, de paraboles qui nous parlent du pardon. Le paralytique amené par ses amis (Mc 2) ; la pécheresse pardonné (Jn 8) ; le fils prodigue (Lc 15) , ...

 

L’avenir de nouveau ouvert et la confiance rendue nous reconstruisent de l’intérieur.

 

Il est aussi important d'accueillir et d'assumer sa propre histoire et de laisser passer l’Esprit de Dieu. Ce n'est pas toujours facile mais il n'y a pas d'avenir possible sans une acceptation pacifiée de tout ce qui a marqué notre vie. Il faut essayer de passer du remords au regret. Les événements, quels qu’ils soient, font partie de notre histoire sainte même si ces événements eux-mêmes ne sont pas forcément de l'ordre de la sainteté.

 

On peut reconnaître cette importance de notre histoire dans l’Évangile fameux du paralytique. Mettons-nous à l'écoute du texte de la guérison du paralysé de Capharnaüm :

 

Comme il était entré de nouveau à Capharnaüm, après quelque temps on apprit qu'il était à la maison.

Et beaucoup se rassemblèrent, en sorte qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.

 

On vient lui apporter un paralytique, soulevé par quatre hommes.

 

Et comme ils ne pouvaient pas le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent la terrasse au-dessus de l'endroit où il se trouvait et, ayant creusé un trou, ils font descendre le grabat où gisait le paralytique.

 

Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: "Mon enfant, tes péchés sont remis."

 

Or, il y avait là, dans l'assistance, quelques scribes qui pensaient dans leurs coeurs:

 

"Comment celui-là parle-t-il ainsi? Il blasphème! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul?"

 

Et aussitôt, percevant par son esprit qu'ils pensaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit: "Pourquoi de telles pensées dans vos coeurs? Quel est le plus facile, de dire au paralytique: Tes péchés sont remis, ou de dire: Lève-toi, prends ton grabat et marche ? Eh bien! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t'en chez toi."

 

Il se leva et aussitôt, prenant son grabat, il sortit devant tout le monde, de sorte que tous étaient stupéfaits et glorifiaient Dieu en disant: "Jamais nous n'avons rien vu de pareil."

 

 

En signe du pardon des péchés, Jésus guérit le paralytique. Or une question s'impose : Pourquoi Jésus demande-t-il à celui, qui désormais marche, d'emmener avec lui son grabat, grabat dont il n'a évidemment plus besoin.

 

La réponse, quoique simple, est profonde : Partir avec son grabat, c'est partir avec son histoire. Chaque fois qu'il le verra, il se souviendra des années qu'il a passé couché sur cette civière. A l'objet lui-même est attaché toute une part de sa vie. Le pardon remet debout. Le pardon n'a jamais effacé l'histoire des pécheurs. Les images de "grande lessive" et du "c'est oublié" sont inhumaines au sens où elles ne décrivent pas ce qui se passe au fond des coeurs.

 

 Les péchés sont dans notre vie comme des blessures. Le pardon les cicatrise mais ne les efface pas. Il rend une histoire commune à nouveau possible et permet de vivre en paix avec son passé. C'est d'ailleurs considérable comme expérience. Être réconcilié avec soi-même et regarder sa vie avec humour et humilité sont des trésors inestimables. Mieux vaut vivre avec quelques cicatrices qu'avec des plaies ouvertes. Faut-il pour nous en convaincre que le Christ ressuscite avec les plaies de sa passion. Et c’est même à cela qu’il est reconnu. Même la résurrection n’efface pas l’histoire, bien au contraire, elle la transfigure. N'oubliez pas non plus cette phrase curieuse de l’Évangile :

 

Il vaut mieux rentrer manchot au paradis que d'être jeté avec tes deux bras dans le feu éternel".

 

Bien sûr, il ne s’agit pas pour le voyeur de se précipiter dans une clinique pour se faire amputer des yeux et devenir aveugle. Cela signifie qu’il vaut mieux se reconnaître blessé par la vie que de faire semblant de ne pas l’avoir été. Être aimés et connus tels que nous sommes, par Dieu et par nous-mêmes est une source de libération, de liberté. Et lorsque, ainsi connus, nous nous apercevons que Dieu, loin de nous rejeter, nous appelle à être témoins de sa miséricorde, nous goûtons une joie intérieure considérable.

 

 La mémoire que nous gardons de nos péchés et de nos misères peut engendrer, si nous avons su accueillir véritablement le pardon de Dieu, deux attitudes fondamentales :

 

  • une humilité de fond vis-à-vis de nous-mêmes. Bienheureuse mémoire qui évite en nous l'orgueil.
  • un regard bienveillant vis-à-vis de ceux et celles qui auront connu les mêmes faiblesses. Sans être complices ou complaisants, vous saurez trouver les mots qui consolent et qui ouvrent l'avenir.

Je vous propose de voir Jésus à l’oeuvre lui-même dans ce que je considère comme une des plus belles entreprise de pardon que je connaisse : Jn 21 Pierre et Jésus sur le bord du lac.

 

 

La rencontre de Pierre et de jésus sur le bord du lac après la résurrection.

 

Dans 1'Evangile de Jean, 21, 15-19.

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? " Il lui répondit: " Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime comme je peux. Jésus lui dit:" Pais mes agneaux. "

Il lui dit à nouveau, une deuxième fois Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime comme je peux. " Jésus lui dit: " Pais mes brebis.

Il lui dit pour la troisième fois : " Simon, fils de Jean, m'aimes-tu comme tu peux ?

Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois: " M’aimes-tu comme tu peux ? et il lui dit : " Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime comme je peux. " Jésus lui dit Pais mes brebis.

En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. " Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu' Ayant dit cela, il lui dit: " Suis-moi. "

 

Le nom: Simon fils de Jonas. Jésus s'adresse au prénom et non à la fonction. Contrairement au narrateur qui considère toujours Simon comme celui qui a reçu la charge de Pierre.

La répétition trois fois en mémoire d’une trahison inoubliable, pour l’un comme pour l’autre.

Le jeu subtile du vocabulaire entre agapein et philein. Ici agapein a été traduit par aimer et "philein" par "aimer comme on peut". on voit tout de suite la force du dialogue.

Enfin, ce n'est pas parce que Simon fils de Jonas ne se sent pas capable d'aimer d'agapè qu'il ne le fera pas au soir de sa vie puisqu'il donnera sa vie pour le Christ.

 

C'est à partir du lieu où l'on se trouve que Dieu nous appelle et non du lieu où l'on aurait pu être.

 

 

© Bruno Feillet